ARCANES, la lettre

Dans les fonds de


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archive ou de ressources en ligne. Retrouvez ici une petite compilation des articles de la rubrique "Dans les fonds de", dédiée à la présentation de documents issus de nos fonds.

DANS LES FONDS DE


Porte de la Commutation au jardin des Plantes, le long de l'avenue Frédéric-Mistral. Fin 19e siècle. Vue de la porte prise depuis le jardin ; au premier plan, une femme avec une ombrelle, tenant un enfant par la main. Photographie N&B, 9 x 12 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi5337 (détail).

Mamma mia !


mai 2017

Je dois vous arrêter tout de suite : nous ne parlerons ni de comédie musicale, ni de variétés suédoises, ni même de cuisine italienne… Il faut dire que pour tous ces domaines, bien qu'intéressants, je n'ai guère de ressources à vous proposer dans la bibliothèque des Archives. Désolée, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
En revanche, si vous cherchez quoi offrir à votre maman pour sa fête prochaine, je peux vous faire quelques suggestions… : un beau livre sur les Archives (et pourquoi pas ?), un ouvrage retraçant l'œuvre et la carrière de la plus grande femme photographe toulousaine du 20e siècle, un petit manuel de recettes (réservé tout de même aux initiés) ou bien encore, pour les It-Mums, un guide pointu sur la mode (à travers les siècles). De quoi sortir un peu des sentiers battus… même si, personnellement, un joli bouquet de fleurs reste une valeur sûre.
Mais au fait, et moi, quel sera mon cadeau ?

Couverture du programme de la cérémonie de remise des Médailles de la Famille Française au Théâtre du Capitole (sans date). Ville de Toulouse, Archives municipales, 95W243 (détail).

Une Maman en Or !


mai 2017

Il fut un temps où le mérite des mamans toulousaines était récompensé comme il se doit. Pas avec des colliers de nouilles ou la dernière centrale vapeur, non ! Dans les années 1940-1970, la municipalité célébrait cette fête nationale en grande pompe. Les mères de familles nombreuses recevaient un carton d'invitation pour une représentation spéciale du Théâtre du Capitole, suivie d'une cérémonie de remise de médaille de la Famille Française et d'un goûter pour les enfants.

Comme en témoignent les listes des médaillées, les critères de sélection sont clairs : médaille de bronze, cinq enfants minimum ; médaille d'argent, entre huit et neuf ; médaille d'or, pas moins de dix bouts de chou (certaines familles comptant jusqu'à douze enfants). On en conviendra, cela valait bien une médaille.

Projet de "Téléférique pour voyageurs, ligne Parc des Sports – Coteau de Pech-David", par la société Legendre et Cie, plan de la station supérieure du téléphérique. Ville de Toulouse, Archives municipales, 529W119/1/2 (détail).

Se déplacer sur un fil


avril 2017

Décidément, l'histoire n'est qu'un éternel recommencement, notamment en matière de transports en commun. Alors qu'il est aujourd'hui question de créer un téléphérique à Toulouse entre l'Oncopole et Paul-Sabatier, en 1936, on s'interrogeait déjà sur ce mode de transport aérien. Le devis et les plans proposés par la société Legendre & Cie, conservés aux Archives municipales, évoquent une ligne de 1800 mètres permettant de rallier le Parc des Sports à Pech David en moins de 8 minutes. Cabine de 20 voyageurs et un conducteur, vitesse de pointe frisant les 5 mètres par seconde, débit horaire d'environ 150 personnes et une batterie de dispositifs de sécurité : le projet avait tout pour réussir, mais n'a jamais été concrétisé. Toulouse reprendra-t-elle le fil de cette histoire ? Seul l'avenir nous le dira !

Intérieur de la Tour de Contrôle (Blagnac). 28 octobre 1972. Plan rapproché de 3/4 face d'une jeune femme au téléphone (épouse de Bernard Ziegler, un des pilotes de l'équipage du vol d'essai). Cliché pris lors du 1er vol d'essai de l'avion Airbus A300 B. Négatif N&B, 2,4 x 3,6 cm. André Cros - Ville de Toulouse, Archives municipales, 53Fi1997 (détail).

Allô ? Y a-t-il quelqu'un au bout du fil ?


avril 2017

S'il est une ressource précieuse, et parfois insoupçonnée, de la bibliothèque des Archives, c'est bien sa collection d'annuaires de la Haute-Garonne.

Ne vous méprenez pas, nous sommes d'accord : cela fait belle lurette que les gens qu'on y trouve n'habitent plus à l'adresse indiquée, que leur numéro de téléphone a gagné au moins quatre chiffres depuis l'impression du bottin et que vous n'y trouverez certainement pas d'information sur le mystérieux correspondant qui vous a appelé hier soir sans laisser de message…
Pourtant, cet outil se révèle indispensable quand on recherche où habitaient nos (arrières) grands-parents, s'ils exerçaient une activité particulière, ou même pour vérifier que le directeur de l'école cette année-là était bien M. Machin… Un annuaire est également bien utile quand on mène l'enquête pour savoir si des activités polluantes se sont tenues dans tel ou tel quartier ou pour localiser où se tenait telle épicerie qui figure sur plusieurs de nos cartes postales. Et en plus, on y trouve des publicités d'époque !

Alors, si désormais vous considérez d'un autre œil notre collection d'annuaires « vintage », consultez-en la liste et rendez-vous en salle de lecture !

Spectacle de magie. Fonds photographique fabrique Giscard, photographie stéréo colorisée, 8,5 ₓ 17 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 46Fi1375 (détail).

AbraCADAbra !


mars 2017
Pas de mystère, les archives publiques sont accessibles à tous, et ce depuis la Révolution française, excusez du peu ! Accessibles, oui, mais à toute règle il y a des exceptions, et dans ce domaine bien précis on les appelle « délais de communicabilité ». En effet, tout document qui comporte des informations protégées sera infailliblement soustrait aux regards des citoyens pour une durée allant de 25 à 120 ans selon les cas. Le plus souvent, la restriction survient lorsque les archives contiennent des données à caractère personnel, le but premier étant de protéger la vie privée de l'individu concerné. Et oui, la liberté d'accès des uns s'arrête là où commence la vie privée des autres !

Si vous souhaitez malgré tout consulter des archives non communicables, il est possible de demander une dérogation. Le précieux sésame vous sera accordé si et seulement si la consultation de ces documents ne conduit pas à « porter une atteinte excessive aux intérêts que la loi entend protéger ». En cas de refus, vous pourrez toujours faire appel, abracadabra, à la Commission d'Accès aux Documents Administratifs, également compétente en matière d'archives publiques, avant de tenter, last but not least, votre chance au tribunal administratif.

Diableries, n° 65 : Une nuit en enfer. A. Block (Paris), photographie stéréo N&B, 8,5 ₓ 17 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 46Fi1412 (détail).

L'Enfer n'existe pas


mars 2017

Cela fait maintenant plusieurs années que je vous parle régulièrement de la bibliothèque des Archives : de ses ouvrages, de ses collections, de son catalogue. Elle n'aura bientôt plus de secrets pour vous.

Elle reste pourtant un petit paradis hors du temps, où des ouvrages du 16e siècle cohabitent avec d'autres à peine parus, tout juste sortis des presses, dans une sorte d'osmose thématique et scientifique. Ce qui les lie, c'est l'histoire de Toulouse et de ses habitants, de sa culture et de ses industries.

Elle ne connaît pas la censure. Bien sûr, elle fait l'objet d'une politique d'acquisition raisonnée : elle ne peut en effet viser à l'universalité. Mais on n'exclut pas un livre à cause de sa mauvaise réputation… : il n'y a donc pas d'Enfer dans notre bibliothèque. Les seules restrictions qui s'appliquent concernent l'état de conservation du document : s'il est trop mal en point pour être consulté en salle de lecture, il devient alors incommunicable.
Mais cet état n'est pas forcément définitif. Après un passage à l'atelier de restauration et/ou de numérisation, il peut regagner son statut, physiquement ou virtuellement.

Alors, n'hésitez pas à consulter notre catalogue en ligne : tous nos ouvrages vous y attendent !

Classes transplantées - Classes de Neige à Aulus. 13 février 74 [sic]. Colonie de vacances de la Ville de Toulouse, Aulus-les-Bains, Ariège. Direction de la Communication - Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi1925 (détail).

Blanc comme neige...


février 2017

Ah elles sont belles, nos jolies petites têtes blondes (et pas que blondes d'ailleurs) ! Elles en ont bien de la chance de pouvoir partir en classes de neige, d'admirer la montagne ariégeoise recouverte de son blanc manteau !
Cette photo a été prise par le service des techniques de communication de la mairie de Toulouse en 1974. Elle illustre la contribution de la ville aux excursions sportives des jeunes Toulousains au cours des années soixante-dix et quatre-vingts.
Un fonds d'archives papier, le 40W, vient compléter ce reportage photographique. Malheureusement, ce versement a été transmis en 1988 aux Archives municipales sans avoir été inventorié au préalable. Il a été rapidement noyé dans la masse des archives contemporaines (nous en sommes maintenant au versement 1238W !) : seules les informations inscrites sur les chemises nous renseignent sur leurs contenus : « classes transplantées ; classes rousses ; classes de neige ; classes vertes ; ... ».

En attendant une description plus précise, nous espérons que ces informations vous auront donné envie de découvrir la folle aventure des classes de neige toulousaines !

C'est beau, ça glisse tout seul, comme le cygne gracieux sur son lac (2016). Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/88.

Magie blanche


février 2017

Et si, traînant au milieu des rayonnages de notre bibliothèque, vous vous preniez pour... Harry Potter ? Ou Merlin l'Enchanteur ? Nous ne sommes bien sûr ni à Poudlard, ni à Camelot... et ce n'est pas dans nos magasins que vous trouverez de vieux grimoires poussiéreux. Car, vous ne le savez peut-être pas, mais nos Annales manuscrites, celles de la ville de Toulouse, sont vigoureusement protégées de ce fléau par deux gentes dames, qui par ailleurs peuvent être drôles, mais qui ne plaisantent guère avec la poussière. Ce n'est pas pour autant que les Archives sont dépourvues de magie... blanche évidemment !

En cherchant bien, on en trouve un peu partout : en salle de lecture, quand un lecteur obtient LA réponse à sa question ; sur notre site Internet, quand on imagine que des documents du 14e siècle sont désormais accessibles de presque partout dans le monde en seul un clic (ou un petit peu plus...) ; dans notre bibliothèque, où quelques ouvrages de magie vous attendent...

Alors, n'hésitez plus, venez vous émerveiller devant nos trésors et... Abracadabra !

Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/20 (détail).

« J'en ai plein le chariot... »


janvier 2017

Lorsque vous entendez de la part d'un archiviste : « Ah, j'en ai plein le chariot ! », ne vous méprenez pas, ce n'est pas une preuve de découragement ! C'est qu'il ne chôme pas, tout simplement : il collecte, classe, transporte et déplace sans relâche, véritable Sisyphe des temps modernes ! Et le dénominateur commun à tout cela, c'est le chariot, bien sûr !

Fidèle compagnon de l'archiviste, le chariot se devra de répondre à un cahier des charges des plus précis. Il devra être assez large (mais pas trop, inutile de rester coincé entre les rayonnages) et maniable (avec des roulettes dignes de ce nom, pas celles des caddies de supermarché). Si c'est à l'outil que l'on reconnaît le bon artisan, c'est au chariot que l'on reconnaîtra le bon archiviste, enfin, on peut l'espérer !

Collecte Classement Transport Déplacement
Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/331. Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/14. Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/97. Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/125.
Vue 331 Vue 14 Vue 97 Vue 125
BORDES, François (dir.). « Ils observaient les étoiles... » : cinq siècles d'astronomie toulousaine, Toulouse : Mairie de Toulouse / Archives municipales, 2002, première de couverture (détail). Ville de Toulouse, Archives municipales, US/944.863/AMT/3.

Chariot, casserole, ourse. Petite ou grande. Et si on parlait d'astronomie ?


janvier 2017

Ah, la nouvelle année ! Avec ses bons vœux, ses bonnes résolutions, son horoscope... enfin là, je m'égare un peu. N'étant pas Madame Soleil (ou sa réincarnation), ce n'est pas ici que vous trouverez les dernières prédictions de votre signe pour 2017. Désolée. En revanche, pour ce qui est des conjonctions de planètes, des alignements d'étoiles, voire des trajectoires d'objets volants plus ou moins identifiés, la bibliothèque des Archives a peut-être quelques pistes à vous proposer.

Elle compte en effet plusieurs ouvrages (techniques) d'astronomie, ainsi que des monographies sur l'histoire de cette science particulièrement développée dans notre région. Grâce à sa situation géographique exceptionnelle, Toulouse, et plus généralement l'Occitanie, sont un lieu d'observation unanimement reconnu, et ce, depuis près de cinq siècles, comme en témoigne l'exposition réalisée par les Archives municipales en 2002. C'est pourquoi nos collections reflètent elles aussi cette identité forte.

Alors, envie d'en savoir plus ? N'hésitez pas à consulter notre catalogue !

Musée des Augustins, 21 rue de Metz. 3 janvier 1896. Vue en perspective du musée et de son jardin prise depuis l'angle de la rue des Arts et de la rue de Metz. Dessin, 60 x 93 cm. Eugène Curvale. Ville de Toulouse, Archives municipales, 21Fi72 (détail).

Où est passée la grille des Augustins !


décembre 2016

Il fut un temps où le musée des Augustins était contenu dans un élégant écrin de fer forgé, une grille monumentale incitant les passants à venir découvrir ce temple des Arts. Telle en témoigne cette vue en perspective dessinée en 1896 par l'architecte Eugène Curvale, dont le charme bucolique donnerait presque envie de remonter dans le temps ! Mais où est donc passée la grille des Augustins ! Voilà une question qui mériterait quelques recherches, notamment au sein des Archives municipales de Toulouse.

Les indices sont minces : en 1951, le chef du Service Jardins et Promenades rédige une note pour avertir de l'état de délabrement du portail, qu'il estime être un danger pour la circulation du public et la sécurité des enfants jouant dans le parc. Il y a urgence, il faut agir. Quant à savoir quand la grille a été supprimée, je ne saurais vous le dire... La réponse se cache certainement dans les dossiers évoquant la réorganisation du musée des Augustins, entreprise au cours des années 1960. Ou bien d'autres auront déjà répondu à cette question, se servant de cette anecdote pour illustrer l'histoire du musée à travers les âges. Je vous ai mis sur la piste, à vous de poursuivre l'enquête !

En attendant, vous pourrez toujours aller visiter le musée des Augustins et sa toute nouvelle exposition temporaire "Fenêtres sur cour - peintures du XVIe au XXe siècle".

« La Toulousaine ». Avant 1904. Bas-relief avec inscription : « Louis Deffès, 25 juillet 1819, 28 mai 1900 », représentant Louis Deffès au piano ; œuvre signée « D. Fourcade, 1900 ». Mentions imprimées sur l'image : « Héliotypie E. Le Deley, Paris » et « Fourcade, sculpteur ». Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi7244 (détail).

Et le « Grillon d'or » est attribué à… Louis Deffès !


décembre 2016

Alors là, comme çà, à brûle-pourpoint, cette annonce a peut-être de quoi vous surprendre et c'est bien compréhensible, d'autant plus qu'elle a réellement eu lieu en mai 1898. C'est en effet à cette date que les Cadets de Gascogne, une société qui regroupait toutes les célébrités méridionales habitant Paris, ont choisi de décerner ce prix honorifique au maître Deffès.

Pierre Louis Deffès (1819-1900) était un compositeur d'opéras, qui devint en 1847 le premier Toulousain prix de Rome de composition musicale. Fils d'un tailleur, il est passé à la postérité pour avoir mis en musique un poème de Lucien Mengaud : cette œuvre, appelée La Toulousaino (ou Toulousaine), est devenue l'hymne de la Ville Rose, entonné par le maire lui-même (celui qui a précédé Pierre Baudis).

Directeur du Conservatoire de Toulouse de 1883 à 1900, cet illustre acteur de la vie culturelle toulousaine du 19e siècle n'a pourtant pas fait l'objet de beaucoup d'études historiques. Sa vie nous est toutefois connue grâce aux travaux de Bertrand Malaud, qui a fait don de son manuscrit en 2002 à notre bibliothèque.

Présentation du projet de l'équipe Almudever – Lefebre lors du concours d'architecture pour la réalisation de la médiathèque de Toulouse, vue en perspective depuis les allées Jean Jaurès, 1997. Ville de Toulouse, Archives municipales, 891W25.

Pas 1, pas 2, mais 3 arches perdues !


novembre 2016

Toulouse, la ville qui fait mieux qu'Indiana Jones ! Car de l'actuelle médiathèque José Cabanis, vous ne connaissez que le projet définitif, mais il y en eu trois autres, trois arches perdues en quelque sorte ! Enfin pas tout à fait : grâce aux Archives municipales, vous pourrez tout de même vous en faire une idée.

Ce projet remonte aux années quatre-vingt-dix, du temps où la municipalité partit en quête d'idées pour succéder à l'imposante École vétérinaire. Un appel à candidature est lancé pour la réalisation d'un nouvel équipement culturel, une médiathèque régionale, capable de symboliser la porte Marengo sous la forme d'une arche monumentale reliant le cœur historique de la ville et ses faubourgs. Quatre cabinets d'architectes s'opposent alors dans cette compétition féroce. Un rapport d'une vingtaine de pages énonce les tenants et les aboutissants de ce concours. En introduction, on peut découvrir les attentes de la ville en sa qualité de maître d'ouvrage. Puis sont exposés les arguments des candidats, vantant les qualités architecturales et techniques de leur projet, photos en perspectives et plans à l'appui. Au final, c'est l'architecte Jean-Pierre Buffi et le cabinet toulousain Séquence qui l'emportent, reléguant aux oubliettes de l'histoire nos arches perdues...

BERTRAND, Nicolas. Opus de Tholosanorum gestis ab urbe condita, Tholose : Industria Magistri Johannis Magni Johannis, 1515, détail du folio 88 verso. Ville de Toulouse, Archives municipales, RES343.

L'arche perdue... ou comment apporter des réponses quand ce n'est pas à nous que s'adressait la question.


novembre 2016

Si l'on peut éventuellement considérer l'Arche d'alliance comme une sorte de bibliothèque des Dix Commandements, force est de constater qu'à mon humble niveau, je ne peux être d'une aide capitale dans l'entreprise de sa redécouverte. D'ailleurs, un certain archéologue chapeauté et habile à manier le fouet fait cela beaucoup mieux que moi.

Cela étant posé, ici, à la bibliothèque des Archives, on peut néanmoins trouver : des incunables perdus, des églises perdues, des frontières perdues et même des « Heures perdues ». Comme quoi tout n'est pas toujours perdu pour tout le monde...

Le tout est de savoir s'y retrouver. Et pour cela, un peu de méthode ne nuit pas.
Le catalogue de la bibliothèque est accessible de plusieurs façons :

• par la recherche simple : proposée par défaut, elle vous permet, en une seule fois, d'interroger l'ensemble des champs d'une notice bibliographique ; il faut donc choisir ses mots avec précision ;

• par la recherche avancée : pour les « habitués », et ceux qui disposent de certains renseignements préalables, elle vous propose une approche plus classique par cote, auteur ou titre ;

• par le plan de classement : thématique et/ou typologique, il vous donne à voir l'ensemble des collections et vous ouvre l'accès aux notices qui y correspondent.

Et c'est bien connu, rien de tel qu'un plan quand on est perdu : cela peut toujours être utile...

À ce propos, on vous l'a peut-être déjà dit : le plus vieux plan de Toulouse, ou plutôt la plus ancienne vue cavalière de la Civitas Tolosa, figure dans l'ouvrage de Nicolas Bertrand intitulé « Opus de Tholosanorum gestis » [folio 88 verso]. Il s'agit d'une représentation de la fondation de la ville, avec au centre le roi Lémosin, revêtu d'un manteau à parement et collet d'hermine, qui, muni d'un sceptre, donne ses instructions aux deux artisans maçons qui bâtissent le rempart.

Mais savez-vous qui était ce mystérieux Lémosin ?
Fondateur mythique de la ville, à qui l'on attribue traditionnellement le peuplement de l'Europe, il était également le petit-fils de Japhet, et donc l'arrière-petit-fils de Noé. Celui-là même qui fabriqua jadis une arche... que l'on aurait retrouvée sur le Mont Ararat, en Turquie. Mais cela, c'est une autre histoire.

"Cité Madrid", étude de l'Agence d'Urbanisme de l'Agglomération Toulousaine, janvier 1986. Ville de Toulouse, Archives municipales, 379W4 (détail de la couverture).

Cité Madrid : « La petite Espagne à Toulouse »


octobre 2016

La cité Madrid est située, comme son nom ne l'indique pas, non pas en Espagne, mais au cœur du quartier toulousain des Sept-Deniers. Sa construction est décidée dans l'urgence, à la fin des années trente, pour accueillir les familles espagnoles en exil suite à la prise de pouvoir de Franco. Certains de ces logements rudimentaires ne comprennent alors ni salle d'eau, ni chauffage. Avec le temps, les conditions ne sont pas améliorées, si bien qu'au début des années quatre-vingt, la ville entame un programme de réhabilitation. On fait appel à l'agence d'urbanisme de l'agglomération toulousaine pour étudier la faisabilité du projet.

Si vous souhaitez découvrir tout un pan de l'histoire de cette cité, ce rapport est fait pour vous ! Vous y trouverez pêle-mêle une analyse socio-démographique de la population, la liste des équipements publics et des espaces extérieurs, une présentation des problèmes du bâti et les propositions d'amélioration envisagées. ¡Olé!

Hôpital de Varsovie, actuellement hôpital Joseph-Ducuing, élévation antérieure. Phot. Chloé Baychelier, Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées – Inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2007, IVC31555_20073100662NUCA (détail)

Un « château » de l'Espagne républicaine à Toulouse


octobre 2016

On peut avoir été élevé dans la Manche et ne pas avoir lu Don Quichotte.

De la même façon, on peut être passé devant l'hôpital Joseph-Ducuing, y avoir rendu visite à un proche malade ou à une jeune maman, et ne pas savoir qu'il est l'héritier de l'hôpital Varsovie, fondé en 1944 par les républicains espagnols exilés dans le sud de la France.
Alors, pour remédier à cette fâcheuse situation, je vous invite à découvrir son histoire méconnue, singulière, pleine de rebondissements et d'implications géopolitiques.

Vous apprendrez ainsi que cet hôpital, installé dans un « château » de la rue Varsovie, fut d'abord un hôpital militaire, créé par les guérilleros en vue de l'opération Reconquista de España ; qu'il devint ensuite un hôpital civil destiné à soigner l'ensemble des réfugiés et des survivants espagnols des camps de concentration nazis ; qu'il bénéficia de l'aide humanitaire internationale, MARTINEZ VIDAL, Àlvar. L'Hôpital Varsovie : Exil, médecine et résistance (1944-1950), Portet-sur-Garonne : Nouvelles éditions Loubatières, Collection « Libre parcours », 2011, 104 p. Ville de Toulouse, Archives municipales, 3527.notamment nord-américaine, qui lui permit de développer un centre de formation pour son personnel soignant, des recherches cliniques et des campagnes sanitaires ; puis qu'en 1950, en pleine guerre froide, les médecins espagnols qui le dirigeaient furent arrêtés parce que membres d'un parti communiste étranger.

C'est alors grâce à Joseph Ducuing, professeur de chirurgie à l'université de Toulouse et directeur du centre régional anticancéreux, que l'hôpital fut sauvé de la disparition pure et simple. Vingt ans plus tard, le nom du professeur lui fut donné pour lui rendre hommage.

Voilà, désormais, vous en savez un peu plus. Mais pour poursuivre sur votre lancée, n'hésitez pas à consulter l'ouvrage coordonné par Àlvar Martínez Vidal disponible dans notre bibliothèque.

¡ Et promis, très bientôt, je lirai Don Quichotte !

Permis de construire, construction d'un immeuble collectif, SCI des Jardins, à l'angle des Allées François-Verdier et de la rue des Jardins, 1962. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 2799.

PC 007 - Permis de construire


septembre 2016

Lorsque la commune vous accorde un permis de construire, vous ne devenez pas subitement un agent au service secret de la mairie, non ! Vous obtenez simplement le droit d'ajouter votre pierre aux nombreux édifices que compte déjà la ville ! Et des permis de construire, il y en a plus de 64 000, qui vous attendent tels des spectres, rien que pour vos yeux, dans les entrailles des Archives municipales.

Vous pouvez désormais mettre au jour ces diamants éternels grâce au moteur de recherche de notre base de données en ligne (pour les bâtiments édifiés entre 1922 et 1999 ; l'année 2000 sera bientôt disponible), et venir les consulter sans attendre dans notre salle de lecture, parce qu'on ne vit que deux fois !

En revanche, pour les permis demandés entre 2001 et 2016, vous devrez vous adresser au service des Autorisations d'Urbanisme, 1 place des Carmes.

Bibliothèque des Archives, magasin 6, 2016. Cliché : Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales.

À l'heure de la rentrée littéraire, voici les nouveautés de notre bibliothèque


septembre 2016

La période estivale est souvent l'occasion de nous lancer dans de grands chantiers : désherbage, reconditionnement, recotation, refoulement, mise à jour de la signalétique… Bref, de quoi faire un peu de sport en attendant le réconfort des vacances bien méritées… Et cette année n'a pas fait exception. Nous nous sommes donc lancés dans la réorganisation matérielle (et spirituelle ?) de nos collections de périodiques.

La principale difficulté de ce type de ressources est justement d'anticiper l'accroissement des collections dites « vivantes » (c'est-à-dire pour lesquelles de nouveaux numéros à paraître vont venir compléter ceux que nous conservons déjà).  C'est un exercice d'autant plus délicat que l'espace est une denrée rare, qu'il faut s'efforcer d'optimiser.

Par ailleurs, les 279 titres que nous possédons balaient un éventail assez large de thématiques. Jugez plutôt : les Cahiers de civilisation médiévale côtoient la Revue du Touring-club de France, en passant par le Bulletin du Club des cartophiles de Midi-Pyrénées ou la Lettre des Amis des archives de la Haute-Garonne

Alors, pour vous proposer un accès plus simple, nous avons mis en place un plan de classement des périodiques. Vous pouvez ainsi, en quelques clics, disposer d'un panorama général de nos ressources. Une fois parvenu sur la notice du titre qui vous intéresse, vous avez même la possibilité de consulter l'état de collection correspondant (en cliquant sur « Voir les exemplaires bulletinés »), ainsi que la liste et les références des articles qu'il contient, relevés dans notre base de données (en cliquant sur « Voir les articles dépouillés »).

Ne reste plus maintenant qu'à vous lancer...

[Portrait d'une enfant]. Entre 1871 et 1875. Portrait en pied d'une enfant appuyée sur une pile de livres, vêtue d'une robe et d'une veste sombres. Photographie collée sur carton, 9 x 5,5 cm. Eugène Delon. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1 Fi 777 (détail).

Sur la route des vacances, n'hésitez pas à « Partir en livre »...


juillet-août 2016

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas (que) de la bibliothèque des Archives dont je vais vous parler ce mois-ci, mais d'une opération lancée par le Ministère de la Culture qui se déroulera du 20 au 31 juillet. « Partir en livre » (c'est son nom) se présente comme la grande fête du livre pour la jeunesse.

Et comme ce sont les jeunes d'aujourd'hui qui deviendront nos lecteurs de demain, il est donc tout naturel pour une bibliothécaire d'en faire la promotion (çà tombe bien : ce sont les soldes...) : alors, qu'elle soit scolaire, « Partir en livre : La grande fête du livre pour la jeunesse », 2016. Affiche de Joann Sfar. Ministère de la Culture et de la Communication.universitaire, ou avant tout de loisir, pratiquez la lecture ! Et encouragez vos petits camarades autour de vous : les jeunes, mais aussi les moins jeunes... Prenez-vous en photo avec votre livre fétiche sur la plage, assistez à l'heure du conte dans votre librairie préférée ou laissez-vous tenter par une bibliothèque nomade au détour d'un jardin...

Et si l'inspiration vous manque, ou que vous, infatigable chercheur, décidez non seulement de passer l'été au frais dans notre salle de lecture (attention, elle sera fermée la deuxième quinzaine de juillet), mais en plus, d'y traîner votre neveu désœuvré, pas de problème : nous avons la solution. En fouillant dans notre catalogue, vous trouverez bien une bande-dessinée, un roman d'aventures... ou un atlas routier collector. De quoi passer un bon moment en notre compagnie !

 

Toulouse, boulevard Delacourtie, passage du convoi exceptionnel transportant le fuselage d'un avion du modèle Caravelle. 26 janvier 1969, cliché André Cros, tirage noir et blanc sur papier. Ville de Toulouse, Archives municipales, 53 Fi 2327.

Un convoi exceptionnel bien déroutant


juillet-août 2016

Ceux qui suivent, depuis plus de 100 ans déjà, le Tour de France cycliste ne seront pas étonnés : en matière de véhicules incongrus, la caravane du Tour tient la palme. Dans une moindre mesure, on voit aussi quelquefois passer sur nos routes de superbes yachts ou voiliers juchés sur une remorque et qui, à l'instar des saumons, taquinent les bouchons et remontent le courant pour rejoindre un nouveau port d'attache.

Mais voilà, l'illustration proposée n'a absolument aucun lien avec une quelconque course à la voile ou à la pédale, car il s'agit là d'un avion (certes en pièces détachées) effectuant son premier envol, certes au ras du sol, entre les ateliers de fabrication toulousains et la zone de montage.
Ainsi, certains d'entre vous, nés avant les années 1970, se seront-ils probablement retrouvés un beau jour nez à nez avec la Caravelle ou le Concorde, alors qu'ils évoluaient lentement dans les rues de la ville.

 

Le photographe André Cros, que l'on apprécie particulièrement pour ses superbes clichés d'événements sportifs, aura su se faufiler dans les embouteillages afin de capturer ces étranges oiseaux encore rivés au sol et nous offrir ainsi ces beaux témoignages, vestiges d'une époque révolue.

Décret du parlement de Paris sur rouleau de parchemin, portant adjudication des moulins de Lisle-Jourdain et Daux aux capitouls, 22 décembre 1515. Ville de Toulouse, Archives municipales, ii 14/6 (zoom sur une partie des sceaux servant à assurer les attaches entre les différentes peaux cousues et ainsi empêcher toute falsification de l'acte).

Le recyclage pour les sceaux


juin 2016

Les sceaux tout le monde connaît, il y en a partout et cela depuis belle lurette ; et malgré des multiples évolutions de la diplomatique, ils ne sont pas prêts de disparaître, les grands de ce monde en font encore usage lorsqu'ils veulent valider un traité, une loi, etc.

Bref, le sceau a encore de beaux jours devant lui.
Mais attention, les sceaux sont fragiles par essence, et comment faire pour les préserver ? Depuis longtemps Archives et Bibliothèques se sont penchées sur le cas des sceaux et diverses recommandations ont été produites, des techniques de conservation développées, et nos restaurateurs savent parfaitement protéger et bichonner ces petites choses qui scellent les actes.
Au lieu de vous présenter les dernières techniques de pointe en matière de préservation des sceaux, nous avons préféré vous montrer en image celle en usage sous l'Ancien Régime. Elle est toute simple, se fait à base de recyclage de vieux manuscrits poussiéreux sur parchemin que l'on considère inutiles* : on découpe deux ronds dans le vieux parchemin qu'on va ainsi recycler, on enveloppe le sceau sur l'avers et le revers, un coup d'aiguille bien placé pour lier le tout, et le tour est joué, on obtient une ingénieuse et non moins ravissante enveloppe à sceau. Voilà un sceau qui se trouve désormais protégé des dégradations.

Un conseil toutefois : si d'aventure vous aviez un sceau à protéger, ne vous amusez pas à reproduire cette technique démodée et contactez votre restaurateur le plus proche.

* De nos jours, l'emploi des qualificatifs vieux, poussiéreux et inutiles feront évidemment bondir tout archiviste qui se respecte.
 

Récupération d'annuaires téléphoniques (1985). [Camion benne, place du Capitole, pour symboliser, en présence du maire, le recyclage du papier par le biais d'une campagne de sensibilisation]. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 4510.

Le papier : une invention millénaire, toujours d'actualité, facile à recycler


juin 2016

À l'heure où l'on nous exhorte, à force de beaux discours, de crédits d'impôts et de malus écologiques, à sauver la planète, les baleines et les abeilles, une question cruciale se pose : que peut-on recycler dans notre bibliothèque ? Les numéros en double du Bulletin d'Information du Personnel municipal ? Le mobilier ? Les lunettes de la bibliothécaire ?
Il faut être réaliste : on a beau avoir mis en place une bibliothèque numérique et numérisée, c'est bien le papier, inventé par les Chinois trois siècles avant notre ère, qui reste le principal support de nos documents. Alors, concrètement, quand vient le temps de désherber les collections, en retirant des rayonnages les ouvrages et les revues qui n'entrent plus dans notre champ de recherche, qu'en faire ?
Tout d'abord, les proposer à d'autres (bibliothèques, centres de documentation, services d'archives). On ne sait jamais : on pourra peut-être les aider à compléter leurs fonds. En général, cela fonctionne plutôt bien, car cette pratique s'est beaucoup développée, tant au niveau régional (avec la mise en œuvre de plans de conservation partagée) qu'au niveau national (grâce aux outils de consultation des états de collections en ligne, comme Périscope).
Et pour ce qui ne les intéresse pas ? Alors, dans ce cas, on envoie les documents « au pilon », autrement dit : au recyclage. Autant le dire tout de suite, on n'aime pas çà. Pour nous, le livre n'est pas un objet comme un autre, qui prend la poussière sur les étagères ou qui passe de mode. Mais il faut bien se rendre à la raison : l'espace de stockage est une denrée précieuse, qui oblige à certains sacrifices. Et puis, c'est ce qu'on appelle le « cycle de la vie » : le papier ainsi recyclé sert à imprimer de nouveaux livres.
Hakuna Matata !

MALBREIL, François. Muséum d'histoire naturelle de Toulouse. Voyage dans les collections : Carnet pictural, Toulouse : Éditions Privat / Muséum, Collection « Patrimoine régional », 2015, première de couverture. Ville de Toulouse, Archives municipales, 3764.

Invitation au voyage...


mai 2016

Dans la bibliothèque des Archives, on trouve de beaux livres (sur l'architecture et le patrimoine, les expositions d'archives ou d'objets d'art...), des brochures, de la littérature grise, de la presse, des travaux universitaires, des dictionnaires et même des bandes-dessinées (si si, je vous assure). Il est cependant beaucoup plus rare de trouver des ouvrages qui mêlent à la fois la rigueur d'une description scientifique des collections et le ressenti d'un artiste qui les représente. C'est pourtant ce qu'ont réalisé François Malbreil et le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.

À travers l'ouvrage intitulé « Voyage dans les collections : carnet pictural », publié en 2015 pour les 150 ans du Muséum, on découvre les objets, souvent d'origine lointaine, qui ont marqué l'homme, le voyageur et l'artiste, et qu'il a retranscrits à travers ses dessins, gravures, estampes ou lithographies.

Le portrait qu'il a peint de cette « Malgache des hauts-plateaux », à partir d'un cliché en noir et blanc de la collection Julien, retrouvé dans la base iconographique du musée, en est un très bel exemple. À tel point qu'il a servi de première de couverture à l'ouvrage.

Librairie papeterie "Aux Six Sœurs", 2 place Saint-Étienne, années 1960, vue de la façade de l'établissement sur la place. Ville de Toulouse, Archives municipales, 41 Fi 362 (détail).

Sœurs jumelles


mai 2016

Le saviez-vous ?! Toulouse fait partie d'une grande famille ! Et je ne vous parle pas de l'Occitanie, non, mais de ses sœurs de sang, ses villes jumelles ! Car la ville rose ne compte pas moins de six villes jumelées de part le monde : Bologne en Italie, Kiev en Ukraine, Tel-Aviv en Israël, Atlanta aux États-Unis, Chongqing en Chine et Elche en Espagne. De quoi programmer un véritable tour du monde pour aller faire connaissance avec les petits cousins !

Ces alliances transfrontalières peuvent vous sembler incongrues, mais elles permettent de nouer des relations amicales entre villes de taille plus ou moins équivalente et les échanges qui en découlent sont d'autant plus fructueux. Sans cela, il faut bien se le dire, la marchande de fruits secs du boulevard de Strasbourg n'aurait jamais serré la main du maire d'Atlanta et les élèves du collège de Lalande n'auraient jamais pris l'avion pour aller à la rencontre de leurs homologues chinois ! Comme quoi, on ne choisit pas sa famille, sauf dans le cas des villes jumelées !

Reproductions de vues perspective dessinées du projet de bains-douche sur la place Jean Diébold. Crédit manuscrit en bas du dessin à droite : "Dressé par l'Architecte de la Ville, diplômé par le gouvernement. Toulouse le 28 décembre 1929. Jean Montariol", Ville de Toulouse, Archives municipales, 921 W 332 et 57 Fi 7.

Jeu des 7 erreurs (eau bas mot...)


avril 2016

Car il y a quelques erreurs (je ne les ai pas toutes comptées...) entre ces deux images ! Il s'agit en fait de deux représentations très similaires des bains-douche de Saint-Cyprien, dessinées par l'architecte Jean Montariol en 1929.

Au début du 19e siècle, la municipalité fait construire cinq établissements de ce type à destination des personnes n'ayant pas accès à l'eau courante. Ces images illustrent bien l'animation qu'il pouvait y avoir autour de ces lieux de vie, les enfants qui courent, les ouvriers qui viennent se délasser après une longue journée de travail, la haute bourgeoisie qui passe au loin sans détourner le regard (eh oui, elle a l'eau courante, elle...).

Mais ne comptez pas sur moi pour vous donner tous les indices ! La véritable erreur, s'il en est une, ou plutôt l'heureux hasard, c'est d'avoir trouvé la reproduction couleur de cette image dans l'un des 64 000 dossiers de permis de construire que nous conservons (autant dire une goutte d'eau dans un océan de déclarations d'urbanisme !). Cela s'explique par le fait qu'au début des années 1990, le bâtiment, n'ayant plus réellement d'utilité, est désaffecté, démoli puis remplacé par une mairie annexe, des locaux pour la police municipale et un parking en sous-sol. Ne subsiste de ces bains-douche que la porte en fer forgé au monogramme VT (Ville de Toulouse) ornée de son enseigne « douches municipales » en mosaïque.

NB : Dépouillement informatisé des permis de construire à consulter uniquement en salle de lecture en raison des données personnelles qu'il contient.

GUIZARD, Georges. De la Garonne au robinet : L'eau potable à Toulouse au XXe siècle, Toulouse : Mairie de Toulouse / Service des Eaux, 2006, première de couverture. Ville de Toulouse, Archives municipales, US/944.863/AMT/1.

Il était une fois... la « Toulousaine » des eaux


avril 2016

Toutes les grandes villes se sont construites au bord d'un fleuve : Rome, Alexandrie, Londres, Paris, Montréal, New Delhi... Lyon et Toulouse. Pour chacune d'entre elles, il s'agissait de profiter de ses bienfaits (irrigation des cultures, transport de marchandises, voie de communication, réserve de nourriture...), tout en essayant de minimiser les risques encourus (invasions, épidémies, inondations...). Car si l'eau est source de vie, elle peut tout aussi facilement causer la mort.

L'hygiène et la salubrité publique sont l'une des préoccupations majeures du pouvoir municipal depuis l'Antiquité : apporter et mettre à disposition une eau potable de bonne qualité, c'est s'assurer (aujourd'hui encore) de la bonne santé de ses concitoyens. Et c'est au Service des Eaux de la Mairie de Toulouse (désormais Direction du Cycle de l'eau de Toulouse Métropole) qu'il revient d'accomplir cette mission au quotidien.

En 2006, Georges Guizard, qui a dirigé ce service pendant de nombreuses années, est parti à la retraite. On aurait pu croire que toute cette mémoire serait perdue... C'était sans compter sur son envie de transmettre et sa passion pour son métier. Soutenu par la mairie, il a donc publié un ouvrage à la fois historique et technique, illustré mais pointu, qui appartient aux Usuels de notre bibliothèque, à consulter librement en salle de lecture !

BORDES, François. Sorciers et sorcières : Procès de sorcellerie en Gascogne et Pays basque, Toulouse : Éditions Privat, 1999, détail de la première de couverture. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1253.

Rugby, archives et sorcellerie : bibliographie d'une promotion réussie


mars 2016

Alors voilà... Tout comme le Stade Toulousain a vu partir Guy Novès, devenu sélectionneur du XV de France, c'est au tour des Archives municipales de laisser s'en aller leur directeur, désormais inspecteur général, et que l'on aurait pu (mais pour d'autres raisons, évoquées un peu plus loin) également surnommer « le Sorcier »...

Afin de faire la promotion du récent promu, il a semblé opportun d'établir la bibliographie (non exhaustive, on ne sait jamais ce qu'on peut retrouver dans l'arriéré de la bibliothèque...) des ouvrages et des travaux publiés par notre aimable (et néanmoins barbu) ancien directeur.

Cette bibliographie, que vous pouvez télécharger ici, s'articule autour de quatre thématiques : l'histoire urbaine, les archives et la mémoire, la photographie et les cartes postales, et... la sorcellerie. Quand je vous disais qu'il y avait des points communs… et je ne vous parle même pas de la couverture de son livre sur le sujet : vous jugerez par vous-mêmes… Un indice néanmoins : Jeanne Mas aurait apprécié…

Mais revenons à nos moutons (landais bien entendu)… Les références précises et la cote des documents sont indiquées. Toutefois, n'hésitez pas à consulter le catalogue en ligne de notre bibliothèque pour y retrouver des informations complémentaires (résumé, description matérielle ou observations), susceptibles de vous aider à choisir l'ouvrage convenant le mieux à votre recherche.

Bon vent et bonne chance !

Magasin 3 des Archives municipales, mars 2016, Stéphanie Renard. Ville de Toulouse, Archives municipales, non coté.

Quand la paperasse prend du galon ! Ou comment devenir archives historiques…


mars 2016
Ah, la paperasse ! L'administration croule sous la paperasse ! Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la production de documents administratifs n'a cessé de croître, et l'avènement de l'informatique n'y a rien changé, bien au contraire. Toujours plus de formulaires à remplir, de rapports et autres comptes-rendus à rédiger, si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête ! Et pourtant, parmi cette masse croissante de documents, mêlant allègrement papiers et mégaoctets, sont enfouies, bien cachées, les sources de l'histoire. Au cœur de cette paperasse mal-aimée se trouve un véritable trésor, une mine d'informations que l'archiviste a pour honorable mission de révéler au grand jour. Aidé d'une armada de circulaires et d'instructions ministérielles, ce travailleur de l'ombre évalue sans relâche l'intérêt des productions administratives et sélectionne les documents qui seront promus au rang tant convoité d'archives historiques. Car cette reconnaissance, cette élévation suprême au rang de patrimoine, ne peut être décemment accordée qu'aux archives porteuses d'une valeur juridique perpétuelle et/ou d'une valeur historique. C'est ainsi que chaque jour, les agents des Archives municipales de Toulouse partent en quête de ces documents qui, de simple paperasse, deviendront les archives de demain.
Carl Spitzweg. « Le Rat de bibliothèque ». Huile sur toile, vers 1850. 49,5 x 26,8 cm. Actuellement conservé au Musée Georg Schäfer (Schweinfurt, Allemagne). Source : The Yorck Project [Licence GNU Free Documentation License (http://www.gnu.org/licenses/fdl-1.3.fr.html)], via Wikimedia Commons.

Vous « faire la courte échelle » ou la mission du bibliothécaire...


février 2016

À quoi sert un(e) bibliothécaire ? À remplir des fiches, à ranger des livres, à répéter « Chuuuuut... » en boucle toute la journée et à garder à l'œil, ses lunettes bien vissées sur le nez, les fauteurs de trouble éventuels qui oseraient s'aventurer en salle de lecture. Voilà qui semble tout de même bien réducteur comme vision du métier...

Non, en vérité, le (la) bibliothécaire, comme tout professionnel de l'information, a pour mission d'être à l'écoute de vos attentes, de déterminer ce qui, dans les ressources dont il (elle) dispose, pourra vous être utile et vous aider dans vos recherches (qu'elles soient professionnelles, scolaires ou universitaires, ou même personnelles), et de vous en permettre l'accès grâce à des outils et un accueil adaptés. Autrement dit, sa mission est de vous faire la courte échelle, afin que vous puissiez voir, par dessus la barrière des catalogues et des procédures particulières, les documents dont vous avez besoin. Une sorte de passeur de savoir, finalement.

C'est pourquoi nous vous proposons des entrées thématiques, accessibles depuis le plan de classement de la bibliothèque, et des index spécifiques (comme « Bibliothèque numérisée » par exemple), destinés à vous faciliter les recherches et à vous faire apprécier encore davantage la richesse de nos collections.

Alors, pensez-y la prochaine fois que vous franchirez la porte de la salle de lecture : n'ayez pas peur de la personne qui vous accueille, elle est là pour vous aider !

Poisson dessiné pour le premier avril (détail). Plaque de verre négative. Raoul Berthelé. Début du 20e siècle. Ville de Toulouse, Archives municipales, 49 Fi 1584.

Quand l'échelle n'est pas le problème, mais la solution !


février 2016

Car pour les poissons migrateurs du bassin de la Garonne, quand on leur parle d'échelle, ils pensent d'abord à un poisson d'avril ! Et pourtant, on leur enlève une sacrée épine de la nageoire : cela signifie qu'ils pourront convoler plus facilement vers leurs zones de reproduction, en esquivant les barrages construits au fil du fleuve tels des murs infranchissables. Alors pour les aider à contourner ces redoutables obstacles, quoi de mieux qu'une échelle ! Vous pourrez en observer une à l'usine hydroélectrique du Ramier du Château. Cette installation, construite en 1987, est composée de 14 bassins successifs et d'une salle où l'on peut observer les poissons à travers des parois vitrées.

A l'époque, les élus ont même émis l'idée de compléter cet espace par un « musée-aquarium », mais le projet est, comme qui dirait, tombé à l'eau...

Taxe du poisson d'eau douce et de mer, pour l'année 1724, pendant ce carême. Placard imprimé, 29 janvier 1724. Ville de Toulouse, Archives municipales, BB 285.

Régime plus adapté


janvier 2016
Enfant, le soir de Noël c'était une soupe à l'oignon, une truffe au chocolat et au lit ! Pour le Nouvel an, pareil !
Désormais, la période des fêtes semble se placer sous le signe de l'excès de produits fins mais gras ou sucrés. D'où de stupéfiantes prises de poids et de fulgurantes crises de foie.
Après les dindes, chapons, foies gras et autres volatiles dodus sacrifiés à l'autel des fêtes de fin d'année, il est temps de repasser à un régime sec où la part belle sera faite aux endives, navets et brocolis.
Du reste, ne serait-il pas judicieux que les hautes autorités du Vatican envisagent de déplacer le temps du Carême afin de le reprogrammer juste après les fêtes de fin d'année ?
En attendant une hypothétique réponse de François 1er (celui du Vatican), les Archives vous proposent quelques idées pour manger maigre avec cette taxe (prix fixés par les capitouls) des poissons lors du Carême de 1758.
Signalons aussi que si la consommation de viande rouge était prohibée pendant ce temps de pénitence, les malades, femmes enceintes, enfants et vieillards et malades se voyaient tout de même autorisés à se rendre à la « boucherie de carême », seule autorisée à débiter bœuf, veau et autres pendant les quarante jours qui précèdent Pâques.
Salle de lecture de la Bibliothèque Mazarine, Paris. Phot. Remi Mathis & Marie-Lan Nguyen, 19 avril 2010. [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons.

Où trouver des livres d'Ancien Régime ?


janvier 2016

Tout comme dans l'histoire de France on parle d'« Ancien Régime » pour ce qui précède la Révolution de 1789, ce qui permet par conséquent de faire coïncider nouveau(x) régime(s) et histoire contemporaine, il existe une césure comparable dans les fonds de la bibliothèque des Archives.

Pourtant, cela n'a rien avoir avec la prise de la Bastille ; c'est plutôt de révolution industrielle dont il s'agit ici : en effet, la mécanisation du processus de fabrication du livre dans les années 1815-1830 a non seulement révolutionné le métier d'imprimeur-libraire, mais il a également eu d'importantes conséquences sur le travail quotidien du bibliothécaire.

Avant, fabriquer un livre était un travail artisanal, qui demandait du temps, du savoir-faire, sans oublier de bons appuis politiques, et qui produisait des ouvrages dont les particularités rendaient chaque exemplaire unique (ou presque). La pagination, la collation des cahiers composant le corps de l'ouvrage, les privilèges de l'imprimeur, le lieu d'édition (parfois fantaisiste), ainsi que la reliure ou même les marques des anciens possesseurs visibles sur la page de garde méritaient donc toute l'attention de celui qui avait pour mission de le cataloguer.

Après la modernisation du procédé, la mécanisation de la fabrication du papier qui désormais se présente sous forme de rouleau et l'utilisation des caractères mobiles d'imprimerie qui permettent de reproduire des pages à l'identique, les particularités d'exemplaires sont beaucoup moins nombreuses, et par conséquent beaucoup moins chronophages. Cela tombe plutôt bien… car la production de livres, quant à elle, connaît une croissance exponentielle, et le bibliothécaire est donc bien loin de rester désœuvré...

La bibliothèque des Archives compte plus de 400 ouvrages relevant du fonds ancien, appelé « Réserve ». On y trouve également des livres rares et précieux, publiés au 19e siècle et jusqu'en 1914. Pour mieux les appréhender, nous sommes en train de les organiser selon un plan de classement thématique, ce qui devrait, à terme, en faciliter l'accès. Par ailleurs, plusieurs d'entre eux ont été numérisés et sont désormais accessibles en ligne. N'hésitez pas à les consulter !

« Répertoire Choudens, Princesse Joujou », (détail) partition complète (chant et piano). Couverture illustrée par G. Girbal. Éditions Choudens, Paris, 230 pages. vers 1922. Coll. Part.

Princesse Joujou


décembre 2015

Rassurez-vous, cette princesse-là n'est pas la prochaine héroïne animée de nos chères petites têtes blondes. Princesse Joujou, c'est comme un hibou, une reine de la nuit si vous préférez, le personnage principal d'une opérette en trois actes créée en 1922.

Mais pourquoi donc un tel bijou se retrouve dans les fonds des Archives municipales me direz-vous ?! Le livret de cette œuvre nous vient tout simplement des archives du Théâtre du Capitole. Ainsi vous pouvez découvrir l'histoire de cet établissement culturel à travers de nombreux supports, allant des classiques documents administratifs jusqu'aux nombreuses partitions, affiches, dessins préparatoires de costumes ou vidéos de représentations que nous conservons.« Répertoire Choudens, Princesse Joujou », partition complète (chant et piano). Couverture illustrée par G. Girbal. Éditions Choudens, Paris, 230 pages. vers 1922. Coll. Part.

A moins qu'une telle masse d'informations ne vous mette à genoux... ! Seul petit caillou dans votre quête de connaissance, la description de ces documents ne vous semblera pas toujours à la hauteur de la richesse de ce fonds, mais nous travaillons chaque jour à son amélioration.

Pas de quoi chercher les poux à Princesse Joujou donc...

 

Articles de fêtes et jouets : Catalogue 1936-1937, Toulouse : Bimbeloterie du Sud-Ouest, 1936, première de couverture. Ville de Toulouse, Archives municipales, B3611/1.

« N'oublie pas mon petit soulier... »


décembre 2015

Oh oh oh... ! [imitation de la voix du Père Noël]. Cette fois, on y est : les fêtes de fin d'année approchent à grand pas ! Les préparatifs sont bien avancés, le menu du réveillon arrêté et la liste de cadeaux transmise à qui de droit... Comment çà, pas encore ?

Humm... Je ne pourrai malheureusement vous être d'aucune aide si on estime que vous n'avez pas été suffisamment sages pour mériter des cadeaux. En revanche, si vous ne saviez plutôt pas quoi demander, j'ai la solution : le catalogue « Articles de fêtes et jouets » de la Bimbeloterie du Sud-Ouest, pour l'année 1936-1937 !

On y trouve pêle-mêle des articles pour pochettes surprises ou pour cotillons et dancings, des feux d'artifices, des harmonicas, des poupées, des autos à pédales, des chevaux en carton, des bateaux en bois, des tricycles et des arrosoirs décorés... Pas mal, non ?

Allez, je vous laisse faire votre choix et en profite pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d'année.

Et n'oubliez pas, en cas de panne d'inspiration, le catalogue de la bibliothèque peut vous donner des idées !

Portrait de Jean Laurens Rigaud, 1er maire de Toulouse du 28 février 1790 au 1er août 1792. Extrait de La Municipalité de novembre 1790. Toulouse 1790. Représentation de 18 portraits. Gaubert Labeyrie, peinture à l'huile, 52 x 66,5 cm. Ville de Toulouse, Musée des Augustins, 1994 3 1 (détail).

J'aurai tant voulu être l'Élu


novembre 2015

J'aurai tant voulu être l'Élu

Et pourtant, être un élu, ce n'est pas un métier en soi ! Cela s'apparente davantage à une charge honorifique (à l'exception des indemnités de fonctions versées aux maires et maires adjoints) confiée directement par les citoyens à travers leur vote. À chaque nouvelle élection, cette responsabilité politique est remise en cause. Et à chaque nouvelle élection, les élus transmettent le fruit de leur travail aux services d'archives publiques dont ils dépendent.

Ainsi vous pourrez consulter, dans nos locaux, certains des dossiers relatifs aux affaires traitées par les anciens maires, maires adjoints et conseillers municipaux de la ville qui nous auront été transmis.

Vous pouvez aussi retrouver les maires de Toulouse depuis la Révolution sur le site des Archives.

Toulouse. Une partie de pêche à Pinsaguel. En attendant le train du retour. Gare de Pinsaguel. Groupe de pêcheurs (« pescofis »), avec cannes et épuisettes, et d'hommes et de femmes devant la gare de Pinsaguel. Vue d'ensemble. Voyagée en 1904. Labouche Frères. Carte postale N&B, 9 x 14 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 7265.

Mon rêve ? ... Devenir pêcheur à la ligne


novembre 2015

Être au calme, profiter de l'instant présent et de la nature : de temps en temps, cela doit être bien appréciable. Bon, c'est sûr, on n'est pas toujours aussi tranquille qu'on l'aurait souhaité, et les voisins sont parfois un peu encombrants, voire trop bruyants pour espérer attraper même du menu fretin... Qu'à cela ne tienne ! La balade à elle seule vaut déjà le détour et tient la promesse d'une belle journée.

C'est un peu pareil quand on est documentaliste... On lance des hameçons (ou requêtes), sur lesquels on a préalablement posé des appâts (ou mots-clés) dans un plan d'eau douce ou salée (mais cela reste toujours une base de données). On attend ensuite que le poisson morde... ou que les résultats émergent du moteur de recherche. L'attente est plus ou moins longue et plus ou moins couronnée de succès, car oui, parfois le documentaliste aussi rentre bredouille...

Néanmoins, il faut rester optimiste : un chercheur sachant chercher doit savoir chercher dans toutes les conditions, même les plus compliquées... et il est en général suffisamment obstiné pour finir par trouver quelque chose : un début de commencement de piste, l'espoir d'un avenir meilleur...

Alors, si vous aussi vous voulez vous essayer à la pêche en ligne, consultez le catalogue de notre bibliothèque. Vous y trouverez certainement de bonnes surprises !

Placard publicitaire imprimé pour Jeanne Lafeau. Ville de Toulouse, Archives municipales. FF 813, détail, non coté (classement en cours).

Un bobo ? un membre brisé ? Jeanne répare, Jeanne remplace.


octobre 2015

A la fin du 18e siècle, il existait à Toulouse un nombre impressionnant de chirurgiens ; ceux-ci étaient aussi bien versés dans les plaies ouvertes que les simples foulures, luxations et autres dislocations des membres. Moins connu, le cas de l'exécuteur de la Haute justice (le bourreau) qui tenait aussi boutique ouverte avec privilège spécial pour soigner les luxations et foulures diverses.

Au milieu de cette foule d'hommes apparaît une femme, une seule : Jeanne Lafeau. Bien sûr elle n'a pas étudié la chirurgie, cela eut été impensable à l'époque. Et pourtant, douée d'un don naturel hérité de son père (qui le tenait lui-même de ses ancêtres), elle exerce ses talents et se fait connaître à Pamiers, sa ville natale, mais encore Revel et Agen (où elle résidera pendant 11 ans), et enfin Toulouse où elle exercera de 1766 à 1769 au moins.

Sa spécialité : les membres foulés, coupés et disloqués. C'est ainsi qu'elle va remettre sur pied nombre de personnes. Le dernier en date, un manœuvre de 13 ans ayant reçu des coups de pelle et de truelle. Elle lui trouvera deux côtes cassées, qu'elle va remettre en place avant de lui appliquer un emplâtre. Sûre d'elle, elle promet qu'il pourra reprendre le travail sous quinzaine.

Devant les succès de ses « opérations », les capitouls vont même jusqu'à autoriser Jeanne à imprimer et afficher une publicité dans la ville.

Peut-on résumer Jeanne Lafeau à une rebouteuse de talent ? Et si l'Histoire préférait en perpétuer le souvenir comme celui de « Jeanne la première femme chirurgien » de Toulouse ? Qui s'en offusquerait ?

FREXINOS, Jacques. Histoire de la médecine à Toulouse de 1229 à nos jours, Toulouse : Éditions Privat, Collection Histoire, 2015, première de couverture. Archives municipales de Toulouse, 3760.

La médecine et Toulouse : c'est une longue histoire...


octobre 2015

Avec l'arrivée de l'automne, et la rentrée scolaire, s'est ouvert à Toulouse le Pôle régional d'enseignement et de formation aux métiers de la santé dans le nouvel écoquartier de La Cartoucherie.

Par une habile coïncidence, en cette rentrée (également) littéraire, c'est le moment qu'ont choisi les éditions Privat pour publier le dernier livre du Professeur Jacques Frexinos, intitulé : « Histoire de la médecine à Toulouse de 1229 à nos jours ». Et sept siècles d'histoire, ça commence à compter...

D'autant plus que cet ouvrage, de près de 500 pages, remonte aux origines de cette histoire commune, qui commence au 13e siècle avec la fondation de l'université de Toulouse et la naissance de la première faculté de médecine, l'une des plus anciennes de France. L'auteur s'intéresse ensuite aux grandes épidémies médiévales et modernes, aux traitements de l'époque (souvent plus nocifs que curatifs), puis à la disparition pure et simple de cette institution au moment de la Révolution. Ce n'est qu'en 1891 qu'une nouvelle faculté de médecine est ouverte ; elle se développe grâce aux grandes découvertes du 19e siècle, telles que l'anesthésie ou les rayons X. Enfin, les 20e et 21e siècles voient se produire de spectaculaires bouleversements dans la manière d'enseigner et la recherche biomédicale, ainsi que dans la modernisation de l'hospitalisation et le développement de nouvelles structures de soins.

Véritable fresque historique, tout autant que panorama actuel de l'état de la médecine à Toulouse, cette riche monographie est complétée par des illustrations inédites (pour certaines issues des collections des Archives municipales) et d'anecdotes passionnantes.

Si cet ouvrage vous intéresse et que vous souhaitez en consulter la notice bibliographique, n'hésitez pas à accéder à notre catalogue en ligne !

 

BERTRAND, Nicolas. Opus de Tholosanorum Gestis ab urbe condita, Tholose : Industria Magistri Johannis Magni Johannis, 1515, détail du folio 88 verso. Archives municipales de Toulouse, RES343 ou Bibliothèque d'Etude et du Patrimoine, Res. B XVI 318.

« Civitas Tholosa » : une carte, un livre


septembre 2015

Le plus vieux livre de notre bibliothèque, la plus ancienne vue de Toulouse : c'est en peu de mots ainsi que l'on pourrait décrire l'Opus de Tholosanorum Gestis ab urbe condita, également surnommé « Gesta Tholosanorum ».

Rédigée en latin, mais rééditée en français en 1555, il s'agit de l'une des premières histoires imprimées de la ville. Rapportant « les gestes et faits illustres » des Toulousains au cours des siècles, elle soutient, avec plus d'enthousiasme que de rigueur historique, que Tholose (ou Toulouse), cité « très magnifique, glorieuse et antique » est plus ancienne que Rome même.

Elle aurait en effet été fondée par le roi « Lemosin », petit-fils de Japhet, lui-même fils de Noé, et à qui l'on attribue traditionnellement le peuplement de l'Europe. On le voit ici richement habillé et muni d'un sceptre, au centre de la gravure.

BERTRAND, Nicolas. Opus de Tholosanorum Gestis ab urbe condita, Tholose : Industria Magistri Johannis Magni Johannis, 1515, détail du folio 88 verso. Ville de Toulouse, Archives municipales, RES 343.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien évidemment, cette origine mythique a depuis été remise en question. Il n'en reste pas moins que cet ouvrage constitue l'un des plus beaux trésors de notre bibliothèque.

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à jeter un coup d'œil à sa notice bibliographique et, pourquoi pas, à le consulter en ligne !

Capture d'écran du plan local d'urbanisme dans le plan dynamique interactif de Toulouse Métropole, 2015.

Qui peut le PLU, peut le moins... !


septembre 2015

Et le PLU peut beaucoup pour vous ! Cet acronyme savant désigne en réalité le Plan Local d'Urbanisme, outil de planification de l'urbanisme au niveau communal et intercommunal. On y présente la situation du territoire d'une commune et les projets d'aménagement et de développement durable envisagés. Pour cela, les collectivités s'appuient sur une carte qui délimite des zones (zones urbaines, à urbaniser, agricoles, naturelles et forestières,..) et les règles d'urbanisme qui s'y appliquent. Vous pouvez consulter ces données sur le site du plan dynamique interactif de Toulouse Métropole, et ainsi voir quelles sont les règles propres à votre quartier ou à votre rue !

De nombreux dossiers relatifs au PLU et au POS (le Plan d'Occupation des Sols, son illustre ancêtre) sont également consultables aux Archives municipales de Toulouse. Exemples : mallette du PLU de 2004, Plan d'urbanisme directeur et POS 1975-1995 et POS 1979-2004.

Place Occitane. Finitions d'aménagement de la dalle de la « Place Occitane », (pavage), ensemble d'immeubles et de commerces agencés autour d'un espace et de promenades agrémentées d'eaux courantes. Au premier plan, un espace béant destiné à recevoir les aérateurs du parking souterrain. Le muret en brique au milieu de la place est l'escalier d'accès au parking et abritant une des machines de paiement automatique. 6 juillet 1976. Atelier municipal de photographie. Photographie N&B, 18 x 24 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 2149.

Occitan, occitane : trouvez l'intrus !


juillet-août 2015

Toutes les bibliothèques de Toulouse se doivent de posséder au moins quelques ouvrages en occitan, et les Archives municipales ne dérogent pas à la règle. Alors, bien sûr, je pourrais vous en dresser un inventaire à la Prévert, mais je ne le ferai pas : à vous de les trouver dans notre catalogue en ligne.

Pour vous aider, sachez que nous possédons des dictionnaires, des grammaires, des manuels, des revues, des bulletins pédagogiques, des anthologies de littérature et des bibliographies. Tout n'est pas rédigé en occitan (ce qui est, il faut l'avouer, beaucoup plus pratique pour les bibliothécaires venues des contrées lointaines du nord de la Loire...) mais la culture occitane fait l'objet d'un joli corpus dans nos collections.

Toutefois, lorsqu'on recherche le mot « occitan » dans le catalogue de la bibliothèque, notamment dans le champ « titre » et grâce à la troncature automatique (notez les indices...), on tombe sur un « intrus », avec une cote étrange... Titre : « Mutations et aménagements d'un espace central : la place Occitane à Toulouse » ; cote : TU31. Mais qu'est-ce donc ?

Il s'agit d'un mémoire de recherche, rédigé en 2005 par Paola Consonni, alors étudiante à l'Institut d'études politiques de Toulouse, sous la direction de Robert Marconis. Dit comme çà, çà ne semble pas exceptionnel... mais pourtant, ce travail très intéressant est désormais catalogué et conservé dans notre collection de « Travaux universitaires », cotés en TU (TU31).

Cette nouvelle rubrique a été créée récemment, afin de mettre en valeur cette typologie particulière de documents, qu'on ne s'attend pas toujours à trouver en dehors des bibliothèques universitaires. Pour y accéder, déployez le plan de classement de la bibliothèque, choisissez la rubrique adéquate puis votre domaine de prédilection, et laissez-vous tenter !

« A la poumpozi è grosso tailluro de la carriero des Capelies, que s'apélo M... D... ». chanson diffamatoire imprimée, 1740. Pièce à conviction jointe à la procédure criminelle, Passeray contre Idrac, du 2 mars 1740. Ville de Toulouse, Archives municipales, FF 784/1, n° 30.

Perles méconnues de la « langue vulgaire »


juillet-août 2015

Avant Mistral et le Félibrige, les poètes s'exprimant en occitan avaient déjà fait leurs armes. Et si les ancêtres du Félibrige n'ont jamais reçu la Cigale d'argent, beaucoup n'eurent certainement pas à rougir de leurs œuvres en des temps reculés.

Non, nous ne parlerons pas de Peyre Godolin ou d'autres poètes qui trônent aujourd'hui avec les muses.

Aujourd'hui nous remettons à l'honneur certaines œuvres anonymes ou sensées le rester.

J'admets qu'elles sont probablement d'une qualité douteuse (car trouvées dans des procès en diffamation, y versées comme pièces à conviction), et qui, si elles étaient en français, feraient rougir certaines dames et s'étrangler quelques bons messieurs.

Ces productions fleurissaient à Toulouse (comme ailleurs) particulièrement au moment du carnaval. La démocratisation de l'imprimerie dans le courant du 18e siècle permettait alors de débiter dans le public nombre de ces chansons ou « poèmes » caustiques, sarcastiques, licencieux, voire franchement orduriers. On trouve toutefois quelques exemplaires manuscrits, copiés à la main.

L'avantage de mes origines britanniques fait que je puis vous les livrer ici en toute innocence, et prétendre n'en comprendre un traître mot (j'en veux pour preuve de mon ignorance de cette langue « vulgaire » que je descends régulièrement à la mauvaise station de métro lorsque l'annonce de l'approche d'un quai est faite par la speakerine occitane).

Ceux qui voudraient mêler les plaisirs de la paléographie à ceux de l'occitan peuvent télécharger cette gentillette chansonnette manuscrite datée de 1770 (FF 814/6, n° 157, pièce à conviction), qui aura tout de même coûté à ses auteurs 120 livres d'amende ainsi que des excuses publiques devant la justice et les témoins choisis. Quant à la pièce imprimée de 1740, afin d'en profiter en plein écran, on se donnera la peine de cliquer ici.

Le Journal de la Résistance, n° 1009-1010, juillet-août 1991, première de couverture, détail. Ville de Toulouse, Archives municipales, REV 190.

" Le Journal de la Résistance " : pour ne pas oublier ceux qui ont su dire non


juin 2015

Dans la bibliothèque des Archives, il y a d'un côté les ouvrages, brochures, mémoires, rapports et autres livres anciens qui occupent sagement les étagères en attendant d'être consultés. Et puis, de l'autre, il y a les « périodiques », également appelés « publications en série », qui, comme leur nom l'indique, sont constitués de numéros qui paraissent plus ou moins régulièrement, au gré des jours, semaines, mois, saisons ou même années. Il s'agit de journaux, de bulletins, de revues, de presse généraliste ou spécialisée, de publications officielles ou d'organes de sociétés savantes. Bref, un joyeux mélange. De plus, certains titres sont « vivants », car la collection est en cours, et d'autres sont « morts », car leur parution a désormais cessé. Un vrai casse-tête en terme de gestion de l'espace, mais arrêtons-là avec les problèmes personnels...

Parmi « nos » périodiques, se trouve Le Journal de la Résistance, qui porte la cote REV190. Publié depuis 1969 par l'Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance, il s'agit d'un mensuel « vivant » (c'est la Bibliothèque nationale de France qui le dit : ici), même si la parution s'est quelque peu espacée ces dernières années.

Ce journal est très intéressant car il traite d'un sujet dont il n'est plus contemporain, ce qui lui autorise un certain recul sur les événements, mais avec une mise en page digne d'un quotidien national et même une rubrique « actualités » (liée notamment aux diverses manifestations de l'association). Malheureusement, notre collection est lacunaire et ne concerne que la période allant de 1983 à 1991. Toutefois, grâce à la généreuse proposition des Archives départementales de l'Aveyron, elle devrait bientôt s'étoffer de plus d'une cinquantaine de numéros manquants.

En effet, et c'est une grande chance, la coopération entre bibliothèques en Midi-Pyrénées est largement répandue, encouragée notamment par l'existence d'un plan de conservation partagée des périodiques. Cette bonne attitude (et habitude), qui consiste à connaître les différents titres conservés par les autres partenaires régionaux et à leur en proposer d'éventuels numéros en cas de désherbage des collections, est également adoptée pour les titres qui ne font pas partie du plan, comme c'est le cas pour Le Journal de la Résistance.Périscope [Sudoc] : copie d'écran

C'est ainsi que le journal de ceux qui ont su dire non pourra désormais être mieux conservé et partagé, parce que les bibliothèques de deux institutions différentes dans deux départements différents ont réussi à se dire oui.

L'asinade, ou le parcours infamant d'une maquerelle juchée sur un âne, d'après une gravure conservé aux Archives Nationales, ad-III-7.

Dire non avec aplomb


juin 2015

Des interrogatoires menés par les capitouls ou leurs assesseurs dans le cadre des procédures criminelles, nous ne connaissons que les verbaux consignés par les greffiers ; il y a fort à parier que ce sont là souvent des termes édulcorés, des phrases raccourcies qui furent notés.

A partir ce ces verbaux, impossible de déceler si l'on pratiquait une certaine forme d'intimidation, de persuasion, voire de violence afin d'obtenir des aveux (les annuaires n'existaient pas encore, et les Almanachs Baour qui firent leur apparition à la fin du 18e siècle n'étaient que de petits volumes).

Il est évident que les prévenus mentaient bien souvent et que ceux qui étaient coupables devaient nier tant qu'ils le pouvaient. Même face à la torture (rare et fort bien réglementée) on devait bien mentir.

Mais il y a une différence entre nier en bloc afin d'échapper à un châtiment que l'on sait peu agréable, et nier avec aplomb et arrogance.

Sur les quelque 3 000 affaires de justice criminelle des capitouls (en fin de la série FF) désormais disponibles aux chercheurs, il n'en existe que très peu où les accusés auront défié la justice par des réponses provocantes, ce qui se conçoit aisément quand on imagine que la peine risquait alors d'être alourdie en conséquence.

La palme revient donc à Françoise Peyrille, accusée (et plus tard convaincue) de crime de maquerellage. Dans un premier interrogatoire qui dut être mémorable, elle va tout nier en bloc, mais encore elle va jouer tour à tour la sotte et l'impertinente.

Malheureusement pour elle les témoignages à charge sont extrêmement accablants, et elle sera finalement condamnée à l'enfermement à vie au quartier de force de l'hôpital de la Grave (ce qui finalement n'est pas si mal, car de pareils cas prévoyaient la cage (plongée trois fois dans la Garonne) ou l'asinade (juchée à l'envers sur un âne, la coupable est promenée dans la ville à la vue de tous, puis bannie ou enfermée à vie).

Pour consulter l'ensemble de la procédure, il vous faudra venir en salle de lecture (FF 779/4, procédure n° 90) en revanche, afin de permettre à tous de se délecter de l'aplomb de Françoise Peyrille, vous pouvez incontinent télécharger la transcription de son interrogatoire du 7 août 1735.

Manuel Philè. De animalium proprietate, 1566. British Library, Burney ms. 97, fo 26 v., détail : dessin d'un porc épic et d'un serpent.

Le bibliothécaire, un rongeur qui s 'ignore...


mai 2015

C'est bien connu : quand on aime les livres, qu'on passe le plus clair de son temps parmi eux, on est un « rat de bibliothèque ».

Quand, en plus, on les collectionne et les emmagasine, pour proposer au public des ouvrages de référence et de solides pistes de recherche, on s'apparenterait presque à un écureuil.

De fait, en y regardant de plus près, on pourrait également se trouver des points communs avec le chien de prairie, toujours à l'affût... des nouvelles publications qui pourront enrichir nos collections. Collections jalousement et précieusement conservées par nos soins qui, à défaut de se manifester en montrant les dents (les incisives bien sûr), se traduiraient plutôt par une certaine propension à se mettre en boule, à la manière du porc-épic.

Alors, oui, cela peut faire peur, mais c'est pour la bonne cause ! Car tel un castor qui construirait un barrage contre l'obscurantisme (oups, là je m'enflamme un peu), nous tirons notre satisfaction des petits trésors, parfois méconnus, qui émaillent notre bibliothèque et viennent enrichir le bien commun.

Pour le constater par vous même, et consulter le catalogue de la bibliothèque en un clic de souris, rendez-vous ici.

Et rappelez-vous bien, la prochaine fois que vous croiserez un bibliothécaire, de vous méfier du porc-épic qui sommeille en lui !

Dessin pour les costumes des souris-laquais, ballet de Cendrillon. Michel Barthe, encre et gouache sur papier. Archives municipales de Toulouse, 20 Fi 716.

Eh bien : dansez maintenant !


mai 2015

Non, le titre ne s'adresse pas à la cigale de la fable mais bien aux souris qui logent présentement dans le magasin 12 des Archives de Toulouse (premier sous-sol, à droite en sortant de l'ascenseur principal).

Des souris aux archives ? Oui mais des souris danseuses. De celles que l'on a pu voir au Capitole en 1985 dans Cendrillon, le ballet de Prokofiev (chorégraphie de Jacques Fabre), et dont Michel Barthe imagina les costumes.

Car l'atelier des costumes du théâtre du Capitole, s'il n'habille évidement pas le personnel des Archives, effectue des versements réguliers de ses archives, et c'est ainsi que nombre de cartons, esquisses et même échantillons de costumes se retrouvent désormais dans nos fonds (magasin 12, vous vous rappelez), pour le plus grand bonheur des amateurs de théâtre, opéra et ballet.

Et pour ceux à qui le gris souris ne sied pas au teint, ils trouveront toute une variété de costumes masculins comme féminins, à porter à la ville comme à la campagne.

Bref, si vous êtes de ceux-là, un petit détour par la série 20 Fi s'impose immédiatement.

Toulouse accueille la Coupe du Monde en juin 98. 6 matchs à Toulouse ! , Mairie de Toulouse. 1998. Carte postale couleur, 9 x 14 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 3701.

Toulouse, ville de Coupes du Monde


avril 2015

Toulouse a eu la chance d'accueillir certaines rencontres de deux coupes du monde de football : la première (mais que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) en 1938 et la seconde, 60 ans plus tard, en 1998, remportée par l'Équipe de France par une belle (et festive) soirée d'été.

Au sein de nos fonds audiovisuels, la Coupe du Monde 1998 tient une belle place avec près d'une soixantaine de vidéos (majoritairement des rushes) réalisées par la Direction de la Communication de la Mairie de Toulouse sur le sujet tout au long du mois de juin : rencontres entre supporters au sein du « Village occitan » créé pour l'occasion au Cours Dillon, expositions culturelles organisées autour du ballon rond, spectacles et concerts, avant-matchs… Le résumé de cette Coupe du Monde, vécue par les Toulousains de l'intérieur, a fait l'objet d'un documentaire réalisé par la Direction de la Communication à partir de ces nombreux rushes. L'occasion pour Toulouse d'accroître sa notoriété à l'international en accueillant de nombreux supporters en provenance du Paraguay, du Danemark, du Japon, du Cameroun, des Pays-Bas, du Nigeria, d'Argentine ou encore d'Angleterre et d'Afrique du Sud. Voilà de quoi se réjouir dans la perspective du retour des grandes compétitions du ballon rond dans notre ville, d'ici un peu plus d'un an avec l'Euro 2016.

Et comme la Ville Rose reste la capitale de l'ovalie (et pour ne pas faire de jaloux), il existe aussi, dans nos archives audiovisuelles, des témoignages des matchs de la coupe du monde de rugby 2007 à Toulouse.

La plupart de ces vidéos sont accessibles en consultation sur rendez-vous aux Archives municipales de Toulouse.

« La Gazette du Tango », n° 38, janvier 1992, première de couverture, détail. Ville de Toulouse, Archives municipales, REV 132.

Le tango : une discipline artistique et sportive chère à Toulouse.


avril 2015

En effet, contrairement à la légende qui le dit né en Uruguay, c'est à Toulouse que naît le 11 décembre 1890 Carlos Gardel, l'inventeur emblématique du tango chanté, quand il s'appelait encore Charles Romuald Gardes. La preuve : ici

Surnommé le « Zorzal Criollo » (Rossignol créole), célèbre dans le monde entier, il disparaît tragiquement le 24 juin 1935 dans un accident d'avion, près de Medellin en Colombie. L'avion était immatriculé F31, F comme France et 31 comme la Haute-Garonne, le département où il naquit...
Pour préserver son souvenir, sa voix a été inscrite en 2003 au Registre «  Mémoire du Monde » par l'Unesco, à la demande de l'Uruguay.

Mais le tango à Toulouse est aussi lié à l'Aéropostale, la mythique compagnie aérienne qui desservait l'Amérique du Sud. Le festival international de tango de la Ville rose s'intitule d'ailleurs maintenant « Tangopostale ».

Il n'est donc pas surprenant de trouver dans nos collections des publications liées à cette danse si caractéristique, et notamment cette revue, réalisée par l'association « Carlos Gardel – Amis du Tango – Toulouse Tango » : La Gazette du Tango.

Pour connaître les numéros que nous conservons dans notre bibliothèque : cliquez ici.

« Livres des cries et proclamations commancé en l'année 1592 », registre des cris de Mathieu Micheau, crieur de la ville, puis verguier de la maison de ville. Archives municipales de Toulouse, BB 153 (ici folio premier)

Sonnez trompettes, résonnez hautbois, la lettre d'information Arcanes vient de tomber dans votre boite de messagerie !


fevrier-mars 2015

Imaginez maintenant  une cité moderne sans son magazine municipal d'information ni de propagande, sans presse quotidienne, sans chaîne de télé locale, ni site web, ni compte twitter, encore moins de newsletter électronique émanant de ses divers services, sans même une chaîne YouTube, bref un impensable retour à l'âge de bronze pour certains de nos ados boutonneux.

Et pourtant, il n'y a pas si longtemps que cela, l'information municipale circulait aisément (pas instantanément je vous le concède) par le biais d'un homme incontournable : « le crieur de ville ».
Cet homme, gagé par la municipalité était chargé de la publication des ordonnances promulguées par nos capitouls : interdiction de jeter des boules de neige, ban des vendanges, feu de joie en raison de la prise de Saint-Omer par les armées du roi, publication de la paix entre la France et l'Angleterre, fixation du prix de la viande de boucherie, bref tout y passait.
Précédé des trompettes de la ville, l'homme s'en allait par les rues de la ville, criait l'information, affichait des exemplaires imprimés aux principaux carrefours, et chacun en était ainsi informé.

Attendez, le crieur de ville a beau être un employé municipal, il peut aussi être engagé par d'autres institutions : le parlement fait appel à lui pour la publication de certains arrêts, le sénéchal, le viguier, l'archevêché, en usent aussi.
Et pour finir les simples particuliers ne sont pas en reste : vous avez perdu votre mâtin, une bague égarée, ..., faites-les crier (proposez aussi une récompense ça rend la chose plus efficace). Il ne vous restera plus qu'à convenir du circuit choisi et de la fréquence des arrêts et « cris », prix à débattre.

« Livres des cries et proclamations commancé en l'année 1592 », registre des cris de Mathieu Micheau, crieur de la ville, puis verguier de la maison de ville. Archives municipales de Toulouse, BB 153 (détail du folio premier).

« Livres des cries et proclamations commancé en l'année 1592 », registre des cris de Mathieu Micheau, crieur de la ville, puis verguier de la maison de ville. Archives municipales de Toulouse, BB 153 (détail du folio premier).

Certificats de criées rédigés par Jean-Pierre Sempé, huissier et crieur de la ville ; afin d'obtenir paiement, Sempé, et Pierre Pelissié, lors trompette, remettent aux capitouls un exemplaire imprimé de chaque ordonnance où il inscrivent leur « justificatif » de criée et affichage. Archives municipales de Toulouse, BB 166.

Copie d'écran de la page d'accueil du compte Scoop it ! des Archives municipales de Toulouse

Bibliothèques 2.0 : les Archives aussi s'y mettent !


fevrier-mars 2015

On a souvent une image un peu désuète des bibliothèques, temples du savoir un peu poussiéreux, où rôdent sans bruit de vieilles personnes qui, binocles sur le nez, vous intiment, avec force et détermination, le silence. Cela est encore plus vrai dans un service d'archives, où l'on ne sait pas toujours qu'il existe même une bibliothèque.

Eh bien, cette époque est non seulement révolue, mais loin derrière nous. Désormais, les bibliothèques font du bruit, notamment sur internet où elles s'affichent (catalogue en ligne, bibliothèque numérique, blog... ) et, c'est nouveau, partagent. Et qu'ont-elles à offrir ? Des ressources et un savoir-faire, pardi !

La bibliothèque des Archives met ainsi à votre disposition trois pages sur « Scoop it ! », un outil de curation en ligne, qui permet de partager des articles d'actualité en lien avec des problématiques que nous avons préalablement choisies : revue de presse des Archives municipales, patrimoine et archives à Toulouse, valorisation du patrimoine architectural toulousain. Cette veille documentaire est quotidienne et les pages sont régulièrement mises à jour. Elles s'adressent à tous et sont librement accessibles ici.

Il est vrai qu'on peut légitimement se demander quel est le rapport avec les bibliothèques classiques, celles où l'on venait consulter des ouvrages... Techniquement, aucun, si ce n'est la capacité du bibliothécaire à dénicher pour vous l'information qui vous sera utile, et qui vous manquait, qu'elle soit bien cachée au fin fond d'un rayonnage ou noyée au milieu des flux d'informations qui inondent la toile...

Alors, profitez-en, nous sommes à votre service !

T.L.T, le plateau à 19h30. Alexandre, Francis. 1988. Négatif noir et blanc, 24x36. Archives municipales de Toulouse, 15FI5774

Un média audiovisuel local : TLT


fevrier-mars 2015

Le fonds audiovisuel des Archives municipales de Toulouse est majoritairement constitué des prolifiques productions de la Direction de la communication de la ville. En effet, ce sont quelques 3500 documents conservés au frais et au sec qui retracent les grands événements, les grands chantiers, les grandes innovations de la ville rose depuis le milieu des années 1980.

Parmi ces productions figurent bon nombre de magazines, reportages ou émissions destinés à une diffusion sur la chaîne télévisée locale : Télé Toulouse. Plus connue sous le sigle « TLT », elle a été créée en 1988 et a vu les débuts de quelques personnalités locales comme les Chevaliers du Fiel. Aujourd'hui, TLT émet depuis l'Arche Marengo, à deux pas de la Médiathèque Cabanis et de l'INA Pyrénées. Ses programmes sont variés : retransmissions sportives, débats, émissions culturelles, reportages sur des sujets d'actualité...

Certaines de ces productions destinées à TLT sont consultables (selon les supports) sur rendez-vous aux Archives municipales.

Extrait de l'« Audition sur la scellette de Pierre Dulong, dit Pierre Souquet, autremant Vibes dit Lingâ », cahier R. Archives municipales de Toulouse, FF 744.

A trop se casser la voix… on finit bien par avoir la langue percée.


Aux âmes non sensibles, nous proposons de partager les paroles intégrales d'une chanson méconnue chantée dans les prisons de l'hôtel de Ville. Leur interprète est un personnage singulier ; en effet Pierre Souquet-dit-Le-Rouge (autres noms de scène : Pierre Dulong, ou encore Vibes dit Linga), fut condamné à être pendu pour cas de vols multiples. Manque de chance pour lui, les magistrats municipaux sensibles à ses élans musicaux dans les prisons, ajoutèrent à sa peine celle d'avoir la langue percée.
Le 29 juillet 1700, le greffier qui note l'audition, habituellement rompu en cet exercice que de « lisser » certaines paroles ou termes entendus, va cette fois-ci se laisser aller à noter intégralement les paroles de la « chanson extrêmement sale et impie, conçue aux termes qui suivent » :

Bien entendu nous vous laissons le soin d'en faire la transcription vous-même, et suggérons aux meilleurs paléographes d'entre vous de ne pas chantonner cela devant des enfants ni encore devant des… magistrats municipaux, vous pourriez y perdre votre langue.

Extrait de l'« Audition sur la scellette de Pierre Dulong, dit Pierre Souquet, autremant Vibes dit Lingâ », cahier R. Archives municipales de Toulouse, FF 744.

Carnaval 1987. Mairie de Toulouse, 1987. Photographie, négatif couleur, 2,4 x 3,6 cm. Archives municipales de Toulouse, 15 Fi 4002.

Quand on parle de chanson à Toulouse, Claude Nougaro n'est jamais bien loin...


L'enfant du pays, né dans la ville rose en 1929, nous a quitté il y a déjà 10 ans mais sa musique et ses paroles restent dans toutes les mémoires. Le concert du 14 juillet dernier, sur les berges de Garonne, lui a d'ailleurs rendu hommage avec la participation de plusieurs artistes venus réinterpréter certains de ses plus grands succès.

« Les lumières du Music-Hall », un documentaire réalisé en 1996 par P6 Productions, et diffusé sur France 5 (à l'époque appelée « La Cinquième »), retrace sa vie, comme une biographie imagée. Au travers de photographies, d'images d'archives et d'extraits d'émissions télévisées, nous pouvons ainsi revivre (ou vivre, pour les plus jeunes d'entre nous) son enfance toulousaine, puis ses débuts dans les années 1950 à Paris et enfin ses années au sommet de la scène musicale française. Le documentaire revient aussi sur ses influences (musicales et littéraires) et ses rencontres.

Ce documentaire, coté 21 AV 468, est accessible en consultation sur rendez-vous aux Archives municipales de Toulouse.

Bas-relief de l'ancienne salle de spectacle, actuellement dans le hall du cinéma Utopia. attribué à Marc Arcis. Collection particulière.

Un cinéma où les muses veillent depuis … des siècles


Le cinéma l'Utopia, rue Montardy..., inutile de s'étendre là-dessus, d'autres l'ont déjà fait dans ce numéro d'Arcanes.

Alors que dire, si ce n'est que le lieu fut béni des dieux (ou des muses) depuis la fin du 17e siècle et peut-être même avant.

Ici se trouvait la grande salle de spectacle de Toulouse, seulement concurrencée dès 1738 par la construction de celle de l'Hôtel de ville (Capitole si vous préférez). Opéra, spectacles de danse, théâtre tragique ou comique, tout le répertoire traditionnel y fut joué.

Mais loin d'être une salle classique, le futur Utopia se démarquait peut-être déjà.

On y a joué des spectacles de marionnettes, et on y a même présenté des feux d'artifice.

Las, les muses devaient être assoupies en ce 20 août 1748, puisqu'une fusée du feu tiré ce soir-là, « égarée » à l'atterrissage, devait plus tard dans la nuit enflammer la salle entière.

Un dernier spectacle qui, la nuit durant, allait illuminer la ville entière ; véritable son et lumière, avec en vedette une trentaine de charpentiers, les soldats du guet, les pompes de la ville, des cris sûrement, le fracas des cognées des charpentiers qui essaient de circonscrire le feu, le va-et-vient des soldats qui, à la hâte, évacuent les meubles des maisons voisines vers la chapelle des Pénitents Bleus. Bref, un tragique clap de fin.

Mais les muses veillent et, tel un Phœnix, le lieu retrouve sa splendeur et rouvre au public quelques années plus tard pour devenir salle du Concert.

Les années, les décennies, les siècles ont passé ; la muse de la Musique, désormais devenue vieillissante a laissé la place à sa cadette, la muse du Cinéma.

Pour aller plus loin : verbal de l'incendie arrivé dans la nuit du 20 au 21 août 1748 (101 B 224 communicable sur demande)

File d'attente devant le cinéma pour voir Carmen. Négatif N&B. Jean Ribière. Photographie 2,4 x 3,6 cm. Archives municipales de Toulouse, 41 Fi 163.

Les origines de l'audiovisuel : la naissance du cinéma



Les archives audiovisuelles, et plus largement l'audiovisuel, ont une origine commune qui remonte à la fin du 19e siècle.

Dès 1892, des projections de dessins animés sont organisées par Emile Reynaud, considéré comme l'inventeur du genre. A cette époque, existent déjà le Kinétographe et le Kinétoscope de Thomas Edison, deux appareils permettant d'enregistrer et de visualiser une œuvre photographique avec l'illusion du mouvement. Auguste et Louis Lumière, deux industriels de Lyon, vont s'en inspirer.
En 1895, ils mettent ainsi au point une machine capable d'enregistrer et de projeter des images animées : le Cinématographe. Le 28 décembre 1895, 35 spectateurs assistent à la première projection publique et payante, organisée à Paris. Dix films de quelques secondes chacun y sont diffusés, dont le premier des Frères Lumière : La sortie des usines Lumière à Lyon.

Dans les années suivantes, seront progressivement créés la technique du montage (1898), les premiers effets spéciaux (par Georges Méliès et son « Voyage dans la Lune », 1902) et dans les années 1910 viendra l'avènement du cinéma hollywoodien.

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