L'image du moi(s)


Chaque mois, petit billet d'humeur et d'humour à partir d'images conservées aux Archives. Forcément décalé !

Image du moi(s) - année 2024


Illuminations de Noël à Toulouse, décembre 1999, positif couleur, 3,6 x 2,4 cm. Direction de la communication – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi12748/4

décembre 2024


Décembre plein les yeux

Alors que je m’ennuyais ferme en cours de latin, je me souviens qu’un groupe nommé Sol Invictus  fit son apparition dans la scène néofolk de la fin des années 1980. L’espace de quelques semaines, l’antique langue m’était devenue désirable, mais au grand désespoir de mes parents ce ne fut qu’une passade. J’appris plus tard que le toulousain Georges Soulès, dit Raymond Abellio, écrivain et philosophe membre du mouvement d'inspiration fasciste MSR durant l'Occupation, avait aussi choisi ce nom comme titre de son autobiographie.
Mais Sol Invictus est avant tout un culte glorifiant la victoire de l’astre diurne sur les ténèbres, littéralement le « soleil invaincu », célébré le 25 décembre dans la Rome impériale. La date n’est pas anodine, celle du solstice d’hiver pour les Romains, « syncrétisée » par les chrétiens pour en faire le jour de la naissance du Christ. Il n’en demeure pas moins que la célébration de la lumière a perduré, au point que l’on pourrait même voir aujourd’hui dans les illuminations de Noël, la résurgence de ces croyances anciennes.
Hasard ou coïncidence, le mois de décembre a donné lieu à de grands embrasements dans notre ville mais dans un registre nettement moins réjouissant. Ainsi, le 22 décembre 1389, le peu scrupuleux Jean de Bétisac, lieutenant général du Languedoc, haï de ses contemporains qui le jugeaient « mauvais, faulx, ingrat, oultrageux » est brûlé vif, place du Salin, sous les yeux du roi Charles VI. Quelques siècles plus tard, le 9 décembre 1609, les Annales de la ville de Toulouse rapportent qu’un incendie ravage le chœur de la cathédrale Saint-Etienne entraînant la destruction irrémédiable du retable et du tombeau en bronze de Bertrand de l’Isle. Moins dramatiquement, le 5 décembre 1792, les autorités montent un bûcher sur la place du Capitole pour réduire en cendres 56.822 livres, 3 sous et 6 deniers de billets de confiance émis par le District et la Ville depuis 1790. Une solution radicale pour éponger ses dettes.