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Le signe de Zéro

Villa à Hossegor (Landes), 2 octobre 1929. Armand Courtois de Viçose - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 16Fi91/61.

Le signe de Zéro


octobre 2025

Moins que zéro est un roman de Bret Easton Ellis publié en 1985 où l’on suit la jeunesse dorée californienne expérimentant le triptyque « sexe, drogue et rock’n roll » dans ses aspects les plus troubles. De ces adolescents blasés, évoluant dans un état second au bord des piscines de villas luxueuses, émane une sensation de vide intense, corollaire de l’ennui. L’ennui, cet état d’aphasie, qui nous paraît aujourd’hui bien étrange tant il a déserté nos vies bombardées vingt-quatre heures sur vingt-quatre d’informations jusqu’au bout de nos doigts. Et malgré cela, une sensation de vacuité se fait jour. Car, en vérité, ces contenus numériques composés de 0 et 1 sont pleins de vide. C’est ce vertige qui en pousse certains à fuir le monde connecté, passant de community manager à berger en zone blanche. Mais ce ne sont pas quelques moutons et patous qui vous empêcheront de consulter le numéro 168 d’Arcanes, placé sous le signe du zéro, et dont le sommaire prendra en conséquence la forme d’un compte à rebours. 

Six suivi de zéro : soit les 60 ans de carrière de Jean Dieuzaide durant laquelle il produisit une œuvre considérable qui fut classée, organisée et numérotée selon les bons soins de Jacqueline, sa femme. 

Cinq degrés est une température correcte pour l’intérieur d’un réfrigérateur. On ne sait quelle atmosphère régnait dans les trois glacières toulousaines d’Ancien Régime mais elle permettait de conserver de la glace une grande partie de l’année. 

Quatre comme les quatre C de la devise des archivistes : collecter, classer, conserver, communiquer. Après s’être appliquée durant des décennies aux archives papier, elle concerne tout autant à présent les documents natifs numériques.  

Trois fois de suite un bâtiment emblématique du quartier de la Daurade fut réhabilité : d’abord monastère transformé en manufacture de coton, et ensuite de tabac, il finit en école des Beaux-Arts avec l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. On parlerait aujourd’hui d’appropriation architecturale, ce qui est toujours préférable à la table rase. 

Deux années, huit capitouls, une école de médecine. Autant d’éléments qui sont à l’origine d’une sculpture disparue (et heureusement photographiée) portant la marque de l’arrivée du zéro à Toulouse. 

Un accès momentanément impossible à notre base en ligne, l’occasion de venir nous rencontrer IRL, d’être conseillé dans vos recherches et accessoirement d’utiliser notre base intranet à disposition sur les postes informatiques de notre salle de lecture. 

Zéro.