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Farfara

"Tussilago Farfara L. Petasites officinalis M.", avec inscription manuscrite : "Pas d'âne tussilage, les feuilles sont bonnes". Phototypie en couleur, planche XVI, publiée dans “l'Atlas végétal des plantes médicinales citées dans Ma cure d'eau", de Sebastian Kneipp, curé à Wörishofen en Bavière (traduit de l'Allemand en 1894). Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-F-2001-7-612-16.

Farfara


juillet - août 2025

En été, certains gambadent dans les prés pour conter fleurette, d’autres courent les champs afin d’herboriser. Avec la recette de l’eau de farfara, nous vous proposons d’aller cueillir, non pas les roses de la vie, mais bien des brassées de fleurs pour préserver cette même vie. 

Car ce voyage botanique nous mène en novembre 1652, alors que sévit la dernière épidémie de peste à Toulouse. Tous les remèdes sont bons pour tenter de se prémunir du mal, et l’eau de Farfara en est un, à tel point que les capitouls n’ont pas hésité à mandater l’apothicaire Savinien Guéride pour en confectionner1
Il vous faut d’abord trouver le farfara (Tussilago farfara) avec sa racine, c’est une évidence ; vous cueillerez ensuite de l’angélique odorante de Bohème (Angelica archangelica), de la tormentille (Potentilla erecta). Ajoutez à cela une bonne livre de coriandre préparée (Coriandrum sativum), autant de baies de genévrier (Juniperus communis), moitié moins de gentiane (Gentiana lutea). 
Vous n’êtes pas au bout de vos peines, car sitôt revenu pour déposer votre cueillette, vous devrez repartir quérir de l’osmonde royale (Osmunda regalis), cette fois, juste la racine fera l’affaire. Ajoutez-y quelques bouquets de succise2 des prés (Morsus diaboli). Ces deux dernières plantes se trouvent non loin d’ici, entre Garonne et Touch, au château Saint-Michel. Si votre panier n’est pas encore rempli, poussez jusqu’à Blagnac où poussent campanules (Campanula), chardons bénis (Centaurea benedicta) et citronnelle (Artemisia abrotanum). 
Repassez la Garonne et dirigez-vous vers Pech David d’où vous pourrez rapporter « les herbes nécesseres comme sont l’ulmaria, scabieuse, pimpinelle sauvage, romarin, rue, tussillaguo ». 
On vous laisse remettre ces dernières jonchées de fleurettes en français moderne et en latin, si vous en avez le courage, car il vous faut désormais commencer la préparation et vous munir d’un fourneau, de bassines, de mortiers et d’un alambic. 
Ah, une fois le feu allumé, rajoutez à la décoction frémissante six onces de clous de girofle (Syzygium aromaticum) et une demi-livre de cannelle (Cinnamomum). 

Après huit bons jours de distillation, filtrez et mettez en bouteille. 

Si vous souhaitez découvrir d’autres remèdes et leur composition, les capitouls ont pensé à tout, car cette même année, ils ont financé la réédition du “Bref recueil des remedes les plus experimentez, pour se preserver, & guerir de la peste”, par Jean de Queyratz3

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1 . Comptes du trésorier pour l’année 1652, chapitre des dépenses pour la peste : CC 2098, f° 431v ; et détails de la confection de l’eau de farfara : GG 1004, n.f..
2 . Ne confondez pas avec de la saucisse, ça marchera beaucoup moins bien.
3 . Comptes du trésorier pour l’année 1652, chapitre des dépenses pour la peste, CC 2098, f° 210-210v.