ARCANES, la lettre

Dans les fonds de


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archive ou de ressources en ligne. Retrouvez ici une petite compilation des articles de la rubrique "Dans les fonds de", dédiée à la présentation de documents issus de nos fonds.

DANS LES FONDS DE


Zone verte de Sesquières, entrée du camping municipal de Rupé, 1982. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi4385.

Poser ses valises "au Rupé"


janvier 2018

L'hiver est bien installé et voilà que nous pensons déjà à la chaleur, aux grillades et longues soirées d'été. Pour cette invitation au voyage, pourquoi ne pas songer à poser ses valises au camping municipal de Rupé ?

Situé près de la zone verte de Sesquières, au 21 chemin du Pont de Rupé, il doit son nom à un maître chaussatier (artisan du textile), Jacques de Rupé, qui possédait une métairie en ce lieu au 16e siècle. Pour développer le tourisme, la Ville, a acheté, en 1962, une parcelle de 28 000 m², a procédé à l'aménagement des installations et a décidé le classement du camping de Rupé dans le domaine public communal en 1970. Depuis sa création, la Ville a assuré son exploitation en régie directe.

Mais pour maintenir le classement du camping en trois étoiles, moderniser l'équipement et étendre la capacité d'accueil (jusqu'alors fixée à 600 campeurs), en 1991, il a été décidé de confier à un professionnel, par contrat de concession, l'ensemble des missions de construction, d'exploitation et de développement des activités de camping caravaning. C'est ainsi que la Société Financière Midi-Pyrénées s'est vue confier la délégation de service public de cet établissement pour une durée de 30 ans.

Lettre adressée à sa majesté l'empereur Napoléon III par J. Roaldès, ancien conseiller municipal au sujet de la construction d'un pont devant la gare de Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Z449/1 (détail).

Quand les valises tombaient dans le canal


janvier 2018

Après maintes discussions et incertitudes sur son emplacement, la gare Matabiau fut inaugurée le 31 août 1856, en présence de l'archevêque Mgr Rioland, qui bénit 4 locomotives ornées de drapeaux, consacrant la ligne Bordeaux-Cette. La compagnie ferroviaire du midi s'était engagée à édifier un pont afin de permettre la circulation entre la ville et la gare, mais devant l'ampleur et le coût des travaux, la construction pris du retard. De ce fait, de nombreux voyageurs, ne pouvant s'offrir l'omnibus qui empruntait les contre-allées Louis Napoléon pour acheminer les voyageurs en ville, marchaient tout droit en sortant de la gare et tombaient dans le canal avec leurs valises.

Déjà en novembre et décembre 1857, plusieurs voyageurs furent repêchés sains et saufs mais leurs valises furent perdues ou bien détériorées. Malheureusement, le drame prévisible s'avéra et, le 20 janvier 1858, un soldat du 93e régiment qui venait d'Afrique se noya. La liste des incidents s'allongea encore le 11 février 1859. C'est ainsi que Le Journal de Toulouse relata que « vers 6 heures du soir, Gustave Saver, sergent fourrier au 88e régiment était tombé dans le canal en sortant de la gare et que heureusement il savait nager ».

C'en était trop, M. Roaldès, ancien conseiller municipal décida d'agir et envoya une requête à Napoléon III, empereur des Français et à M. Boselli, préfet du département. Sans doute fut-il entendu puisqu'en 1860 la construction du pont Bayard (aujourd'hui du 19 mars 1962) fut décidée et confiée à l'ingénieur Urbain Maguès.

Détail du plan de la façade Sud-Ouest de la résidence l'Orée du Bois (extrait du permis de construire délivré en 1974). Ville de Toulouse, Archives municipales, 614W422.

À l'Orée du bois


décembre 2017
En juin 1974, la ville de Toulouse accorde le permis de construire à la SARL MAP Saurat, une société civile immobilière familiale, pour la construction d'une résidence  étudiante située 71 rue Aristide Maillol, à deux pas de la nouvelle université du Mirail. Elle se distingue alors par sa forme, car construite sur le modèle d'un tripode de 9 étages, et par le nombre de logements (399), essentiellement des studios.
Malgré un si joli nom, tout n'est pas rose à l'Orée du Bois… Est-ce d'ailleurs pour cela, qu'en 1987, l'assemblée générale des copropriétaires change le nom pour devenir Les Castalides ? Assez rapidement la résidence souffre d'une mauvaise fréquentation et d'une gestion inadaptée. Vandalisme, insécurité, squats, trafic de drogue, insalubrité sont le lot quotidien des habitants. Dans ce contexte, un arrêté municipal d'urgence pour l'évacuation de l'immeuble est pris le 26 août 2013. En parallèle, la ville de Toulouse entreprend le rachat progressif des logements dans le but de démolir la résidence. Une démolition initialement prévue pour l'automne 2017...
Croix en bois de carolin, détail d'un dessin accompagnant la déclaration de cambriolage au couvent des Jacobins en 1967. Ville de Toulouse, Archives municipales, 332W82.

Croix de bois, croix de fer...


décembre 2017

« Si je mens, je vais en enfer ! ». C'est certainement ce que s'est dit un vieux monsieur l'an dernier avant de passer de vie à trépas. Cinquante ans plutôt, cet individu dont nous tairons le nom, participe à un cambriolage au Couvent des Jacobins. Il en profite pour dérober, entre autres objets du culte, une croix de procession en bois de carolin. En 2016, à l'aube de sa vie et pris d'atroces remords, il décide de confier ce qui subsiste de son larcin à un prêtre.
Pierre Esplugas-Labatut, adjoint au maire en charge des musées de Toulouse, expliqua alors à la presse que la preuve de ce vol avait été trouvée parmi les documents des Archives municipales de la ville.
Nous vous invitons aujourd'hui à découvrir les pièces de cette affaire conservées aux Archives dans le dossier portant la référence 332W82. En téléchargeant le fichier pdf, vous pourrez ainsi consulter :
- la copie pelure du courrier rédigé par Denis Milhau, conservateur du musée des Augustins, adressée au commissaire du 1er arrondissement, le 31 janvier 1967,
- la liste des objets dérobés,
- les croquis de ces derniers,
- et deux photographies de Jean Dieuzaide montrant un fragment sculpté et la fameuse croix en situation.

Encore un exemple de l'intérêt de bien gérer ses archives !

 

Catalogue de la XXX° Exposition Canine Internationale. C-A-C, Toulouse 26 octobre 1958. Parc des Expositions. XI° quinzaine de Arts Ménagers. Imp. A. Gomes. Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Z370/1.

Quant la canne devient canine à quatre pattes.


novembre 2017

Notre engouement pour ne pas dire notre passion pour nos amis à quatre pattes est assez récente. En effet, il fallut attendre mai 1863 pour que les Parisiens puissent assister à la première exposition canine organisée en France.

Cette manifestation se déroulait au jardin d'acclimatation du bois de Boulogne, à Paris. Le but était de réunir une collection de chiens aussi complète que possible afin de distinguer les races pures, utiles ou d'agrément et les croisements à conserver. Bien qu'elle se déroule sous l'égide de Napoléon III, elle intéressa assez peu les Français, et ce n'est qu'en 1881 que la société centrale canine vit le jour. Les  débuts furent modestes car contrairement à l'Angleterre, les Français étaient indifférents à l'élevage de chiens de pure race. D'ailleurs, la société ne sera reconnue d'utilité publique que le 28 avril 1914.

A Toulouse, dès la fin des années 20, une exposition canine internationale fut organisée annuellement, révélant ainsi tout l'intérêt que nous portons désormais à nos animaux de compagnie. Le don de Madame Hermet nous permet de feuilleter une jolie collection des catalogues officiels de ces expositions, allant de 1958 aux années 2000.

Vie des Archives. Archives municipales de Toulouse, 2 rue des Archives. 26 mai 2016. Reportage de 341 clichés sur la vie des Archives de Toulouse réalisé pour la journée internationale des Archives du 9 juin 2016. Ici est illustrée la recherche documentaire, dans un magasin plein. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4num12/95.

Un festival de cannes !


novembre 2017

A l'heure où tout se calcule, la canne, cette ancienne mesure remplacée par le système métrique, pourrait être réhabilitée le temps d'une lecture.

Les Archives municipales, c'est plus de 800 ans d'histoire : quelle distance, n'est-ce pas ? C'est d'autant plus vrai que, mises bout à bout, les archives conservées dans notre bon vieux réservoir de Bonnefoy représentent désormais la distance qui nous fait, à vol d'oiseau, traverser Toulouse, depuis sa limite avec Portet-sur-Garonne, jusqu'à ses confins avec Launaguet et l'Union. Alors, combien de cannes ? Grosso modo, sous l'Ancien Régime, on comptait 725 cannes. Et comme l'administration se modernise, on vous le donne en kilomètres : 14,5. Pour les sportifs des randos vélos, c'est une heure de bécane.

Avec la prise en charge des PACS par les mairies, ce sont 130 mètres de dossiers actifs que le tribunal d'instance va transférer aux services communaux… soit la longueur de la rue de Cannes !

Face à un tel volume, l'archiviste chicane, puisque ce sont désormais en moyenne 200 cannes (vous convertirez vous-mêmes) de dossiers et maquettes qui concourent chaque année à repousser nos statistiques, hélas bien plus extensibles que nos murs. Des murs qui ont une capacité de conservation de 2734 m², soit 1367 cannes carrées. Tempête dans un verre d'eau... ou hurricane dans un réservoir ?

Attention danger !


octobre 2017

Affiche annonçant une enquête publique sur l'établissement d'une porcherie au quartier de Périole, 1902. Ville de Toulouse, Archives municipales, dossier EC23, 119W3.Fin 19e, le bureau de l'Hygiène de la mairie de Toulouse est chargé de donner son avis sur les installations classées, à savoir toutes les industries susceptibles d'être dangereuses, insalubres ou d'incommoder leur voisinage immédiat.

Cette surveillance, organisée par les préfectures dans l'intérêt de la salubrité et de la sécurité publique, remonte à la fin du 18e siècle, lorsque l'explosion de la fabrique de poudre de Grenelle entraîna la mort de près de 1 000 personnes.
À Toulouse, les dossiers d'inspection des installations classées nous permettent d'avoir un panorama des activités artisanales et industrielles présentes sur le territoire depuis plus d'un siècle. On redécouvre par exemple les métiers de la fin du 19e siècle, à une époque où les vacheries, laiteries et porcheries étant en plein cœur des villes et où vous pouviez avoir une usine de fabrication de peignes et boutons en os au pas de votre porte, ce qui suscitait, quelques fois, des frictions entre les différents protagonistes.

C'est ainsi qu'en 1907, les voisins d'un chiffonnier établi rue de l'Industrie attirèrent l'attention de la municipalité en ces termes : « Il se dégage journellement des odeurs nauséabondes provoquées par les dépôts d'os et de peaux de lapins fraîches, [établissant] un véritable foyer d'infection ». Charmant !


Liens vers les fonds concernant les installations classées : 119W ; 274W ; 293W ; 755W ; 813W ; 1157W

Bourdon (?) écrasé dans un registre ancien. Ville de Toulouse, Archives municipales.

Attention le bug !


octobre 2017

Il vole, il vole le bourdon. Mais celui-ci était mal avisé lorsqu'il a entrepris de se poser sur la page de garde d'un registre laissé ouvert, En effet, le malheureux ne se doutait pas que le commis en charge de la tenue du livre veillait et que, dans un éclair, ce dernier aller refermer brusquement le volume !
Pim, paf ! Fixé pour l'éternité au registre...

Mieux encore, cet employé aux écritures du moulin du château Narbonnais qui, a réussi le tour de force d'en avoir cinq d'un coup. Oui, cinq ! Alors qu'il inscrivait les entrées de blé et le millet en cette année 1735, cinq mouches vinrent innocemment s'y poser. 14Z110 - cimetière de mouchesD'un coup magistral, elles y furent joliment aplaties pour l'éternité - ou presque. Il faut dire que nos commis du moulin s'était longuement entraîné auparavant, car une grande partie de ce "Livre des mistures", est un véritable cimetière de mouches !
Et si d'aventure un bug vrombissant se trouvait dans une salle de lecture d'archives ou de bibliothèque, là, à tournicoter et vous agacer, à vous déconcentrer dans votre recherche, de grâce ne vous prenez pas pour le vaillant petit tailleur du conte de Grimm, qui a réussi le tour de force d'en avoir sept d'un coup, respectez les documents (et éventuellement le monde animal).

Cartes de chômeurs extraites du fonds 164W des Archives de Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales.

Le chômage à la carte


septembre 2017

Le fonds municipal de chômage de la ville de Toulouse a été créé en 1927 et cessera toute activité en 1969. Les archives de cet organisme viennent d'être reclassées et constituent le fonds 164W, désormais consultable par tous.

Ces documents livrent aux chercheurs une formidable source pour l'étude de l'histoire sociale toulousaine, mais aussi un panorama des dépressions économiques qui auront pu frapper le pays et plus particulièrement la ville. On y perçoit clairement l'essoufflement de certains secteurs d'activités, comme la chute d'entreprises locales.

Finalement, ces archives permettront peut-être de tordre le cou à certaines idées reçues, car les femmes y figurent en aussi grand nombre que les hommes, preuve s'il en est de l'importance des femmes dans le monde du travail, impulsée par la mobilisation générale de la première guerre mondiale.
 

Florilège de pièces d'un dossier individuel, fonds 164W des Archives de Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales. On pourra y consulter trois types de documents :

- les volumineux registres d'inscription des chômeurs entre 1932 et 1968 ;
- une sélection de cartes individuelles d'allocataires et de bénéficiaires de secours. Roses pour les femmes, ocres pour les hommes et vertes pour les étrangers, ces cartes ont été patiemment triées, amoureusement dépoussiérées et tendrement conservées afin de suppléer aux lacunes de certains registres d'inscriptions (ceux des années 1934, et 1937 à 1939).
- et finalement des échantillons de dossiers individuels où se mêlent divers formulaires d'inscription, de radiation, de réinscription, des rapports d'enquête sur la moralité des demandeurs, les certificats de travail de précédents employeurs, les cartes de pointage, etc.

Pour découvrir ce fonds d'archives, munissez-vous de votre carte de lecteur, et on vous donne rendez-vous tôt le matin en salle de lecture.

Menu du banquet offert par des élèves le 17 janvier 1914, conçu par le Grand-Hôtel et Tivollier. Toulouse : Imprimerie Cléder (1914), Ville de Toulouse, Archives municipales, 14Fi205 (détail).

Au menu de la bibliothèque...


septembre 2017

Ah… septembre ! Le temps de la rentrée des classes, des Journées du Patrimoine, de l'arrivée de l'automne... Bref, le dur retour à la réalité après des vacances bien méritées. Alors, pour reprendre en douceur, ce mois-ci le chef vous propose :
• une sélection d'atlas (la forme ultime de la carte en bibliothèque...),
• une séquence souvenir, avec la présentation de notre collection d'une revue régionale consacrée aux cartes postales anciennes,
• un assortiment de menus toulousains, collectionnés avec ferveur par André Hermet (pour se mettre l'eau à la bouche),
• et, pour terminer sur une note festive, mais néanmoins avec modération, une monographie sur le vignoble aquitain, qui éclairera peut-être votre choix lors de la prochaine foire aux vins...

Et si vous souhaitez prolonger l'expérience en mitonnant à votre tour quelques mets dignes de figurer sur la carte, n'hésitez pas à consulter notre catalogue en ligne : vous y trouverez certainement l'inspiration !

Fac-similés de cartes de clubs révolutionnaires toulousains. - Ville de Toulouse, Archives municipales, 190W142/1.

Révolution'air !


juillet-août 2017

Les archivistes ont parfois leurs raisons que la raison ignore… ! Au hasard de mes pérégrinations dans nos magasins d'archives, je suis tombée un jour sur une boîte dont le contenu m'a plus qu'étonnée : un ensemble hétéroclite d'objets commémoratifs du bicentenaire de la Révolution française (aérosol judicieusement nommé « Parfum de Liberté », boîtes d'allumettes, sachets de sucres, cartes de jeu, tickets de métro parisien, serviette en papier, … !).

 Fac-similés de cartes de clubs révolutionnaires toulousains. - Ville de Toulouse, Archives municipales, 190W142/2.En poussant mes recherches un peu plus loin, il s'est avéré que cette boîte était issue d'un versement des Archives municipales elles-mêmes (les archives des Archives en quelque sorte). L'un de mes prédécesseurs, à une époque où je n'étais pas encore née, avait consciencieusement collecté un florilège de goodies (comme on dirait de nos jours) célébrant cet événement historique. Un seul d'entre-eux est véritablement en lien avec les fonds des Archives municipales : un fac-similé de cartes de clubs révolutionnaires toulousains dont l'original est effectivement conservé dans nos locaux dans le dossier 4S46. La boucle est bouclée !

Bicentenaire de la Révolution française, 1789-1989. Carte postale couleur à caractère publicitaire, 14 x 9 cm. Édition Guy : Paris (1989). – Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4381.

Une bibliothèque en [r]évolution


juillet-août 2017

Ah le 14 juillet ! Ses défilés, ses concerts, ses feux d'artifice… Vous comprendrez qu'on évitera soigneusement d'expérimenter cette dernière facette de la fête nationale dans notre bibliothèque. Toutefois, pour rester dans le sujet, nous pouvons vous proposer une approche plus « classique », comme une sélection d'ouvrages et de revues sur la Révolution française.
D'ailleurs, en parlant de « révolution », notre base de données est en train de connaître certaines améliorations, pour l'instant invisibles du grand public, mais qui vont permettre d'échanger des informations sur nos collections avec d'autres institutions patrimoniales. Un projet de portail régional commun est même en préparation. Mais chut… nous vous en reparlerons bientôt.
Alors, en attendant, n'hésitez pas à profiter de la pause estivale pour consulter notre catalogue en ligne et, pourquoi pas, à venir nous rendre visite en salle de lecture !

Le Miroir : entièrement illustré par la photographie, Paris : (s.n.), 4e année, n° 40, 30 août 1914, première de couverture (détail). Ville de Toulouse, Archives municipales, PRE6/40.

Quand la presse reflète l'actualité d'une époque


juin 2017

Celles et ceux qui ont un jour entrepris de faire des études d'histoire contemporaine le savent bien : hormis les sources primaires, que constituent les documents d'archives, il existe une autre mine remarquable d'informations, dont la richesse mérite bien un dépouillement souvent fastidieux : la presse.

Nationale ou locale, généraliste ou spécialisée, elle est toujours, et par essence, le reflet d'une société à un moment donné, le témoignage d'une époque.

Malheureusement, cette ressource est très fragile. La netteté de l'impression est parfois approximative, la qualité du papier souvent médiocre et les encres typographiques particulièrement acides. Sans parler des pliages divers et successifs, des conditions de livraison et de réutilisation éventuelle, qui peuvent l'altérer définitivement et rendre plus difficile sa conservation.

Pour essayer de préserver ce qui peut l'être avant l'autodestruction programmée, la Bibliothèque nationale de France a lancé depuis quelques années un plan de numérisation des titres de presse à l'échelle du pays. Avec ses partenaires, comme le pôle associé Midi-Pyrénées, elle organise le traitement des collections expédiées sur ses chaînes de numérisation, consultables ensuite dans Gallica.

C'est ainsi qu'un hebdomadaire national, « curieusement » nommé Le Miroir, est devenu accessible en ligne. Notre collection l'est ainsi devenue à son tour.

Boucherie des Puits-Clos, projet de transformation de la devanture, 1947. Ville de Toulouse, Archives municipales, 708W3 (détail).

Miroir, mon beau miroir !


juin 2017

Dis-moi qui a la plus belle enseigne ! Telle était la supplique quotidienne des agents du service de l'Esthétique Urbaine.

Ce service, rattaché à la Direction de l'Urbanisme, avait pour mission de se prononcer sur les modifications de devantures de commerce, les poses d'enseignes, et plus généralement sur tous les travaux susceptibles d'impacter l'apparence générale de la cité.

Une minuscule fiche de renseignements à remplir, un plan du projet, voire quelques photos de l'état initial à joindre au dossier, et le tour était joué ! Pas de chichi, avec le Bureau d'Esthétique, ça passe ou ça casse !

 

Porte de la Commutation au jardin des Plantes, le long de l'avenue Frédéric-Mistral. Fin 19e siècle. Vue de la porte prise depuis le jardin ; au premier plan, une femme avec une ombrelle, tenant un enfant par la main. Photographie N&B, 9 x 12 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi5337 (détail).

Mamma mia !


mai 2017

Je dois vous arrêter tout de suite : nous ne parlerons ni de comédie musicale, ni de variétés suédoises, ni même de cuisine italienne… Il faut dire que pour tous ces domaines, bien qu'intéressants, je n'ai guère de ressources à vous proposer dans la bibliothèque des Archives. Désolée, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
En revanche, si vous cherchez quoi offrir à votre maman pour sa fête prochaine, je peux vous faire quelques suggestions… : un beau livre sur les Archives (et pourquoi pas ?), un ouvrage retraçant l'œuvre et la carrière de la plus grande femme photographe toulousaine du 20e siècle, un petit manuel de recettes (réservé tout de même aux initiés) ou bien encore, pour les It-Mums, un guide pointu sur la mode (à travers les siècles). De quoi sortir un peu des sentiers battus… même si, personnellement, un joli bouquet de fleurs reste une valeur sûre.
Mais au fait, et moi, quel sera mon cadeau ?

Couverture du programme de la cérémonie de remise des Médailles de la Famille Française au Théâtre du Capitole (sans date). Ville de Toulouse, Archives municipales, 95W243 (détail).

Une Maman en Or !


mai 2017

Il fut un temps où le mérite des mamans toulousaines était récompensé comme il se doit. Pas avec des colliers de nouilles ou la dernière centrale vapeur, non ! Dans les années 1940-1970, la municipalité célébrait cette fête nationale en grande pompe. Les mères de familles nombreuses recevaient un carton d'invitation pour une représentation spéciale du Théâtre du Capitole, suivie d'une cérémonie de remise de médaille de la Famille Française et d'un goûter pour les enfants.

Comme en témoignent les listes des médaillées, les critères de sélection sont clairs : médaille de bronze, cinq enfants minimum ; médaille d'argent, entre huit et neuf ; médaille d'or, pas moins de dix bouts de chou (certaines familles comptant jusqu'à douze enfants). On en conviendra, cela valait bien une médaille.

Projet de "Téléférique pour voyageurs, ligne Parc des Sports – Coteau de Pech-David", par la société Legendre et Cie, plan de la station supérieure du téléphérique. Ville de Toulouse, Archives municipales, 529W119/1/2 (détail).

Se déplacer sur un fil


avril 2017

Décidément, l'histoire n'est qu'un éternel recommencement, notamment en matière de transports en commun. Alors qu'il est aujourd'hui question de créer un téléphérique à Toulouse entre l'Oncopole et Paul-Sabatier, en 1936, on s'interrogeait déjà sur ce mode de transport aérien. Le devis et les plans proposés par la société Legendre & Cie, conservés aux Archives municipales, évoquent une ligne de 1800 mètres permettant de rallier le Parc des Sports à Pech David en moins de 8 minutes. Cabine de 20 voyageurs et un conducteur, vitesse de pointe frisant les 5 mètres par seconde, débit horaire d'environ 150 personnes et une batterie de dispositifs de sécurité : le projet avait tout pour réussir, mais n'a jamais été concrétisé. Toulouse reprendra-t-elle le fil de cette histoire ? Seul l'avenir nous le dira !

Intérieur de la Tour de Contrôle (Blagnac). 28 octobre 1972. Plan rapproché de 3/4 face d'une jeune femme au téléphone (épouse de Bernard Ziegler, un des pilotes de l'équipage du vol d'essai). Cliché pris lors du 1er vol d'essai de l'avion Airbus A300 B. Négatif N&B, 2,4 x 3,6 cm. André Cros - Ville de Toulouse, Archives municipales, 53Fi1997 (détail).

Allô ? Y a-t-il quelqu'un au bout du fil ?


avril 2017

S'il est une ressource précieuse, et parfois insoupçonnée, de la bibliothèque des Archives, c'est bien sa collection d'annuaires de la Haute-Garonne.

Ne vous méprenez pas, nous sommes d'accord : cela fait belle lurette que les gens qu'on y trouve n'habitent plus à l'adresse indiquée, que leur numéro de téléphone a gagné au moins quatre chiffres depuis l'impression du bottin et que vous n'y trouverez certainement pas d'information sur le mystérieux correspondant qui vous a appelé hier soir sans laisser de message…
Pourtant, cet outil se révèle indispensable quand on recherche où habitaient nos (arrières) grands-parents, s'ils exerçaient une activité particulière, ou même pour vérifier que le directeur de l'école cette année-là était bien M. Machin… Un annuaire est également bien utile quand on mène l'enquête pour savoir si des activités polluantes se sont tenues dans tel ou tel quartier ou pour localiser où se tenait telle épicerie qui figure sur plusieurs de nos cartes postales. Et en plus, on y trouve des publicités d'époque !

Alors, si désormais vous considérez d'un autre œil notre collection d'annuaires « vintage », consultez-en la liste et rendez-vous en salle de lecture !

Spectacle de magie. Fonds photographique fabrique Giscard, photographie stéréo colorisée, 8,5 ₓ 17 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 46Fi1375 (détail).

AbraCADAbra !


mars 2017
Pas de mystère, les archives publiques sont accessibles à tous, et ce depuis la Révolution française, excusez du peu ! Accessibles, oui, mais à toute règle il y a des exceptions, et dans ce domaine bien précis on les appelle « délais de communicabilité ». En effet, tout document qui comporte des informations protégées sera infailliblement soustrait aux regards des citoyens pour une durée allant de 25 à 120 ans selon les cas. Le plus souvent, la restriction survient lorsque les archives contiennent des données à caractère personnel, le but premier étant de protéger la vie privée de l'individu concerné. Et oui, la liberté d'accès des uns s'arrête là où commence la vie privée des autres !

Si vous souhaitez malgré tout consulter des archives non communicables, il est possible de demander une dérogation. Le précieux sésame vous sera accordé si et seulement si la consultation de ces documents ne conduit pas à « porter une atteinte excessive aux intérêts que la loi entend protéger ». En cas de refus, vous pourrez toujours faire appel, abracadabra, à la Commission d'Accès aux Documents Administratifs, également compétente en matière d'archives publiques, avant de tenter, last but not least, votre chance au tribunal administratif.

Diableries, n° 65 : Une nuit en enfer. A. Block (Paris), photographie stéréo N&B, 8,5 ₓ 17 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 46Fi1412 (détail).

L'Enfer n'existe pas


mars 2017

Cela fait maintenant plusieurs années que je vous parle régulièrement de la bibliothèque des Archives : de ses ouvrages, de ses collections, de son catalogue. Elle n'aura bientôt plus de secrets pour vous.

Elle reste pourtant un petit paradis hors du temps, où des ouvrages du 16e siècle cohabitent avec d'autres à peine parus, tout juste sortis des presses, dans une sorte d'osmose thématique et scientifique. Ce qui les lie, c'est l'histoire de Toulouse et de ses habitants, de sa culture et de ses industries.

Elle ne connaît pas la censure. Bien sûr, elle fait l'objet d'une politique d'acquisition raisonnée : elle ne peut en effet viser à l'universalité. Mais on n'exclut pas un livre à cause de sa mauvaise réputation… : il n'y a donc pas d'Enfer dans notre bibliothèque. Les seules restrictions qui s'appliquent concernent l'état de conservation du document : s'il est trop mal en point pour être consulté en salle de lecture, il devient alors incommunicable.
Mais cet état n'est pas forcément définitif. Après un passage à l'atelier de restauration et/ou de numérisation, il peut regagner son statut, physiquement ou virtuellement.

Alors, n'hésitez pas à consulter notre catalogue en ligne : tous nos ouvrages vous y attendent !

Classes transplantées - Classes de Neige à Aulus. 13 février 74 [sic]. Colonie de vacances de la Ville de Toulouse, Aulus-les-Bains, Ariège. Direction de la Communication - Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi1925 (détail).

Blanc comme neige...


février 2017

Ah elles sont belles, nos jolies petites têtes blondes (et pas que blondes d'ailleurs) ! Elles en ont bien de la chance de pouvoir partir en classes de neige, d'admirer la montagne ariégeoise recouverte de son blanc manteau !
Cette photo a été prise par le service des techniques de communication de la mairie de Toulouse en 1974. Elle illustre la contribution de la ville aux excursions sportives des jeunes Toulousains au cours des années soixante-dix et quatre-vingts.
Un fonds d'archives papier, le 40W, vient compléter ce reportage photographique. Malheureusement, ce versement a été transmis en 1988 aux Archives municipales sans avoir été inventorié au préalable. Il a été rapidement noyé dans la masse des archives contemporaines (nous en sommes maintenant au versement 1238W !) : seules les informations inscrites sur les chemises nous renseignent sur leurs contenus : « classes transplantées ; classes rousses ; classes de neige ; classes vertes ; ... ».

En attendant une description plus précise, nous espérons que ces informations vous auront donné envie de découvrir la folle aventure des classes de neige toulousaines !

C'est beau, ça glisse tout seul, comme le cygne gracieux sur son lac (2016). Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/88.

Magie blanche


février 2017

Et si, traînant au milieu des rayonnages de notre bibliothèque, vous vous preniez pour... Harry Potter ? Ou Merlin l'Enchanteur ? Nous ne sommes bien sûr ni à Poudlard, ni à Camelot... et ce n'est pas dans nos magasins que vous trouverez de vieux grimoires poussiéreux. Car, vous ne le savez peut-être pas, mais nos Annales manuscrites, celles de la ville de Toulouse, sont vigoureusement protégées de ce fléau par deux gentes dames, qui par ailleurs peuvent être drôles, mais qui ne plaisantent guère avec la poussière. Ce n'est pas pour autant que les Archives sont dépourvues de magie... blanche évidemment !

En cherchant bien, on en trouve un peu partout : en salle de lecture, quand un lecteur obtient LA réponse à sa question ; sur notre site Internet, quand on imagine que des documents du 14e siècle sont désormais accessibles de presque partout dans le monde en seul un clic (ou un petit peu plus...) ; dans notre bibliothèque, où quelques ouvrages de magie vous attendent...

Alors, n'hésitez plus, venez vous émerveiller devant nos trésors et... Abracadabra !

Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/20 (détail).

« J'en ai plein le chariot... »


janvier 2017

Lorsque vous entendez de la part d'un archiviste : « Ah, j'en ai plein le chariot ! », ne vous méprenez pas, ce n'est pas une preuve de découragement ! C'est qu'il ne chôme pas, tout simplement : il collecte, classe, transporte et déplace sans relâche, véritable Sisyphe des temps modernes ! Et le dénominateur commun à tout cela, c'est le chariot, bien sûr !

Fidèle compagnon de l'archiviste, le chariot se devra de répondre à un cahier des charges des plus précis. Il devra être assez large (mais pas trop, inutile de rester coincé entre les rayonnages) et maniable (avec des roulettes dignes de ce nom, pas celles des caddies de supermarché). Si c'est à l'outil que l'on reconnaît le bon artisan, c'est au chariot que l'on reconnaîtra le bon archiviste, enfin, on peut l'espérer !

Collecte Classement Transport Déplacement
Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/331. Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/14. Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/97. Extrait du reportage « Vie des Archives », 2016. Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/125.
Vue 331 Vue 14 Vue 97 Vue 125
BORDES, François (dir.). « Ils observaient les étoiles... » : cinq siècles d'astronomie toulousaine, Toulouse : Mairie de Toulouse / Archives municipales, 2002, première de couverture (détail). Ville de Toulouse, Archives municipales, US/944.863/AMT/3.

Chariot, casserole, ourse. Petite ou grande. Et si on parlait d'astronomie ?


janvier 2017

Ah, la nouvelle année ! Avec ses bons vœux, ses bonnes résolutions, son horoscope... enfin là, je m'égare un peu. N'étant pas Madame Soleil (ou sa réincarnation), ce n'est pas ici que vous trouverez les dernières prédictions de votre signe pour 2017. Désolée. En revanche, pour ce qui est des conjonctions de planètes, des alignements d'étoiles, voire des trajectoires d'objets volants plus ou moins identifiés, la bibliothèque des Archives a peut-être quelques pistes à vous proposer.

Elle compte en effet plusieurs ouvrages (techniques) d'astronomie, ainsi que des monographies sur l'histoire de cette science particulièrement développée dans notre région. Grâce à sa situation géographique exceptionnelle, Toulouse, et plus généralement l'Occitanie, sont un lieu d'observation unanimement reconnu, et ce, depuis près de cinq siècles, comme en témoigne l'exposition réalisée par les Archives municipales en 2002. C'est pourquoi nos collections reflètent elles aussi cette identité forte.

Alors, envie d'en savoir plus ? N'hésitez pas à consulter notre catalogue !

Musée des Augustins, 21 rue de Metz. 3 janvier 1896. Vue en perspective du musée et de son jardin prise depuis l'angle de la rue des Arts et de la rue de Metz. Dessin, 60 x 93 cm. Eugène Curvale. Ville de Toulouse, Archives municipales, 21Fi72 (détail).

Où est passée la grille des Augustins !


décembre 2016

Il fut un temps où le musée des Augustins était contenu dans un élégant écrin de fer forgé, une grille monumentale incitant les passants à venir découvrir ce temple des Arts. Telle en témoigne cette vue en perspective dessinée en 1896 par l'architecte Eugène Curvale, dont le charme bucolique donnerait presque envie de remonter dans le temps ! Mais où est donc passée la grille des Augustins ! Voilà une question qui mériterait quelques recherches, notamment au sein des Archives municipales de Toulouse.

Les indices sont minces : en 1951, le chef du Service Jardins et Promenades rédige une note pour avertir de l'état de délabrement du portail, qu'il estime être un danger pour la circulation du public et la sécurité des enfants jouant dans le parc. Il y a urgence, il faut agir. Quant à savoir quand la grille a été supprimée, je ne saurais vous le dire... La réponse se cache certainement dans les dossiers évoquant la réorganisation du musée des Augustins, entreprise au cours des années 1960. Ou bien d'autres auront déjà répondu à cette question, se servant de cette anecdote pour illustrer l'histoire du musée à travers les âges. Je vous ai mis sur la piste, à vous de poursuivre l'enquête !

En attendant, vous pourrez toujours aller visiter le musée des Augustins et sa toute nouvelle exposition temporaire "Fenêtres sur cour - peintures du XVIe au XXe siècle".

« La Toulousaine ». Avant 1904. Bas-relief avec inscription : « Louis Deffès, 25 juillet 1819, 28 mai 1900 », représentant Louis Deffès au piano ; œuvre signée « D. Fourcade, 1900 ». Mentions imprimées sur l'image : « Héliotypie E. Le Deley, Paris » et « Fourcade, sculpteur ». Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi7244 (détail).

Et le « Grillon d'or » est attribué à… Louis Deffès !


décembre 2016

Alors là, comme çà, à brûle-pourpoint, cette annonce a peut-être de quoi vous surprendre et c'est bien compréhensible, d'autant plus qu'elle a réellement eu lieu en mai 1898. C'est en effet à cette date que les Cadets de Gascogne, une société qui regroupait toutes les célébrités méridionales habitant Paris, ont choisi de décerner ce prix honorifique au maître Deffès.

Pierre Louis Deffès (1819-1900) était un compositeur d'opéras, qui devint en 1847 le premier Toulousain prix de Rome de composition musicale. Fils d'un tailleur, il est passé à la postérité pour avoir mis en musique un poème de Lucien Mengaud : cette œuvre, appelée La Toulousaino (ou Toulousaine), est devenue l'hymne de la Ville Rose, entonné par le maire lui-même (celui qui a précédé Pierre Baudis).

Directeur du Conservatoire de Toulouse de 1883 à 1900, cet illustre acteur de la vie culturelle toulousaine du 19e siècle n'a pourtant pas fait l'objet de beaucoup d'études historiques. Sa vie nous est toutefois connue grâce aux travaux de Bertrand Malaud, qui a fait don de son manuscrit en 2002 à notre bibliothèque.

Présentation du projet de l'équipe Almudever – Lefebre lors du concours d'architecture pour la réalisation de la médiathèque de Toulouse, vue en perspective depuis les allées Jean Jaurès, 1997. Ville de Toulouse, Archives municipales, 891W25.

Pas 1, pas 2, mais 3 arches perdues !


novembre 2016

Toulouse, la ville qui fait mieux qu'Indiana Jones ! Car de l'actuelle médiathèque José Cabanis, vous ne connaissez que le projet définitif, mais il y en eu trois autres, trois arches perdues en quelque sorte ! Enfin pas tout à fait : grâce aux Archives municipales, vous pourrez tout de même vous en faire une idée.

Ce projet remonte aux années quatre-vingt-dix, du temps où la municipalité partit en quête d'idées pour succéder à l'imposante École vétérinaire. Un appel à candidature est lancé pour la réalisation d'un nouvel équipement culturel, une médiathèque régionale, capable de symboliser la porte Marengo sous la forme d'une arche monumentale reliant le cœur historique de la ville et ses faubourgs. Quatre cabinets d'architectes s'opposent alors dans cette compétition féroce. Un rapport d'une vingtaine de pages énonce les tenants et les aboutissants de ce concours. En introduction, on peut découvrir les attentes de la ville en sa qualité de maître d'ouvrage. Puis sont exposés les arguments des candidats, vantant les qualités architecturales et techniques de leur projet, photos en perspectives et plans à l'appui. Au final, c'est l'architecte Jean-Pierre Buffi et le cabinet toulousain Séquence qui l'emportent, reléguant aux oubliettes de l'histoire nos arches perdues...