Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

Sucre


mai 2018

DANS LES ARCANES DE


Aucamville (Haute-Garonne), le ruche du Mariel. Décembre 1911. Henri Giscard et un apiculteur au milieu des ruches. Famille Giscard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 46Fi1443 (détail).

Miel


mai 2016
Un peu de douceur printanière n'est pas de trop. Après l'amer, le sucré pour arrondir sans édulcorer. Avec les rédacteurs d'Arcanes, point de fadeur mais de la délicatesse… quoi que. Une des contributrices s'inspire d'une chanson de Prince pour vous parler de la fleur emblème de la ville, une autre vous donne la recette d'un poison pour les rats, une troisième préfère les biscottes, un quatrième évoque l'hypoglycémie archéologique, une cinquième vous raconte le pays de Candie et, pour le dernier, je vous laisse découvrir en quoi consiste le sucre de Mars !
Moi, j'aime le miel. Une substance élaborée avec habileté par les abeilles et qui nous offre toutes ses vertus gustatives et thérapeutiques reconnues dès l'Antiquité. Antibactérien, cicatrisant, source d'énergie mais apaisant également, le miel est pour certains un don du ciel. Il faut juste protéger les abeilles pour qu'elles ne soient pas victimes du syndrome d'effondrement.

ZOOM SUR


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Violettes à Toulouse (1953). Avenue de Fronton, n° 269. 1953. Plan rapproché sur une femme âgée sentant un bouquet ; bâtiments. Jean Ribière - Ville de Toulouse, Archives municipales, 41Fi61. Reproduction sur autorisation.

Purple rain


mai 2018

Ces derniers temps c'est plutôt gris sur la ville rose. Malgré les rouge et or qui se déplacent chez les rouge et noir. Malgré les violets courant sur la pelouse du Stadium, malgré la coulée verte du canal, malgré le pastel – sa fleur jaune n'a rien à voir dans la transformation de la feuille -, malgré la brique, les marbres, les tuiles, malgré le noir des pavés de la rue Alsace. Même les cerises passent inaperçues, sauf à quelques pigeons si gros qu'ils pourraient passer pour des colverts. Revenons à nos couleurs et savourons des photographies en noir et blanc.
A cette période, je suis censée commencer à vous apporter un peu de fraîcheur, « mais c'est de chaleur dont nous avons besoin » me crierez-vous sans l'ombre d'un doute. Alors fermez les yeux et plongez-vous dans un jardin au printemps. Plongez sur la pelouse, au ras des pâquerettes, tout près des violettes. Plus près encore, leur parfum sucré se hume le nez dessus, exactement comme le pratique la dame sur la photo qui plonge son nez dans un bouquet.
Travaillant dans l'une des exploitations toulousaines des années 1950, cette dame est peut-être devenue violetholique, comme l'est ma grand-mère : elle a développé une addiction sévère au parfum de la fleur, qui a fini par coloniser l'ensemble de sa peau, ce qui a pour effet que mon aïeule est précédée (et suivie) d'une odeur de bonbon au sucre partout où elle se rend. Il y a pire, c'est vrai.
La violette cristallisée sévit dans la capitale languedocienne depuis le milieu du 19e. Elle s'invite partout : sur les cartes et dans les coffrets souvenirs, elle trône sur les pâtisseries, elle tente même de supplanter la crème de cassis dans certaine boisson alcoolisée.
Promenez-vous donc dans le fonds Jean Ribière et vous y trouverez le reportage complet sur la culture et la transformation de la fleur en confiserie.

DANS LES FONDS DE


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École supérieure d'agriculture du Sud-Ouest. Purpan-Toulouse : "Le repas en commun des poules et des dindes couveuses". Voyagée en 1926. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4981.

Le sucre au secours des poules


mai 2018
On peut être comte et connaître des déboires domestiques bien contrariants. Au début du 19e siècle, le lieutenant général, le comte Clauzel, domicilié rue Tolosane à Toulouse, voit son poulailler subir les assauts de nuisibles, en particuliers de rats, fléau des villes et des champs. Les poules et les rats devinrent le sujet de conversation dans tous les salons de notre ville. Comment se débarrasser de cette vermine ? Une recette infaillible fait alors son apparition. Il suffit de mélanger du plâtre avec de la farine de Millet et du… sucre. La bête qui a consommé cette mixture est alors assoiffée et se jette sur la bassine d'eau déposée à coté. Le mélange de l'eau avec la bouillie sucrée fait gonfler le ventre du pauvre animal et alors… 
Dommage que cette recette ne soit pas restée dans les annales, car il paraît que certains de nos contemporains connaissent des vicissitudes avec les rats des champs, surtout dans le nord du canton et que les produits modernes n'en viennent pas à bout. 
Extrait du plan de la façade côté rue Gamelin de la biscotterie Paré réalisé le 30 août 1963 par L.Cuvillier et H.Benard, architectes SN ING AM&ECP, ING CONSEIL. Ville de Toulouse, Archives municipales, 604W853.

Biscottes sucrées, biscottes Paré !


mai 2018

Les biscottes Paré, avant de devenir Heudebert et de passer sous l'enseigne LU puis Mondelez, embaumaient à Toulouse les environs de la rue Gamelin, dans le quartier de Fontaine-Lestang, où elles étaient fabriquées à partir des années 1950 (voir le projet de construction d'une usine de 2000 m² pour la fabrication des biscottes 708W4213).
En plein essor, en 1963, la biscotterie s'agrandit et prévoit l'extension de ses ateliers et entrepôts côté Nord ainsi que les espaces dédiés aux bureaux administratifs et commerciaux, vestiaires, service médical, locaux sanitaires et sociaux qui étaient devenus nettement insuffisants en raison de l'augmentation de personnel (voir le permis de construire relatif à l'extension de l'usine 604W853).
En 1974, elle emploie alors près de 300 personnes. Mais ses activités n'étant pas assez compétitives, un regroupement au nord de la Loire est envisagé. La société toulousaine de Minoterie, souhaite dès lors reprendre les terrains occupés par la biscotterie Paré avec un projet de construction de près de 1000 logements comme en témoigne « l'étude de possibilité de construction » réalisée le 10 avril 1974 (102W213). Finalement cette étude ne sera pas suivie de faits pour le plus grand plaisir de nos papilles même si l'usine a depuis longtemps abandonné la croustillante et cassante biscotte pour les barres céréalières et les pains grillés !

DANS MA RUE


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Vendanges à Candie, octobre 1984. Reportage photographique de la direction de la communication. Ville de Toulouse, Archives municipales, 15Fi707/14

Au pays de Candie


Sucre en cristaux, dessin animé japonais dont la chanson est restée dans la tête de tous les enfants des années 1980, Candie est également le nom d'un domaine agricole appartenant à la ville de Toulouse. Passée à l'agriculture biologique depuis 2014, la régie agricole possède des surfaces cultivées dans les quartiers de Gabardie, Pech David ou Ginestous, et au sud de Toulouse, le vignoble de Candie (25 hectares). Il tire son nom du dernier seigneur de Saint-Simon, Jean-François Marie de Candie, propriétaire du domaine au 18e siècle. Au cœur du domaine, un château médiéval, daté pour partie de la fin du 13e ou du début du 14e siècle. 
Il ouvrira exceptionnellement ses portes le 3 juin prochain. Dégustations de vins de la région et de produits locaux, visite du parc et du château sont au programme de cette 5e journée portes ouvertes du domaine de Candie. Vous pourrez également tenter l'aventure de la réalité virtuelle sur le stand UrbanHist, grâce à la visualisation d'une visite en 360° au moyen d'un casque. Découvrez le château et son parc vus du ciel et entrez dans la cour, le porche et le chai. Immersion garantie !  

Visite virtuelle du domaine de Candie et du château de Saint-Simon-Le Vieux.

Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, les Archives municipales ont mis en ligne une visite virtuelle.  A  travers  ce survol du domaine et cette déambulation, autour et à l'intérieur du château, vous découvrirez  de manière simple et ludique l'histoire du château de Saint-Simon-Le Vieux, éclairée d'un nouveau jour grâce aux travaux récents d'archéologie du bâti menés par les étudiant de l'université Jean-Jaurès.

Pour en savoir plus sur l'histoire du domaine, vous pouvez consulter les pages dédiés au domaine et au château sur le site des Archives.

Enfin, pour compléter cette offre, ne manquez pas le diaporama mettant à l'honneur le domaine et ses ouvriers des années 1970 à 2000 qui sera mis en ligne prochainement, à consommer sans modération.

 

SOUS LES PAVÉS


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Blason à l'abeille de François-Joseph Cormouls, capitoul en 1724-1725, Extrait des Annales manuscrites de la ville de Toulouse, 11e livre des Histoires, 1713 - 1760, Archives municipales de Toulouse, BB283.

Hypoglycémie archéologique


mai 2018

Les participants à la première croisade en Orient s'implantèrent durant le 12e siècle dans des contrées syriennes productrices de canne à sucre et purent alors exporter son produit dérivé en Occident jusqu'à la reprise de Jérusalem par Saladin en 1187. Ceci est particulièrement possible pour Toulouse qui eût un rapport privilégié avec ces événements à travers le fils du comte de Toulouse Raymond IV, Bertrand, qui fut, avec ses descendants, comte de Tripoli durant cette période. Mais aucun archéologue ne retrouvera trace de ce sucre qui était d'ailleurs plus utilisé pour la pharmacie que pour l'alimentation : mission insoluble pour un produit trop soluble.

L'aliment sucré consommé chez nous fut surtout le miel. Alors combien de ruches découvertes sur des sites archéologiques de la région ? Aucune et il sera bien difficile de retrouver des vestiges de ce qui n'était en général qu'un simple tronc de bois évidé. Tout aussi exceptionnel serait aussi de retrouver le corps d'une abeille carbonisée, comme ce fut le cas sur un site étrusque en Italie. Pourtant des abeilles « archéologiques » sont célèbres telles les 300 exemplaires en forme d'applique vestimentaire, en or cloisonné de grenats, découverts en 1653 à Tournai dans la tombe de Childéric Ier, père de Clovis. Récupérées par Louis XIV (mais il n'en reste plus que deux dans les collections de la Bibliothèque nationale après un vol en 1831), elles devinrent si symboliques de la dynastie royale mérovingienne que Napoléon repris cet emblème à son compte.

A Toulouse, on connaît un capitoul qui portait une abeille sur son blason, par chance encore visible sur l'une des quelques miniatures des livres des Annales capitulaires rescapées des destructions révolutionnaires : François-Joseph Cormouls, élu en 1724-1725 (BB283, vue 128). Le choix de ce motif est-il lié à ce nom de famille dont l'étymologie renvoie au cormier, arbre éminemment butinable ?

EN LIGNE


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Brisk cathartic, [homme immobilisé aux latrines après l'absorption d'un laxatif]. Gravure colorisée, par James Gillray, d'après John Sneyd, 1804. Wellcome Library, Londres, inv. n° 12068i.

Relax, il y a toujours le sucre de Mars


mai 2018

En mai, comme on peut faire ce qui nous plaît, alors pourquoi ne pas vous parler du sucre de Mars (notez la majuscule). Ce produit merveilleux, qui reste toutefois plus connu sous le nom de sel de Seignette.
Si nous savons que la chose était appréciée à Versailles, la cour et les grands du royaume (voire les dieux Romains) n'en étaient certainement pas les seuls consommateurs puisque, en 1780, nous découvrons un simple jardinier toulousain nanti d'un tel paquet.
En effet, en octobre 1780, lorsqu'on étale les possessions du malheureux Louis Mascot, renversé et tué par une charrette attelée de mules, on découvre ce que recèlent ses poches : une tabatière à coulisse en laiton, deux paquets d'allumettes, un petit mouchoir « à moucher », un ciseau de fer, un morceau de papier, une somme de 7 livres et 3 sols, et... un paquet de sels purgatifs de Seignette !
C'est vrai, on a oublié le principal : il convient de préciser que ce sucre de Mars n'est ni une douceur ni un condiment quelconque, puisque ce formidable laxatif sert au grand soulagement des intestins.

Ainsi, si vos boyaux vous taquinent, plongez-vous dans la lecture des dossiers mensuels des Bas-Fonds sur les latrines (décembre - n° 24), vous y trouverez un chapitre sur les laxatifs et les lavements. Si le contenu des poches vous intéresse, allez farfouiller dans le numéro de mars (n° 27). Enfin, si vous en avez assez de la rubrique chiens écrasés* de votre feuille de chou locale, allez donc faire un tour dans le dernier numéro (avril - n° 28), qui traite des accidents, avec écrasements et mises à plat de personnes, causés par les charrettes ou les carrosses.

 

* pour les amis des bêtes, il y a aussi un Bas-Fonds sur les chiens (n° 25). Nous présentons toutes nos excuses à ceux amoureux des pigeons (colombophiles ou gourmets) : ils devront attendre encore un an avant de lire un dossier consacré à leurs volatiles préférés.