Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

Chance


juin 2018

DANS LES ARCANES DE


1. Toulouse. Ruines d'un vieux pont sur la Garonne. Pilier du vieux pont de la Daurade, au milieu de la Garonne. Août 1869. Au premier plan, le pilier démoli en février-juin 1950 ; au second, la Garonne et le quai de la Daurade ; au-dessus, la façade de l'église Notre-Dame de la Daurade avant sa réfection dans les années 1920. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi861. Domaine public.

Pile et face


juin 2018

Arcanes de juin ne tente pas le sort mais conte sa chance. Il n'est pas question de vous inciter à jouer aux jeux de hasard - même s'ils ont pu favoriser certaines personnes dans le passé et que le loto bénéficiera bientôt au patrimoine. Comme d'habitude nous allons vous offrir des petits billets, en espérant qu'ils vous distraient quelques instants.

Cadeau : pour les journées nationales de l'archéologie qui débutent aujourd'hui, les Archives de Toulouse ont décidé de verser sur Wikimedia Commons environ 200 images élevées dans le domaine public. Elles seront utilisées pour enrichir des notices de l'encyclopédie en ligne Wikipédia, lors de l'atelier au musée Saint-Raymond du 16 juin, et par tous les amateurs de Toulouse et de son passé.

Un exemple de ces fameux documents : la photo montrant la pile de l'ancien pont de la Daurade, vestige démoli en février-juin 1950, et la façade de l'église Notre-Dame de la Daurade avant sa réfection dans les années 1920. Pile et face !
Pour découvrir les 206 documents sélectionnés, consulter les notices dans notre base de données en ligne, et elles seront bientôt dans Wikimedia Commons.

Pour en savoir plus sur les JNA à Toulouse : télécharger le programme.

PS : Saviez-vous qu'une nouvelle restauration de l'église de la Daurade est engagée et qu'un appel à mécénat est lancé pour redonner vie à ses cloches ?

ZOOM SUR


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[Dépôt de balances]. Années 1920-1930. Vue d'ensemble d'un tas de balances hors service, rangées au fond d'une pièce. Joseph Saludas - Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi5570.

En juin on fait moins les malins


juin 2018

Le filon toulousain du trafic de balances aurait été démantelé récemment. C'est plutôt une bonne nouvelle pour les enragés des régimes printaniers : inutile donc cette année de chercher à perdre quelques grammes en prévision d'une exposition de marchandise sur un étal ensablé, il sera impossible de peser les colis. De toutes façons il manque l'élément indispensable au hâlage des chairs, le soleil a décidé de prendre une année sabbatique, le veinard. L'occasion est trop belle pour être manquée, ne pesons plus rien si ce n'est le pour et le contre, et goinfrons-nous de balades à vélo en bikini sans la moindre vergogne et adieu les obsessions.

 

Maintenant que les complexes vous ont quittés, si par chance, vous, derrière l'écran de votre appareil téléphonique portatif et intelligent, ou même celui de votre terminal informatique, vous aviez le sourire en coin en train de pointer le bout de son nez parce que vous connaîtriez le où-quand-quoi-pourquoi-et-comment (dans cet ordre) de ces appareils de mesure sur cette photographie de Joseph Saludas prise dans les années 1920-1930, virgule et respiration, alors vous nous procureriez un plaisir immense en voulant bien nous faire parvenir ces précieuses explications. Voilà plusieurs années que cette énigme m'empêche de dormir, il est certain que l'interrogation commence à me peser.

 

DANS LES FONDS DE


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Être verni au musée


juin 2018
 

Eh oui, au musée des Augustins, il n'y a pas que les tableaux qui sont vernis !

Jean Escudier, gardien chef au musée des Augustins, en tient lui aussi une bonne couche lorsqu'il gagne à la Loterie nationale en 1952. Cet événement lui a valu d'être l'objet d'un reportage du photographe toulousain André Cros.

Nous avons ainsi un aperçu en image, façon « Martine à la plage », de la vie de notre employé municipal :
M. Escudier fait valider son ticket gagnant,
M. Escudier à son poste derrière son guichet,
posant avec un groupe d'enfants dans le cloître du musée,
seul dans sa cuisine,
en plein repas de famille,
jouant aux cartes au tripot du coin,
posant cigarette à la main devant un tableau…

Une autre époque en somme !

Loterie nationale, Chance & Fortune ,1re tranche (vers 1900). Reproduction. Carte postale couleur, 14 × 9 cm. André Galland - Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4340.

Grattage ou tirage : tentez votre chance !


juin 2018
Ah… le loto du dimanche ! Les petites balles qui tournent, la main « innocente » qui les attrape, les numéros qu'on coche sur une petite grille achetée avec espoir, et parfois le cri de joie de votre mémé, qui a enfin réussi à remplir une ligne / colonne / diagonale (au choix) de son petit carton… Et tout çà pour quoi ? Des trucs à manger ou à boire le plus souvent… Nostalgie, quand tu nous tiens.

Bien sûr, il y a depuis longtemps maintenant la version télévisée : plus de joueurs, plus de gains… surtout pour la Française des Jeux. Alors, pourquoi ne pas utiliser cette manne financière pour aider à restaurer notre patrimoine qui en a, il est vrai, bien besoin ? C'est l'idée lancée par le plus royal de nos présentateurs télé : Stéphane Bern, inspiré par ce qui se fait notamment au Royaume-Uni.

Là-bas, les revenus générés par la loterie nationale ont permis de rénover le Royal Albert Hall, une des salles de concert les plus prestigieuses d'Europe, ou encore de restaurer la verrière du British Museum. Tout de même.

Alors, si vous souhaitez tenter votre chance, et contribuer par la même occasion à sauvegarder des monuments historiques, sachez que les tickets à gratter du « loto du patrimoine » seront mis en vente début septembre, et que le tirage du super loto correspondant aura lieu la veille des journées du patrimoine.

Et si l'histoire de la loterie en France vous intéresse, vous trouverez peut-être dans notre bibliothèque un livre ou deux à piocher dans notre collection...

DANS MA RUE


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Le clocher de la Dalbade après son effondrement, carte postale en noir et blanc, 1926. Ville de Toulouse, Labouche Frères - Archives municipales, 9Fi4234.

Chance pour certains et infortune pour d’autres !


juin 2018

C'est avec ces deux termes que peut être résumée la catastrophe du 11 avril 1926 se référant à la chute du clocher de la Dalbade. Ce dernier qui menaçait ruine depuis quelque temps s'est écroulé dans la nuit. Tombé essentiellement sur la nef de l'église, des pans de murs ont été toutefois projetés sur les logements alentours faisant de nombreux dégâts et neuf blessés. Le plus grave incident est l'écroulement de la maison du boulanger située au pied du clocher. Entièrement éventrée, elle a enseveli le patron et sa femme, alors que les deux ouvriers coincés dans le fournil ont pu être sauvés après de longues heures de dégagement des gravats.
L'histoire du clocher de la Dalbade est riche en péripéties. L'église médiévale, grandement détruite par l'incendie de 1442 qui ravage le quartier, est reconstruite au tout début du 16e siècle dans le style Renaissance. Durant cette campagne de travaux, son campanile est amorcé et n'est achevé que dans la seconde moitié du siècle, comme l'indique le bail à besogne signé en 1547 par le maçon Étienne Guyot et le tailleur de pierre Nicolas Bachelier qui réalise un décor de bustes sculptés. Partiellement démonté à la Révolution, il reçoit une nouvelle flèche en 1882 selon les plans de l'architecte Henri Bach. Cette dernière, octogonale et entièrement maçonnée, vient prendre appui sur l'ancienne tour quadrangulaire. Après l'incident, l'église est rebâtie entre 1927 et 1949. En 1935, la construction d'un nouveau clocher débute à quelques mètres plus à l'ouest de l'emplacement initial mais, jugé mal intégré au site, le chantier est arrêté. Les vestiges du vieux clocher font alors l'objet d'une restauration.

SOUS LES PAVÉS


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Sépulture découverte lors d'un diagnostic archéologique en 2013 dans le Nord toulousain, Photographie Vincent Buccio, Service archéologique de Toulouse Métropole.

Chouette ! Pas de bol…


juin 2018
Nous avons l'habitude de voir les archéologues fouiller minutieusement avec une truelle, voire des outils de dentiste. C'est le cas quand ils sont en terrain connu où ils sont sûrs de la présence de vestiges. Mais l'activité archéologique actuelle, dite préventive, consiste souvent à sonder des espaces inexplorés dont on ignore à priori s'ils recèlent ou pas une occupation ancienne. Cette recherche à grande échelle nécessite des outils adaptés pour ne pas perdre un temps démesuré dans l'évacuation des couches stériles et c'est ordinairement une pelle mécanique qui est utilisée pour creuser par tranches successives de quelques centimètres. Dans cette situation, le moment de la découverte est habituellement un curieux mélange de joie et de frustration que tous les archéologues doivent apprendre à gérer. En effet, généralement, le coup de godet révélateur s'ensuit instantanément d'un « Quelle chance ! J'ai trouvé quelque chose ! », suivit immédiatement d'un « Quelle malchance ! Je l'ai quand même bien bousillé. ».
Ceci est surtout vrai lors de la découverte de nécropoles. Vous n'aurez aucun mal à deviner quel est le premier squelette découvert, reconnaissable par un stigmate bien particulier : le syndrome du « demi-crâne » dont la partie supérieure a été immanquablement emportée par le dernier coup de godet avant le passage à la fouille fine… Cette règle, intangible, s'est encore vérifiée, comme le montre la photo ci-jointe, lors d'un diagnostic effectué par le Service archéologique de Toulouse Métropole en 2013  dans le Nord toulousain.
Ce genre de péripétie reste heureusement dans la plupart des cas sans grande conséquence scientifique. Par contre le découvreur de la célèbre Vénus de Lespugue, qui a transformé instantanément, d'un coup de pioche, ce chef-d'œuvre de l'art préhistorique en puzzle d'ivoire lors de sa découverte en 1922, a du faire des cauchemars pendant bien longtemps.

EN LIGNE


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[Jeune femme alitée, sujette à la maladie d'Amour]. Dessin aquarellé de Gesina ter Borch, accompagnant et illustrant son album de chansons et de poésies, vers 1653. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° BI-1890-1952-24 (détail du folio 24).

Une chance au grattage...


Juin 2018

Admettez que vous êtes en veine. La rubrique Dans les Bas-Fonds des Archives de Toulouse vous offre une opportunité unique de pouvoir passer tout ce mois de juin au lit avec nous en pleine période de la fin de l'Ancien Régime.
Dépaysement immédiat garanti. Franchement, si ce n'est pas de la chance ça !
Attention, précisons bien que nous serons ensemble dans le lit et non pas sous la couette. Car, même si nous avons les idées larges, il s'agit tout de même de respecter les usages de l'époque ; or sous l'Ancien Régime on dort précisément sur la couette et non en dessous.
Autre chose, afin d'assurer votre confort, pensez à vous munir d'une bassinoire et d'un pot de chambre. Si vous faites suivre votre soubrette c'est aussi bien, elle en profitera pour nous tenir la chandelle et tirer les rideaux du lit au moment du coucher.
Ah, un détail important avant que vous ne fassiez votre musette ou valise : on ne saurait accepter les pyjamas en pilou ou les nuisettes satinée (et ne vous avisez pas pour autant de croire que l'on peut dormir nu comme des vers) ; la tenue imposée reste une simple chemise (longue) et l'inamovible bonnet de nuit.
Et, si d'aventure vous préfériez à notre compagnie la tranquillité d'une chambre d'auberge, pourquoi pas, mais... rien ne dit que vous passerez une nuit moins troublée. Là, inutile d'espérer prendre toute la largeur du lit, d'y dormir en biais, en étoile, car à tout moment de la nuit l'aubergiste peut venir vous pousser et vous serrer sur un côté afin de rajouter dans votre lit un voyageur arrivé sur le tard.
Et puis, dans ces auberges, autant vous prévenir déjà : le fait de partager un lit avec un inconnu n'est pas toujours sécurisant. Effectivement, nombre de dormeurs découvrent au petit matin qu'on a fait leurs poches de culottes ; certains encore moins chanceux, se rendent compte que leur compagnon d'un soir est atteint de la gale ou la teigne...

Si vous étiez tentés par l'aventure, inutile de vous inscrire et de réserver votre chambre auprès des Archives, il vous suffit juste de télécharger le dossier « In bed with... », notre dernier numéro des Bas-Fonds et de vous offrir ainsi une expérience hors du commun.