Dossier : la loi de 1905


Le service éducatif des Archives municipales de Toulouse vous propose un dossier sur la loi de 1905, loi de séparation des Églises et de l'État. A partir de sources locales, un éclairage sur la laïcité, principe majeur de la République, dans le cadre des programmes d'histoire et d'enseignement moral et civique (EMC), du cycle 3 au lycées.

L'enseignement


Avec les lois de laïcisation scolaire de 1882-1886, la loi de 1901 sur les associations (congrégations soumises à autorisation) et la loi du 4 juillet 1904 qui interdit aux congrégations d'enseigner, la séparation des églises et de l'École précède la loi de 1905. Dès lors, le gouvernement considère que l'éducation religieuse à l'école publique ne le concerne pas, mais revient aux familles et institutions cultuelles. Malgré les luttes contre les écoles congréganistes, un enseignement scolaire privé se maintient à Toulouse, à côté de l'école publique laïque.

Objectifs pédagogiques

Cette thématique a pour objectif de mettre en évidence la façon dont l'enseignement catholique a résisté à l'application de la loi.

Comment s'organisent les établissements d'enseignement catholiques ?

Contexte

Les extraits, ci-joints, sont tirés d'une publication éditée pour le centenaire du collège privé Le Caousou. La publication a été mise en forme par André Bribes, avocat à la Cour en 1974, à partir de notes prises par un secrétaire, le commandant de Coligny, et de renseignements fournis par des Pères et des anciens du collège. Elle met en évidence les problèmes résolus par le collège, à la suite des diverses mesures imposées par le gouvernement.

Documents de travail

Document 1 - Transcription de la publication

« Les décrets de Jules Ferry ont fermé le Caousou. […] Mais grâce à des dévouements il put rouvrir à l'automne 1880. Pour repeupler la maison, on avait, à la rentrée d'octobre 1882, transféré au Caousou le collège Sainte-Marie définitivement fermé. Ainsi s'opérait dans le même collège par le fait des évènements cette fusion des deux enseignements, supérieur et secondaire, que le fondateur avait voulu éviter à tout prix. » Pendant deux ans, le Père d'Adhémar recruta des professeurs et surveillants compétents, dévoués et fidèles.
Mais à la fin du XXe et au début du XXe siècle : « Le gouvernement voulait de nouveau étrangler la liberté de l'enseignement. Il préparait une attaque contre les congrégations enseignantes qui se refusaient à se donner la mort. . « Donnez-nous la liste de vos biens meubles et immeubles ; donnez-nous le catalogue de vos sujets et de vos écoles » demandait le gouvernement d'Emile Combes… « ensuite formulez une demande d'autorisation en rappelant les autorisations antérieures ; s'il y a lieu et désormais à l'abri de la loi […] vous pourrez continuer vos œuvres avec le contrôle de l'Etat. »
« Ce fut la confiscation des biens, mais le collège était propriété d'une société civile : les Jésuites abandonnèrent toute direction et la société dut procéder à une nouvelle organisation en 1902.
Malgré de mauvais jours, l'œuvre du collège devait subsister par notre Association qui fut inscrite pour régularisation le 16 juillet 1903 à la préfecture. […] Des impossibilités se découvraient et les sociétés civiles, propriétaires des immeubles, n'entendaient pas se laisser dépouiller.
Des procédures s'engagèrent pour le Caousou : l'acharnement de quelques anciens permit ainsi de continuer pendant quelques années l'œuvre chrétienne d'instruction et d'éducation.
Le Caousou reçut même, en 1905, le petit séminaire de Toulouse, dépouillé de son immeuble de la rue de l'Esquile. Il fallut abandonner le collège de l'Immaculée-Conception en décembre 1912. […]
Le collège Saint-Stanislas, au Boulingrin recueille les petits et les moyens, et des cours furent ouverts pour les grandes classes pendant deux ans dans un appartement de la rue Boulbonne. De plus, s'ouvrit entre 1914 et 1919 une nouvelle école pour 100 élèves à Saint-Louis-de-Gonzague, qui forma 9 polytechniciens, 5 officiers de marine, de nombreux Saint-Cyriens, plusieurs prêtres séculiers ou réguliers […] Ce ne fut qu'en décembre 1920 que la Cour de Cassation rendit un arrêt de rejet contre le pourvoi de la société propriétaire, consacrant irrévocablement la spoliation. »
Entre octobre 1920 et juillet 1923, diverses dispositions sont prises pour continuer l'œuvre d'éducation de la Compagnie : il fallut réunir le capital pour racheter le Caousou et donc constituer la Société Civile Immobilière du Sud-Ouest , et vaincre l'opposition du Conseil général, du service de Santé, de l'administration militaire et notamment du maire de Toulouse.
Finalement, la rentrée d'octobre 1923 se fit en entier au Caousou et le collège Saint-Louis-de-Gonzague fut fermé.

« Centenaire du Caousou (1874-1974)», Extraits de la publication, Toulouse, Imprimerie Cléder, 1974. Ville de Toulouse, Archives municipales, B3336.

Document 2

Photographie de la classe de Philosophie et Mathématiques

« Classe de Philosophie et Mathématique élémentaires du collège le Caousou », Photographie, n. et b., Toulouse, vers 1910. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Z272.

Le document iconographique est une photographie en noir et blanc d'une classe de Philosophie et Mathématique élémentaires du collège le Caousou, prise vers 1910.

Activités et correction des activités à télécharger