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Au clair de la Lune

Plaque photographique sur verre de la "Carte du Ciel" (Observatoire de Jolimont), fin 19e siècle, Fonds de l'OMP - Mairie de Toulouse, Archives municipales, FRAC31555_72Fi_nc_cdc_pv_6245.

Au clair de la Lune


février 2026

Il commence à se faire tard, et vous attendez avec impatience votre bus. À l’arrêt, il n’y a que vous, un banc métallique froid et la lumière blanche d’un candélabre. Février n’est pas tout à fait terminé que déjà les vitrines ont retiré les cœurs rouges et les derniers chocolats soldés de la Saint-Valentin. L’effervescence qui s’en émanait s’amoindrit : on peut le sentir dans l’air ce soir. On distingue au loin la lueur des lanternes rouges qui éclairent la nuit pour saluer la nouvelle année lunaire qui arrive au galop. 

Vous décidez de lever les yeux au ciel, ciel bleu, presque profond. On distingue la Lune, fidèle à elle-même, qui flotte au-dessus des toits de tuiles toulousaines. Vous lui demandez comment voir les étoiles (et le Soleil ne le sait pas). Car le ciel n’est pas tout à fait noir. On distingue quelques étoiles qui arrivent à percer le halo de la pollution lumineuse. Parmi elles, vous suivez des yeux non pas l’étoile du Berger, mais une plus discrète, à la lueur timide, qui scintille comme si elle hésitait à rester. Elle vous rappelle qu’il suffit parfois de peu pour être un peu plus près des étoiles, même les pieds ancrés dans le bitume. Mais comment mieux voir les étoiles ? Vous revenez sur Terre, et toujours pas de bus. 

Vous sortez alors votre téléphone, et parmi les premiers résultats : l’Observatoire de Jolimont. Vous vous imaginez à quelques arrêts d’ici, non pas pour aller siffler là-haut sur la colline, mais là où l’Observatoire scrute le ciel depuis près de deux siècles. Là où l’on ne se contente pas de rêver aux étoiles mais où on les mesure, patiemment, loin des néons. Sous la coupole, les étoiles brillent entre elles et ne parlent que de vous. Si seulement vous pouviez en savoir plus sur ce bâtiment ? Si seulement, il existait un site où vous pourriez consulter des informations patrimoniales et voir des photos d’archives ? Vous me voyez venir, avec UrbanHist il n’y a rien de confiden-ciel. Je ne vous avais pas dit que les Archives étaient magiciennes ?