Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

Do(s)


septembre 2018

DANS LES ARCANES DE


Gloire à nos troupes victorieuses [guerre 1914-1918]. 9 août 1919. Célébrations du retour du XVIIe corps d'armée à Toulouse : le général Germain Passaga, suivi de son état-major, arrive à cheval boulevard de Bonrepos - après avoir remonté la rue de Bayard - pour aller saluer les drapeaux du XVIIe corps d'armée ayant pris place devant la gare Matabiau. Marius Bergé - Ville de Toulouse, Archives municipales, 85Fi1174.

Do le do il a bon do...


septembre 2018

Non, je ne vais pas vous chanter la chanson de La mélodie du bonheur et, non, je ne vais pas me coucher non plus. Mais c'est un fait : je quitte Toulouse et les Archives municipales après des « années de bons et loyaux services ».

Arcanes est entre les mains d'une bonne équipe, pleine d'idées et de fantaisie, qui met en musique chaque mois de petites histoires, teintées d'humour, parfois d'ailleurs à scruter au deuxième, voire au troisième degré !

Après avoir tenté de donner le La à une escouade de joyeux drilles, je tourne le dos au passé et vais voguer vers de nouvelles aventures archivistiques et personnelles.

Bonne chance à tous et je « vous souhaite tout le bonheur du monde, et que quelqu'un vous tende la main, que votre chemin évite les bombes, qu'il mène vers de calmes jardins »...

Au revoir

ZOOM SUR


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18e Régiment d'Artillerie Toulouse, mai 1897. Cour de la caserne Caffarelli, boulevard Lascrosse, en mai 1897. Portrait de la 5e batterie du 18e régiment d'artillerie. Sept rangs de militaires dont les noms sont reportés un à un au dos du document. De Jongh Frères - Ville de Toulouse, Archives municipales, 3Fi1224.

Verso


septembre 2018

Une humeur prétendument badine me pousse à aborder le thème galvaudé de « ce qui se cache derrière les images ». Le public aime voir des dessous en général, être invité à pénétrer des chambres secrètes, faire partie d'une élite qui aurait accès à des informations confidentielles, être considéré comme unique et se hisser hors du troupeau anonyme et homogène. Oui moi aussi, je l'avoue, j'aime qu'on me susurre à l'oreille de folles révélations. Voyons donc. Penchons-nous sur les collections iconographiques, dont nous écartons d'emblée les supports transparents (plaques de verre et diapositives), pour nous intéresser, une fois n'est pas coutume, aux versos. 
Contrairement aux « faces B » des 45 tours, ils tendent à donner de la profondeur aux rectos. Souvent manuscrites (mais pas toujours), les notes apportent un supplément d'humanité. À mi-chemin entre l'impression et l'humain, nous avons le tampon. Sorte de mention apposée en série, il donne un cadre administratif ou documentaire avec notamment les noms des auteurs, des propriétaires successifs, parfois des dates d'intervention ou des droits d'utilisation. Enfin, il se peut que le verso soit un recto, ou vice-versa, selon ce que l'on considère comme étant la « face A ». Au moins deux types de documents se trouvent dans cette catégorie. Les cartes postales, dont l'image présente un intérêt documentaire, mais où la partie épistolaire est parfois fort intéressante ; et ce que je me risquerai à appeler les « écrits d'urgence » : les témoignages déposés par la population sur la place du Capitole aux lendemains des attentats de 2015.

À examiner les supports utilisés à cette occasion, on a une idée du contenu des poches d'un quidam du début du 21e siècle, et qu'il est prêt à abandonner pour s'exprimer : ticket de métro, prospectus, sujet d'examen, ou notes de cours. Le document, pour si rudimentaire qu'il apparaisse, est riche d'informations sur son contexte de production.

Lorsque les dos des images présentent de telles informations, ils sont numérisés et mis en ligne. Pour les voir, il suffit de cliquer sur les flèches, tout en bas, sous l'image principale, comme ici par exemple.

DANS LES FONDS DE


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Sur le chemin du Do


septembre 2018
 

Depuis près de deux siècles, nombreux sont les jeunes Toulousains à être partis à la recherche de l'accord parfait sur les bancs du Conservatoire. Depuis 1820, cette institution dispense à la fois des enseignements de musique, de chorégraphie et d'art dramatique.

Bien que cet établissement soit désormais à rayonnement régional, ses archives historiques sont conservées aux Archives municipales de Toulouse. Vous pourrez, en ligne ou dans notre salle de lecture, parcourir au choix les palmarès des élèves, admirer les ornements de leurs diplômes et découvrir en images l'histoire du Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse.

 

 

 

Archives municipales, 2 rue des Archives. 29 juillet 2016. Magasin de la bibliothèque. Collection du Journal officiel de la République française (PO16). Stéphanie Renard - Ville de Toulouse, Archives municipales, 4Num13 (vue 61).

Être bibliothécaire, ou comment veiller à toujours en avoir plein le dos...


septembre 2018
Rassurez-vous tout de suite : ceci ne sera pas une longue tirade sur la solitude du rat de bibliothèque, ni même un exposé circonstancié à la manière du monologue d'Hamlet… Non, je vais vous parler des livres, de leur structure, de leurs « habits » ; bref, de la reliure.

Tout comme on parlerait d'un petit animal, le livre possède une tête, une queue et… un dos. Il s'agit de la partie opposée à la gouttière, qui est elle-même la tranche qui n'est ni en haut ni en bas. Formé par le fond des cahiers, c'est-à-dire par la partie pliée des feuilles qui le composent, il peut, dans le cas des ouvrages anciens, posséder des nerfs, être complété par un « faux dos » et même être ornementé, grâce à la dorure ou l'estampage à froid.

Évidemment, les plus beaux dos de la bibliothèque appartiennent aux collections de la Réserve. Ce sont également les plus fragiles. Il faut donc veiller à les manipuler avec précaution (en évitant d'appuyer pour forcer l'ouverture) et lutter contre ses instincts (ne jamais attraper un livre par sa coiffe).
Vous voilà désormais avertis et prêts à consulter nos trésors. Ne reste plus qu'à les trouver !

DANS MA RUE


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Toulouse sous la neige, kiosque du Boulingrin, hiver 1954. Henry Delgay (photographe) - Ville de Toulouse, Archives municipales, 36Fi110.

Do ré mi fa sol la si …do


septembre 2018


Faire de la musique dans la ville, hors des salles de concert, n'a été vraiment autorisé qu'à partir de 1848, moment où le ministre de l'Intérieur Senard autorise les rassemblements en plein air. En effet, en dehors des fanfares militaires qui pouvaient circuler au fil des rues, tout attroupement, même autour de quelques musiciens, était immédiatement dispersé par la police et donnait lieu à une amende. Le 19e siècle est également l'époque d'une modification de la pratique musicale qui, jusqu'alors réservée à des privilégiés, s'étend à d'autres couches de la société grâce à la multiplication des orphéons (société d'amateurs jouant d'un instrument).
Le kiosque est l'édifice idéal pour accueillir la musique en plein air. Ouvert sur toutes ses faces, pour être vu et entendu de tous, il offre toutefois aux musiciens une estrade surélevée qui les met en scène et les isole du public. Ce dernier est libre de s'arrêter un instant et de partir quand il le souhaite.
Très populaire entre la 2e moitié du 19e siècle et le 1er quart du 20e siècle, le kiosque à musique s'installe dans des espaces de verdure et de détente, tels les squares et les jardins publics, ou sur les places publiques, lieu spontané de rassemblement.

Le kiosque à musique de la place Pinel. 2004. Annie Noé-Dufour - Inventaire général Région Occitanie, IVR73_04314326ZA_ P.
A Toulouse, le kiosque le plus ancien est celui du jardin du Boulingrin mis en place au moment de l'exposition internationale de 1887. De forme polygonale, il possède une structure composée de huit colonnes en fonte supportant une toiture. A l'opposé, celui construit en 1930 sur les plans de l'architecte de la ville Jean Montariol est entièrement en béton. Situé place Marius Pinel, il se développe sur un plan circulaire : une coupole repose sur dix colonnes ornées de mosaïque évoquant l'art égyptien. La place Sauvegrain à Lardenne accueille aussi un kiosque à musique construit à l'initiative des habitants du quartier et offert à la ville au moment de son inauguration en 1926.

 

SOUS LES PAVÉS


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Voûtes de l'église de Saint-Etienne à Toulouse en 1833. Adrien Dauzats (dessinateur) et Godefroy Engelmann (lithographe) - Ville de Toulouse, Archives municipales, 38Fi10/3 (détail).

L’archéologie, c’est extra[do]


septembre 2018

Pour ce numéro d'Arcanes, il fallait donc dénicher du [do] dans l'archéologie toulousaine… En passant devant la cathédrale Saint-Étienne, nous avons pensé que seule une intervention divine pourrait résoudre cette question. Une fois franchi le portail, nous avons levé les yeux au ciel avant d'esquisser une prière et… la solution était là. Et même deux solutions, puisque la voûte d'une église possède un intra[dos] et un extra[dos]. Les archéologues s'intéressent surtout aux intrados, parties les plus visibles et souvent agrémentées de décors propices aux commentaires. Bizarrement, à Saint-Étienne, l'info est sur l'extrados.

En effet, un article paru dans le journal La France Méridionale en novembre 1844 nous apprend que des ouvriers travaillant dans les combles de l'église, au-dessus des voûtes, venaient d'y découvrir des vestiges de squelettes d'enfants morts à la naissance.
Ainsi, à une époque reculée, avait-on solutionné le délicat problème de l'enterrement des enfants décédés avant d'être baptisés et qui ne pouvaient pas être ensevelis, d'après le dogme, dans un cimetière sanctifié. La voûte d'une église comme dernière demeure avait alors paru une solution préférable, plus « sainte » qu'une terre non bénite.

EN LIGNE


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Ordonnance de police des capitouls, du 15 juin 1782, concernant la place Dauphine. Ville de Toulouse, Archives municipales, BB169, p. 203.

Jeux d'eau, jeux de vilains


septembre 2018

Les petites filles sont prévenues ! À Toulouse, on ne joue pas avec l'eau des fontaines : impossible de songer aller s'y rafraîchir, encore moins y barboter ou s'asperger dans de grands éclats de rire.

En août 1772, la petite Catherine Lacoste, « âgée de douze ans, étant allée pour boire de l'eau à la fontaine de la place de S[ain]t-Étienne avec d'autres enfants de son âge » (FF816/6, procédure #140, du 12 août 1772) se fait tellement malmener par une domestique pressée de remplir son cruchon qu'elle est désormais alitée et qu'on dit qu'elle crache du sang caillé et des excréments par la bouche et qu'elle sera irrémédiablement estropiée à vie.

Faisons un bond jusqu'en 1782. Miracle, la ville vient de se doter d'une deuxième fontaine qui, comble du luxe, semble couler régulièrement, ce qui n'est pas toujours le cas de celle de la place Saint-Étienne.
Prévoyants, les capitouls vont même jusqu'à créer un poste de garde à bandoulière, particulièrement chargé de veiller au respect des ordonnances (celle du 15 juin interdit entre autres choses qu'on y fasse lessive ou que l'on vienne y laver sa salade) et celui-ci tient les enfants à l'œil.
En particulier le petit Bernardet (15 ans), fils de l'aubergiste du Saint-François, qui s'amuse à laisser les robinets ouverts. Rien à faire : le commis avec sa belle bandoulière a beau le mettre en garde, le jeune garçon fait sa forte tête, grimpe sur la vasque, asperge les alentours, tiraille les cheveux du commis, qui est obligé de reculer et d'appeler la main-forte à sa rescousse. Pire encore, le chenapan répète « à plusieurs reprises qu'il vouloit y chier dedans », puis prend la fuite sans attendre l'arrivée du guet (FF826/5, procédure #087, du 27 juillet 1782).

Sauf que voilà, si encore il n'y avait que les enfants à surveiller !
En juin de la même année, le garde Jérôme interpelle un « monsieur » qui s'est avisé de monter sur la margelle pour rincer un verre. Sommé de descendre, l'homme résiste, et notre garde à bandoulière ne trouve d'autre ressource que celle d'asperger le contrevenant*. Évidemment, le « monsieur » rétorque par des insultes, bientôt soutenu par son épouse et tout le voisinage (FF826/3, procédure #064, du 21 juin 1782).


* ce qui soulève une épineuse question de Droit : un garde a-t-il le droit d'asperger un quidam alors qu'il est chargé d'empêcher les particuliers de s'asperger entre eux...