Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

PRÉ / PRÊT / PRÈS


juin 2022

DANS LES ARCANES DE


Fête au Faubourg Bonnefoy (1931). Alexandre Gril – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 34Fi1027.

Prêts à tout, grands fous ?


juin 2022

Le décompte des jours s’accélère. Nous l’attendons depuis des mois et il est désormais tout près. Quelle excitation ! Quand il sera là, le temps disparaîtra, comme figé. Quoique disparaître ne soit pas le bon mot... Au contraire, il s’affichera en gros, en TRES GROS ! S’imposant à nous à travers des images fixes et mouvantes. Un temps f(l)ou mis à l’honneur de cet événement.

Pendant deux soirées, les vendredi 1er et samedi 2 juillet, projections, musiques, installations, expositions, ateliers, conférences empliront vos yeux et vos cœurs. Un beau défi que d’accueillir et de nous associer à l’association Les Vidéophages pour ce 21e festival Faites de l’image !

Nous ne vous prêterons rien ces soirs-là. Bien modestement, nous vous donnerons juste à découvrir autrement ce lieu, gardien de la mémoire du temps. Jusqu’à la dernière minute, nous nous apprêtons dans l’ombre à vous révéler les faces cachées des archives. Nous sommes presque prêts… Et nous nous amusons comme des petits fous à vous concocter ces surprises !

Si vous êtes curieux, si vous êtes joueurs, si votre âme, à l’image du temps, est un peu folle, ce rendez-vous est fait pour vous !

ZOOM SUR


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Le Pré de la Fadaise à Bourg Saint Bernard, 1964, Photographie N&B, 6 × 6 cm. André Cros – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi3001.

Au pré de la Fadaise


juin 2022
Quand André Cros réalise ce cliché, nous sommes en 1964, et comme chaque lundi de la Pentecôte et ce jusqu'à perpétuité, tout le village de Bourg-Saint-Bernard, petite commune du Lauraguais, célèbre la fête du pré de la Fadaise. Son origine remonte au temps de la Croisade des Albigeois, au XIII e siècle. En 1211, pendant le siège de Lavaur, mené par Simon de Montfort, des Bourguignons délivrent un des leurs, le fils unique d'une riche veuve. Cette dernière, en récompense, offre aux courageux habitants une grande fête populaire et équestre dans une prairie qui lui appartient.
Ainsi, depuis plus de 800 ans, en toutes circonstances, la cité de Bourg n'a jamais failli aux traditions. Elle se pare, encore et toujours, de son coutumier défilé de cavaliers et organise d'étonnantes fadaises dans le Pré.
Le maire, à cheval, en tête du cortège, ouvre le bal suivi de près par la foule. Des chars sont décorés de fleurs, des jeunes portent costumes et piques légendaires ornés de drapeaux. L’ensemble se dirige vers le « Prat Contrast », situé à 2,5 km au nord de la commune, dans la vallée du Girou. Et le tout en musique, aux notes de « l'air du Pré de la Fadaise ».
Mais c'est à l'orée du pré, qu'enfin, les festivités commencent. Les jeunes gens s'adonnent à la cueillette de Briza Media, appelée aussi « Herbe d’Amour », et en font des bouquets. Puis a lieu le fameux concours de portage, lors duquel, traditionnellement les garçons dévalent le champ tout en portant délicatement les filles. Mais évidemment, les rôles peuvent aussi s’inverser. L'après-midi se clôt par l'épique course à cheval. Le vainqueur, devenu Roi de la Fête, choisit la Bourguignonne qui sera sa reine (si, bien sûr, ce dernier ne se fait pas envoyer paître par la demoiselle). Et c'est alors l'heure pour la joyeuse cavalcade, escortée du nouveau couple, de regagner la place principale du village, pour y danser et festoyer jusqu'à la tombée de la nuit.
Maintenant, il vous faudra un peu de patience, et attendre l’année prochaine, si jamais vous souhaitez vous aussi participer à cette réjouissance folklorique. Et peut-être, qui sait, pourriez-vous, pour les plus chanceux d’entre vous, espérer trouver l'amour dans le pré.

DANS LES FONDS DE


« Le mari cocu, battu et content ». Gravure par Noël Le Mire d'après Charles Eisen, publiée à Paris, Basan, 1762. Illustration pour les « Contes et nouvelles en vers », de Jean de la Fontaine. Rijksmuseum Amsterdam, inv. n° RP-P-OB-69.242.

…, partez !


juin 2022

L'occasion nous est enfin donnée de nous pencher sur la notion de vitesse, et les mots pour la décrire et peut-être même la mesurer. Attention : ici, point de bolide vrombissant, puisque nous resterons ancrés dans l'Ancien Régime, bien avant l'arrivée du cheval-vapeur.
Il n'empêche que les procédures criminelles nous permettent quelquefois d'assister à des spectaculaires accidents de la circulation où la vitesse est à mettre en cause1. Prenons par exemple celui du 13 octobre 1780, qui fut fatal à Louis Mascot2. En fait de cheval, ce sont là des mules attelées, à une charrette « allant fort vite ». Et c'est donc inévitablement que le malheureux Mascot, « aiant été surpris par la rapidité » avec laquelle alloient les mules, a été renversé, foulé et mis à plat. Les témoins de l'accident insistent tous sur cette idée de vitesse. L'un nous explique que l'équipage « s'en alloit bien précipitament vers le chemin de Saint-Martin, lesdites mulles étant aiguillonnées par les coups de fouet réitérés qu'un des trois hommes qui étoit sur ladite charrette leur donnoit ». L'autre confirme que les grands coups de fouet poussent les mules « à aller avec tant de rapidité » ; un troisième parle de « rapidité étonnante », un encore « d'une rapidité sans égale ». Bref, Mascot n'avait aucune chance face à cet équipage mené à un train d'enfer.
Deux ans plus tôt, c'est une course poursuite à pied entre un cuisinier et un postillon qui tourne à l'avantage du second car il « avoit meilleure jambe que » le premier3.
Les galopades sur deux jambes sont aussi légion dans les affaires criminelles ; cela s'imagine aisément tant elles contiennent de courses poursuites par des assaillants ou de fuites éperdues par leurs proies apeurées. Quand Marcel s'en prend à Comet, cela se passe tambour battant : « Comet ayné courroit pour s'enfermer, ledit Marcel(le) l'auroit rejoint à coursse avec son épée nue à la main et luy a dit de nouveau qu'il vouloit luy arracher la vie ». On imagine bien Comet, filer à la vitesse de la lumière, tellement qu'il « monta à toute coursse, tout esoufflé »4.
Cinq ans plus tôt, Bertrand Faget n'est pas tranquille lorsque, dans la nuit, il croise trois jeunes gens place du Salin, « comme il avançoit le pas pour […] se garantir des mains desdits trois jeunnes hommes » ; ceux-ci l'interpellent et lui disent « de s'arêtter et de ne marcher pas sy vitte, à quoy le plaignant leur répartit qu'ils n'avoi[en]t qu'à marcher s'ils voulet eux-mêmes »5. Ils le prennent au mot et manquent de l'écharper. Quand Margouton dit « hautement » vouloir rosser Marie, on pense d'abord à une fanfaronnade ; mais attention, elle est vive comme l'éclair et, incontinent, elle s'élance « à toute course » sur sa proie, sur laquelle elle se jette « comme une furie »6.
Les sources écrites nous offrent des éléments liés à la vitesse, quelquefois de manière inattendue : ainsi, en 1730 le jeune Bitis qui, trouvant son chien empoisonné « auroit accouru » chez son grand-père puis lui emprunter de l'orviétan en guise d'antidote7. Une fois la fiole en ses mains, « il seroit revenu promptem[en]t à la maison » pour tenter de sauver l'animal. Mais, par un concours de circonstances, son cousin et une sienne tante prenant la mouche contre sa mère (vous suivez ? Ça va vite, trop vite peut-être) « auroint couru après [elle] et, l'ayant jointe, se seroint jettés sur elle à corps perdu ».
Ne nous quittons pas sans évoquer ces « courses du mouton », régulièrement organisées dans la ville. Là, la jeunesse s'affronte et rivalise de vitesse (non le mouton ne participe pas, c'est le lot du vainqueur). L'épreuve la mieux documentée (à ce jour) prend place le dimanche 25 août 1782 ; « le lieu du départ étoit de l'allée de Lapujade », c'est-à-dire au quartier de Croix-Daurade, et l'arrivée jugée à la croix de la porte Matabiau. « Celui qui remporta la victoire fut un valet d'un nommé Capou »8 ; nous n'avons malheureusement pas son chrono.
Et puis, il n'y a pas que la vitesse pure. Notons par exemple cette prouesse de Joseph Claustres, qui quitte les Flandres pour rejoindre Toulouse en vingt-quatre jours seulement, et à pied s'il vous plaît9. Attendez, c'est qu'en arrivant, notre Ariégeois natif de Lapège a encore assez de souffle pour faire un enfant à Marie Escarnot – ce qu'il regrettera amèrement par la suite. Ah, si seulement il avait traîné en chemin, a-t-il dû gémir...
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1- Les curieux pourront aussi lire le dossier n° 28 des Bas-Fonds (avril 2018) : « Les charrettes de la mort. Chevaux emballés, petits écrasements et mortelles mises à plat : les accidents de la circulation à Toulouse au XVIIIe siècle ».
2- FF 824/8, procédure # 144, du 13 octobre 1780.
3- FF 822/3, procédure # 055, du 7 avril 1778.
4- FF 784/3, procédure # 092, du 20 juin 1740.
5- FF 769/1, procédure # 004, du 16 janvier 1725.
6- FF 810/4, procédure # 069, du 23 mai 1766.
7- FF 774/2, procédure # 069, du 20 mai 1730.
8- FF 826/6, procédure # 105, du 26 août 1782.
9- FF 794/2, procédure # 026, du 17 mars 1750.

LES COULISSES


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Mairie de Toulouse, Archives municipales, sans cote.

L'archive est dans le pré


juin 2022
Ce n’est pas peu dire que nos collègues de la Mairie et de la Métropole nous envient notre environnement de travail. Niché en plein cœur d’un quartier résidentiel, bien au calme dans son écrin de verdure, le chant des oiseaux y est appréciable.
Notre bâtiment attire aussi quelques curieux, et il faut dire que son architecture est atypique : il s’agit d’un réservoir d’eau reconverti. Au rez-de-chaussée, des magasins et juste au-dessus, des bureaux … et des herbes sauvages ! Régulièrement dans l’année, notre lieu de travail revêt un costume champêtre. C’est particulièrement le cas en ce moment. Faut-il y voir une métaphore et conclure que les archives sont un terreau fertile où poussent des graines de savoir ?
Ou bien peut-être s’agit-il encore d’une allégorie représentant le nombre de communication en salle de lecture : une touffe d’herbes = une communication en salle de lecture. Plus de 4 300 documents ont été consultés l’année dernière pour 1 000 visites en salle de lecture, à multiplier par 26 années de présence en ces murs et le compte est bon (à quelques brins près mais personne n’ira vérifier) !
Chaque matin, du lundi au vendredi, notre salle est ouverte de 9h à 13h. Pas de prêt de document, uniquement des consultations sur place ou depuis chez vous grâce à notre base de données en ligne qui héberge de nombreux documents numérisés.
Et si vous souhaitez découvrir les lieux dans une ambiance décalée, alors on vous attend les 1 er et 2 juillet prochain pour la Faites de l’image.
Plein d’occasions de venir admirer notre bâtiment ou nos archives, ou les deux d’un peu plus près !

DANS MA RUE


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Jardin de l’Observatoire, coupole dite de Vitry. Phot. Krispin, Laure, (c) Toulouse Métropole (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire,  général Région Occitanie, 2022, 20223100611NUCA.

Un peu plus près des étoiles…


juin 2022
Contrairement à ce que pourrait laisser supposer ce titre pour certains, il ne s’agit pas d’une chronique sur une des chansons phares des années 80 du groupe Gold mais sur un lieu exceptionnel et pourtant peu connu des toulousains : l’ancien observatoire de Toulouse.
Installé sur la colline de Jolimont, au centre d’un jardin, le site de l’observatoire se compose d’un bâtiment principal, construit selon les plans dressés en 1839 par l’architecte de la ville Urbain Vitry et, de trois coupoles d’observation bâties dans le dernier quart du 19 e siècle à l’initiative d’un grand nom de l’astronomie française, alors directeur du site, Benjamin Baillaud. Le jardin fait partie intégrante de l'observatoire. En effet, les allées, orientées dans l'axe nord-sud selon la ligne méridienne et terminées par deux mires en pierre, servaient à régler la lunette méridienne, dédiée à la mesure des coordonnées des étoiles. Cet instrument est encore en place dans le bâtiment édifié au centre des allées et dont la spécificité est de permettre une ouverture sur l’extérieur à 180°, les murs nord et sud étant percés sur toute leur hauteur par une baie centrale se poursuivant sur le toit par une ouverture zénithale.
 
Observatoire de Toulouse, bâtiment de Vitry. Phot. Krispin, Laure, (c) Toulouse Métropole (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire,  général Région Occitanie, 2022, 20223100613NUCA.
Le bâtiment de l’observatoire se divise en deux corps distincts reliés par un escalier. Le premier s’impose par sa façade de style néoclassique. Précédée par un large escalier, elle s’ouvre sur porche monumental à colonnes avec, de part et d’autre, des élévations ornées de bossages. A l’intérieur, un vestibule central, coiffé d’une coupole, distribue les appartements du directeur et de son adjoint.
A l’arrière, le second corps de bâtiment qui abrite la grande salle d’observation accueillant les instruments de mesure, se distingue par ses deux tours d’angle dont une permet l’accès à la terrasse et à la coupole surplombant l’édifice.
En 1872, l'Etat prend en charge la gestion de l’observatoire de Toulouse avec ses équipes ; ce dernier est affilié à l’Université un an plus tard.
Au milieu du 20 e siècle, le développement toujours plus important du site du Pic du Midi de Bigorre entraine peu à peu le déclin de l’observatoire de Jolimont. Le départ définitif des équipes de recherche vers des locaux de la faculté Paul-Sabatier s’effectue en 1981.
Cinq ans plus tard, le jardin public de l’Observatoire est inauguré. Quant aux bâtiments de l’observatoire, inscrits au titre des monuments historiques, ils sont toujours animés notamment par la Société d’Astronomie Populaires qui propose, entre autre, des visites publiques du site chaque semaine.
 

SOUS LES PAVÉS


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Porte de l’hôtel de Bernuy, détail d’une gravure publiée dans Toulouse monumentale et pittoresque en 1842, dessinateur Perrin, graveur Achille Delor, Mairie de Toulouse, Archives municipales, RES111 (extrait).

Du prêt à l’hôtel


juin 2022

Aujourd’hui cette expression évoquerait immanquablement le surendettement provoqué par l’abus des prêts à la consommation, la perte de sa maison, et la précarité de la vie à l’hôtel. Au filtre de la Renaissance toulousaine, le sens peut être tout différent : les liquidités accumulées par de riches marchands, une fortune que l’on peut multiplier en accordant des prêts à intérêt, et l’acquisition de riches demeures au centre de notre cité. C’est ainsi que Jean de Bernuy put faire construire au début du 16e siècle l’hôtel particulier qui porte son nom, devenu par la suite collège des Jésuites et aujourd’hui lycée Pierre-de-Fermat. L’argent qu’il avait gagné grâce au commerce du pastel lui avait permis d’assumer la caution de la rançon de François Ier en 1525 et plus tard, en 1539, d’être l’un des principaux contributeurs d’un important prêt « consenti » par les Toulousains au roi de France.
L’image ci-contre représente la partie supérieure de la porte d’entrée de son hôtel que l’on peut encore admirer dans la rue Gambetta, telle qu’elle a été publiée en 1842. Si l’on est prêt à y regarder de plus près, la comparaison avec une illustration donnée par l’archéologue Alexandre Du Mège, dans les Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France édités en 1837, montre des évolutions révélatrices de quelques restaurations.
Tout d’abord le médaillon central contient un mascaron d’Apollon alors qu’il montrait auparavant un monogramme du Christ. Au-dessus, le bandeau tenu par un ange porte manifestement une inscription alors que Du Mège semblait indiquer que celle-ci avait disparu. Actuellement on y lit très clairement la devise gravée SI DEVS PRO NOBIS, Si Dieu est avec nous, or cette sentence orne une autre porte de l’hôtel située dans une cour d’où on l’a manifestement prise comme modèle vers 1840. Enfin, les deux médaillons supérieurs portent des bustes alors que Du Mège les avait vus vides. Très bizarrement ces deux bustes dessinés ressemblent « presque » à ceux que l’on peut voir aujourd’hui : il faut néanmoins les intervertir et, de plus, retourner leur image en miroir pour enfin les faire correspondre à la réalité. L’humour est dans l’à-peu-près…

EN LIGNE


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Banque régionale d'Escompte et de Crédit (BREC) à Blagnac, le 8 octobre 1971. Vue d'ensemble des agents de la banque expliquant aux gendarmes le déroulement du braquage survenu plus tôt. Photographie N&B, 6 × 6 cm. André Cros - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi1107 (détail).

Prêt sur gages


juin 2022

Comme vous le savez déjà, aux Archives on n’emprunte pas, on consulte sur place. C’est encore la meilleure façon de permettre à tous d’accéder à « nos » documents, tout en les préservant le mieux possible. Mais il existe tout de même quelques exceptions… limitées, particulièrement encadrées et appuyées par de solides garanties : les prêts pour restauration, numérisation ou exposition.

Dans les deux premiers cas, les documents sont confiés à une entreprise qui procède à leur enlèvement dans le cadre d’un contrat dûment notifié, et assorti de pénalités (échelonnées et majorées) en cas de retard, défaut de manipulation ou de conditionnement, détérioration ou même destruction. Bien sûr, un document d’archives, unique et irremplaçable, ne se résume pas à une valeur d’assurance. Mais la balance bénéfices/risques reste positive : l’entreprise en question a tout intérêt à prendre grand soin de « nos » documents pour reconduire des marchés arrivés à échéance, convaincre de nouveaux clients, bénéficier d’une bonne réputation dans un milieu assez « feutré » ; et de l’autre côté, une fois restaurés et/ou numérisés, « nos » documents sont désormais prêts à affronter les prochaines décennies (voire les prochains siècles) avec sérénité (et nous avec). Un partenariat gagnant-gagnant.

Le prêt pour exposition relève quant à lui d’une toute autre catégorie : il fait voyager les documents pour les présenter à un public plus large que celui des Archives de Toulouse, et par la même occasion, faire rayonner l’institution un peu plus haut, un peu plus fort. Parfois, ce n’est pas (géographiquement) beaucoup plus loin : nous prêtons en effet régulièrement des documents à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine, comme lors de l’exposition Émile Cartailhac (1845-1921). La vie toulousaine d’un illustre préhistorien. Parfois, le dépaysement est beaucoup plus complet, comme lors de l’exposition La renaissance européenne d’Antoine de Lonhy présentée au Palazzo Madama à Turin l’année dernière. Mais dans tous les cas, les conditions de transport, d’installation, d’exposition à la lumière et d’hygrométrie sont strictement définies dans un contrat spécifique, là encore assorti de contraintes financières non négligeables et offrant de solides garanties pour le prêteur. Car quand on prête, on ne le fait pas à la légère.

Rendez-vous donc en salle de lecture pour consulter « nos » documents qui ne sont pas prêtés, et sur nos réseaux sociaux pour suivre ceux qui ont été autorisés à s’échapper (temporairement) !