Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

Comptoir


janvier 2018

DANS LES ARCANES DE


Rue du Coq-d'Inde. Vue perspective ascendante de la rue du Coq-d'Inde depuis la rue des Paradoux. Cliché réalisé avant les travaux de voirie. Marcel et Henriette Patez - Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi190.

Indes


janvier 2019
Comme souvent, un simple mot réveille en moi le souvenir d'un autre mot, voire d'une chanson. Et ce mot « comptoir » fait donc résonner une chansonnette de Guy Béart sur les comptoirs de l'Inde. Alors, à la faveur de ce froid de canard, et après avoir évoqué Johnny et Patrick le mois dernier, allons nous réchauffer aux Indes, que Guy a rendues si galantes, n'en déplaise à saint François Xavier qui l'y a précédé, ou à George (non pas Brassens, mais V, qui en fut l'empereur).
De retour des Indes, et inspirés par le susdit canard, passons au coq : le coq d'Inde, bien sûr. Comme le narre si bien Pierre Salies dans son Dictionnaire des rues de Toulouse (tomes 1 et 2), cet animal, désormais nommé dindon, a illustré une enseigne dont le nom, apparu en 1736, ajoute une touche pittoresque à l'odonymie toulousaine. L'histoire ne dit pas si l'on y dégustait du coq au vin, fût-ce ce vin « retour des Indes » remis au goût du jour par des œnologues fanatiques d'archéologie expérimentale. Du vin de derrière les fagots... ou plutôt de derrière les comptoirs.

ZOOM SUR


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[Deux bouchers prenant l'apéritif]. Vue d'ensemble de deux bouchers en tenue de travail prenant l'apéritif en devanture d'un bâtiment. Ils sont debout, l'un tient une bouteille, l'autre un verre, le second verre est posé sur une table en fer à trois pieds. Au dos tampon : « P. Parigol. Photographie Nouvelle. Toulouse-Pamiers. Rue des Filatiers, 38 ». P. Parigol, Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi1642.

Triste


janvier 2019
Ces deux garçons bouchers (tablier relevé, cravate, chemise retroussée) sont tristes. Pensez ! Ils viennent de se rendre compte qu'en plus du fait qu'ils ne doivent pas faire l'apologie publique des boissons à sucre fermenté, et que donc ils feignent la scène avec une bouteille bouchée, il leur faut, encore une fois, s'adonner à la formule consacrée en ce début d'année, sourire aux lèvres et vide au fond des yeux, souhaitant le meilleur d'on-ne-sait-quoi à n'importe qui. Viendront sans doute aussi les souhaits que l'on se fait à soi-même, toujours aussi mensongers, criant sur tous les toits que cette fois c'est sûr « j'arrête de boire les inepties télévisées et réticulaires (un dictionnaire est un ami), je me mets au sport et je mange sainement ».
Donc non, cette année je ne résous rien, je vous souhaite ce que vous voulez et je vais au comptoir voir le bizarre. Parce que « vous avez beau dire, y a pas seul'ment que d'la pomme... y'a aut'chose ! »

DANS LES FONDS DE


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Café - restaurant, 15 place du Président-Wilson. 3 février 1913. Plan d'ensemble de la terrasse du grand café restaurant Lafayette avec le personnel posant devant. Mention sur l'image: "Baron G. Duquesne, 3-2-1913". Ville de Toulouse, Archives municipales, 9Fi1107.

De comptoir en comptoir


janvier 2019

Grâce aux photos que nous conservons précieusement aux Archives, vous pourrez voyager dans le temps, flâner de comptoir en comptoir, pour vous imbiber de l'ambiance des cafés de l'époque. Immersion totale des années folles jusqu'aux années sixties pour les amoureux de ces époques.
Devinez ainsi les conversations de ce groupe de badauds assis en terrasse  dégustant leur verre de vin au début du 20e siècle. Imaginez l'ambiance des années folles dans la grande salle du café-bar du Dix-Avril, à la manière des scènes décrites par l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald dans son livre Gatsby le Magnifique. Enfin, transportez-vous dans les années sixties, avec le snack des Nouvelles galeries dont le design du comptoir, des chaises et de l'éclairage, aux lignes pures et sobres, est inspiré de la mode américaine. Ce voyage spatio-temporel prend fin, à vous chers lecteurs de le prolonger à souhait.

LES COULISSES


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Transmission de documents au comptoir de la salle de lecture des Archives municipales de Toulouse. Cliché Stéphanie Renard, 2018. Ville de Toulouse, Archives municipales.

Brève de comptoir


janvier 2019
Dans le milieu des archives, le comptoir matérialise une frontière entre deux mondes : celui des archivistes et celui des lecteurs. Les documents passent ainsi de main en main, roulant tranquillement des locaux feutrés de conservation vers la lumière vive de la salle de lecture. Pour les archives ainsi exposées, cette escapade en dehors des abysses de l'histoire ne durera hélas qu'un instant, le temps d'une brève de comptoir !

DANS MA RUE


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IVC31555_20183101298NUCA_P.jpg : Élévation antérieure de l'hôtel Desplats-Palaminy, détail du café "Au Père Louis". Phot. Krispin, Laure. Toulouse Métropole ; Ville de Toulouse ; Inventaire général Région Occitanie, IVC31555_20183101298NUCA, 2018.

Service au comptoir


janvier 2019

Ouvrant aux beaux jours les quelques tables de sa terrasse sur la rue des Tourneurs, le Père Louis est une institution chère aux Toulousains. Sa possible disparition dans les années 1990 - l'immeuble ayant été acheté par un promoteur - émeut les habitants de la Ville Rose qui en appelle à la direction des Affaires culturelles. Le café et son décor sont ainsi protégés grâce à une inscription au titre des Monuments historiques.
Fondé en 1889 par Louis Simorre, le Père Louis s'est fait le spécialiste d'un apéritif au quinquina, cet arbuste originaire d'Amérique du sud, dont l'écorce a été utilisée pendant des siècles comme remède, repris ensuite par la médecine occidentale dans la quinine.
Aux murs, les peintures qui décorent le lieu représentent des paysages des bords de Garonne à Toulouse : les Ponts-Jumeaux, le Pont-Neuf et la basilique de la Daurade, les ponts Saint-Pierre (dans sa version suspendue) et Saint-Michel (avec ses arches métalliques), ou encore le pont du quai de Tounis sur la Garonnette.
D'un style assez élémentaire, elles sont l'œuvre d'un artiste aujourd'hui bien oublié, Paul Alméric, qui, selon la légende, les a réalisées pour régler sa consommation de quinquina. Cependant, dans leur camaïeu couleur tabac, elles participent pleinement à l'esprit des lieux, de même que les tonneaux (qu'il a un temps été question de protéger) auxquels les consommateurs s'accoudent traditionnellement pour boire leur verre.
Le bistrot fait partie de l'hôtel Desplats-Palaminy, également protégé au titre des Monuments historiques pour son architecture monumentale du milieu du 19e siècle (longue de 65 mètres sur la rue des Tourneurs), intégrant les vestiges d'un hôtel de parlementaires du 17e siècle.
Le Père Louis nous montre ainsi qu'outre les monuments représentatifs de l'art et de l'architecture, il s'agit aussi de préserver des atmosphères, des lieux de mémoire symboles d'un art de vivre.


Alors, santé !

SOUS LES PAVÉS


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Jeton de compte imitant un agnel d'or des XIVe-XVe siècles découvert à Balma, infographie Marc Comelongue, Service de l'Inventaire patrimonial et de l'Archéologie de Toulouse Métropole.

Un mouton, deux moutons, trois moutons…


janvier 2019
Si les archéologues sont généralement familiers avec la notion de comptoir, c'est surtout en dehors des heures de boulot… Ils en trouvent rarement au fond de leurs sondages. Revenons donc à la définition de comptoir. Qu'y fait-on ? On y compte. Au Moyen Âge, on utilisait des jetons pour cela, qui imitaient souvent des monnaies officielles. Mais ils étaient beaucoup plus fins et légers, et ne contenaient que peu de métal noble, généralement du cuivre pour former un alliage de type laiton. Un de ces jetons a été retrouvé récemment sur le site de l'ancien château de Balma, lors d'un diagnostic du Service archéologique de Toulouse Métropole, dirigé par Guillaume Verrier. Dans l'image qui accompagne ce texte, vous pourrez apprécier l'une des caractéristiques des jetons découverts en fouille : à cause de leur constitution, ils sont souvent en très mauvais état. Celui de Balma est une imitation de l'agnel d'or, monnaie frappée en France aux XIVe et XVe siècles. Ce nom vient de l'agneau pascal gravé sur l'une des faces : tourné vers la gauche, il relève la tête en arrière vers une croix ornée d'un étendard plantée derrière son dos. Difficile d'apprécier cette scène sur un jeton abîmé, mais pourtant l'agneau est presque toujours discernable car son corps est figuré par des globules imitant les boucles d'une toison. Ensuite, on peut s'interroger s'il était pertinent d'utiliser des représentations de moutons pour compter…

EN LIGNE


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Page Pearltrees des Archives municipales de Toulouse : copie d'écran (détail). Décembre 2018.

Servez-vous : le bar est ouvert et les consommations gratuites !


janvier 2019
Alors, je vous arrête tout de suite : il ne s'agit pas d'un bar traditionnel, où l'on vous sert des boissons qui peuvent contenir un certain pourcentage d'alcool, ou pas. Non, ici, c'est au « comptoir du savoir » que vous vous trouvez : là où votre soif de connaissance peut s'étancher grâce aux nombreuses ressources documentaires mises à votre disposition.

Les Archives viennent en effet d'ouvrir un compte sur l'outil de « curation en ligne » Pearltrees. Nous y partageons notre actualité, nos centres d'intérêts (principalement toulousains) et une revue de presse ciblée alimentée quotidiennement.

Vous pouvez ainsi lire, conserver et partager :
• des articles et des notices sur nos collections,
• nos publications en ligne depuis 2012,
• des articles sur l'histoire de Toulouse et ses personnalités marquantes,
• des articles sur des monuments emblématiques de la Ville Rose,
• des articles sur l'archivistique en France et ses problématiques,
• et bien d'autres choses encore...

Néanmoins, il existe UN dossier dont l'accès vous est refusé : il s'agit d'un espace de travail interne, dont le contenu est par ailleurs redistribué dans l'arborescence publique quand cela s'avère opportun. Rassurez-vous donc : vous ne manquez rien.

Ne nous reste plus qu'à vous souhaiter une belle année 2019 et… la bienvenue aux Archives2toulouse !