Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

JEUNE


mars 2019

DANS LES ARCANES DE


P. Baudis présente son fils Dominique successeur. Place Saint-Georges. 12 octobre 1982. Vue de Pierre Baudis qui présente son fils Dominique Baudis à une passante. Ville de Toulouse, Archives municipales, 53Fi3607.

Un air de jouvence


mars 2019
Pour en finir avec le gras du dernier Arcanes, entrons dans le jeûne. Car oui, c'est la thématique de ce numéro. Soyons ascètes, ou plus encore si vous voulez. Des ascètes en début de travail spirituel, encore mal dégrossis de la bombance des semaines passées. Des ascètes garnis. Voilà de quoi contourner l'obstacle de ce mot qui ne m'est pas familier.
Jeûne… Ce n'est pas ce que vous attendiez ? Ou alors, jeûne ai pas compris la thématique ? Lisez donc les billets qui suivent, pleins de confiance juvénile, comme cette image. Comme je suis jeune et en pleine croissance, pendant que vous dégusterez ce qui suit, je reste dans la thématique et vais me resservir une assiette.

ZOOM SUR


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Boulevard Marengo et allées Jean-Jaurès anciennement Louis-Napoléon. Entre 1856 et 1857. Vue perspective des deux voies prise depuis le quartier Marengo ; au premier plan construction du pont Georges-Pompidou sur la voie ferrée. Ville de Toulouse, Archives municipales, 25Fi128.

Mange


mars 2019

Du jeune, du neuf, du frais : ce mois-ci, la naissance d'un pont. Oui, si vous regardez parmi les articles de la rubrique zoom, vous constaterez que je suis assez friande de ponts. C'est fascinant un pont, poser un tablier sur des piliers pour enjamber une voie ferrée, un fleuve, une route, une flaque de boue, une vallée, pour aller de la Terre à la Lune ou conférer un caractère ludique à une assiette de petits pois en tentant de faire tenir les carottes debout pour les couvrir de la feuille de salade cuite en déshérence, rien de tel qu'un pont.

Ici en l'occurrence il s'agissait de relier l'école vétérinaire au reste du monde de la ville. Après une passerelle en bois dont nous n'avons pas de photographie, une première structure en dur est mise en place (avouez que dans une fulgurance, vous avez regardé les tas de cailloux et d'IPN au premier plan comme s'ils étaient sortis d'une assiette de la cantine... et la statue de Riquet, fraîchement installée elle aussi, comme un bouquet de brocoli dressé sur sa base).

Pour la suite de l'histoire en images, du moins celle du pont, je vous invite à consulter notre base en ligne avec les mots-clés @pont@ et @vétérinaire@. Vous tomberez notamment sur ceci, et cela, ou encore .

DANS LES FONDS DE


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Livre des proprietés des choses Barthélemy l'Anglais, traduit du latin par Jean Corbichon (1401-1425). Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits. Français 9141 (détail du feuillet 171 v°, enluminure réalisée par le maître de Boucicaut).

Jeune et jolie


mars 2019

Les procédures criminelles des capitouls nous entraînent dans un monde où les langues se délient, où les gestes et pratiques des uns sont scrutés par les autres.
À l'évidence, lorsque la voisine est jeune et jolie, les locataires du dessus, du dessous ou d'en face rivalisent de contorsions ou de subterfuges (pas toujours très discrets) afin de tenter d'apercevoir un bout de gambette, voire plus lorsque la chance leur sourit. D'autres se contentent d'écouter aux portes.
Lors de procès pour prostitution ou maquerellage, ceux qui viennent témoigner n'hésitent pas à se vanter d'avoir épié cette voisine « fort jolie et fort dégourdie » depuis leur fenêtre ou à travers les fentes et trous des cloisons ou du plancher. D'autres accordent même volontiers avoir eux-même ménagé ces observatoires de fortune en soulevant un carreau ou en creusant un œilleton.
Le sculpteur Loubeau n'est pas en reste, puisque par un trou du plancher il assiste aux ébats de sa... sœur !
« Par le trou de la serrure », le dernier dossier téléchargeable des Bas-Fonds fera peut-être le bonheur des voyeurs, mais que l'on se rassure : les scènes les plus torrides ont été sagement laissées dans les procédures et il faudra donc venir les consulter sur les documents originaux en salle de lecture.

Un petit conseil tout de même, essayez de rester discrets ou il pourrait vous en cuire comme à Hugues Larivière qui, en 1762, croyant surprendre l'intimité des soeurs Dupuy s'est fait attraper la main dans le sac (plutôt l'œil collé à la serrure) et vertement tancer en ces termes « F... vieillard si nous pouvions te jetter dans l'eau nous t'empêcherions bien de nous regarder ! »

LES COULISSES


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Placard diffamatoire contre le nommé Lougayrou (avant restauration), Ville de Toulouse, Archives municipales, FF 818 (en cours de classement), procédure du 3 juin 1774.

Faire du jeune avec du vieux


mars 2019
Placard diffamatoire contre le nommé Lougayrou (après restauration), Ville de Toulouse, Archives municipales, FF 818 (en cours de classement), procédure du 3 juin 1774.Parfois les documents d'archives ont besoin qu'on leur redonne un coup de « jeune ». Les mauvaises ou trop fréquentes manipulations sont la première cause de leur vieillissement précoce. Aussi, il faut intervenir dès que le document présente des déchirures, des plis ou des lacunes afin de le rendre accessible au public.
La restauration doit rester visible, réversible et compatible chimiquement avec le matériau ancien.
Pour le rajeunir, le restaurateur utilise donc des gommes, des papiers et des colles spécifiques.
Voici en image un exemple parlant. Cette ancienne affichette diffamatoire du XVIIIe siècle, qui a servi de preuve lors d'un procès, a été intentionnellement pliée, et même froissée par ceux qui l'ont décollée du mur sur lequel elle avait été placardée.
Il a fallu la remettre à plat et restaurer les lacunes afin qu'elle retrouve une nouvelle « jeunesse ».

DANS MA RUE


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Immeuble Bancal. Élévation antérieure, détail. Phot. Balax, Olivier. Ville de Toulouse ; Inventaire général Région Occitanie, INV14_95310385ZA, 1995.

Gilet jeune


mars 2019

Fils et petit-fils d'architecte, Jean-Louis Gilet est le dernier représentant d'une dynastie qui a marqué de son empreinte la construction toulousaine.  
Son grand-père, Jacques Lacassin, est actif à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle ; il est notamment l'architecte de nombreux immeubles bordant la rue d'Alsace-Lorraine. Son gendre, Joseph Gilet, remporte à 28 ans le concours pour la construction de la caisse d'épargne sise rue du Languedoc. L'édifice, construit en 1905, présente un style éclectique, faisant référence à la fois au classicisme et au Baroque, le tout mâtiné d'Art nouveau. C'est encore l'Art nouveau qui caractérise l'immeuble s'élevant sur les allées Frédéric-Mistral avec son bow-window tout en courbes et contre-courbes. Dans les années 1920, son architecture se simplifie, les formes deviennent plus géométriques et les lignes droites se multiplient.
Son fils, Jean-Louis, le rejoint en 1930, après avoir été formé comme lui à l'école des beaux-arts de Toulouse puis dans l'atelier parisien de Victor Laloux (l'architecte de la gare d'Orsay). Immeubles, villas, établissements administratifs, hospitaliers ou scolaires sont édifiés par leur soin entre 1932 et 1943, pour lesquels il est bien difficile de discerner ce qui relève de la production du père ou du fils.
Immeuble Espitalié. Élévation antérieure. Phot. Krispin, Laure. Toulouse Métropole ; Ville de Toulouse ; Inventaire général Région Occitanie, IVC31555_20193100033NUCA, 2019.Parmi les œuvres de cette période, deux immeubles se démarquent : celui construit pour abriter les établissements Bancal au n°54 de la rue Bayard (1932), et celui de M. Espitalié (1934), édifié au n°4 de la rue des Potiers, remarquables exemples à Toulouse d'un style moderne maîtrisé. Le béton est laissé apparent pour l'un, l'autre cachant son ossature en béton armé sous la brique mais faisant la démonstration d'une grande liberté dans les volumes. A la même période, Jean-Louis Gilet devient professeur à l'école des beaux-arts, œuvrant pour une plus grande autonomie de l'enseignement de l'architecture par rapport à la mainmise parisienne. Son investissement intellectuel se traduit également par la création de la revue l'Art Méridional, mettant en avant l'histoire de l'art, l'architecture et l'archéologie toulousaine (1).
Après la guerre, l'œuvre de Jean-Louis Gilet se fait moins prolifique et semble surtout moins innovante, l'architecte se tournant vers un style plus régionaliste (2). Néanmoins, la production des Gilet père et fils est reconnue, labellisée « Architecture contemporaine » dans de nombreux cas, et bénéficiant même d'une protection au titre des Monuments historiques pour une maison associant béton et esthétique « paquebot » dans le quartier Marengo, dont les plans sont attribués à Jean-Louis Gilet.

1. Pour en savoir plus sur le rôle de Gilet à l'école des beaux arts de Toulouse : https://chmcc.hypotheses.org/3684 : Laura Girad, Conjuguer enseignement et pratique libérale : la trajectoire professionnelle de Jean-Louis Gilet, Toulouse 1932-1951, consulté le 28/02/2019.
2. Elodie Sourrouil, Joseph et Jean-Louis Gilet, architectes (1876-1943) (1902-1964), mémoire de master 2 recherches, création artistique contemporaine, Université de Toulouse-Le Mirail, 2006.

SOUS LES PAVÉS


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Chantier archéologique de l'« âge des TUC », Fouille du parking Saint-Étienne en 1986 à Toulouse, Emile Godefroy, Ville de Toulouse, Archives municipales, 2Fi1903

L’archéologie forme la jeunesse...


mars 2019
Qu'est-ce qui a marqué (vu de notre rubrique) la science française à la fin du XXe siècle ? Nous dirons le développement de l'archéologie préventive, qui a su intégrer l'étude préalable des vestiges anciens dans les projets d'aménagement. Concrétisé par une loi de 2001, ce concept est réputé né en France dès 1982 à l'occasion des fouilles du Grand Louvre à Paris. Et qu'est-ce qui a marqué la société à la même époque ? On pourrait dire, entre autres, la progression du chômage dans la jeunesse que les multiples dispositifs « emplois-jeunes » mis en place depuis 1977 (CES, CIP, CPE, CUI…) ont essayé de ralentir. 
À Toulouse, ces deux évolutions se sont croisées en 1986-1987 lors des recherches faites à l'emplacement du futur parking Saint-Étienne, première fouille préventive d'envergure effectuée dans notre ville. Nous étions alors à l'« âge des TUC », travaux d'utilité collective. En effet, pour épauler les quelques archéologues professionnels présents sur ce chantier, une dizaine de jeunes « TUCistes » avaient été engagés en renfort à cette occasion. Que sont-ils devenus ?

EN LIGNE


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Portrait de Joseph Berthelé, archiviste départemental de l'Hérault, dans son bureau à Montpellier. Janvier 1915. Photographie N&B, 4 × 4,5 cm. Raoul Berthelé - Ville de Toulouse, Archives municipales, 49Fi1875/65 (détail).

Jeune Padawan


mars 2019

 

En ce début du mois de mars, le printemps est à nos portes : avec lui, c'est le retour du beau temps, des jours qui rallongent, des petites pauses en terrasses et… des stagiaires avides de découvertes et d'aventure !
Plus ou moins jeune (mais tout cela se joue dans la tête…), l'apprenti archiviste / documentaliste / professeur / chercheur, est un public exigeant : une simple visite des locaux ne lui suffit pas, il a besoin de contenu, d'histoire(s), de concret, d'anecdotes. Selon son profil et ses objectifs, il peut passer avec nous plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Bref, il intègre une équipe. Il est là pour apprendre, et souvent, nous aussi, peut-être même plus qu'on ne l'aurait imaginé...
C'est un moment d'échange, de transmission, de passage de relais. Et sa trace est précieusement conservée dans nos collections. Parfois, il y a même des stages qui donnent envie de revenir… et c'est ainsi que d'anciens stagiaires deviennent des collègues. Devenus à leur tour maîtres de stage, ils perpétuent alors la tradition qui les a formés et dont ils sont désormais les dépositaires.

Que la Force soit avec eux.