ARCANES, la lettre

Les coulisses


Chaque mois, les Archives présentent dans la rubrique "les coulisses" ce que vous ignorez surement du fonctionnement des Archives. Retrouvez ici une petite compilation de tous ces articles.

LES COULISSES


Placard diffamatoire contre le nommé Lougayrou (avant restauration), Ville de Toulouse, Archives municipales, FF 818 (en cours de classement), procédure du 3 juin 1774.

Faire du jeune avec du vieux


mars 2019
Placard diffamatoire contre le nommé Lougayrou (après restauration), Ville de Toulouse, Archives municipales, FF 818 (en cours de classement), procédure du 3 juin 1774.Parfois les documents d'archives ont besoin qu'on leur redonne un coup de « jeune ». Les mauvaises ou trop fréquentes manipulations sont la première cause de leur vieillissement précoce. Aussi, il faut intervenir dès que le document présente des déchirures, des plis ou des lacunes afin de le rendre accessible au public.
La restauration doit rester visible, réversible et compatible chimiquement avec le matériau ancien.
Pour le rajeunir, le restaurateur utilise donc des gommes, des papiers et des colles spécifiques.
Voici en image un exemple parlant. Cette ancienne affichette diffamatoire du XVIIIe siècle, qui a servi de preuve lors d'un procès, a été intentionnellement pliée, et même froissée par ceux qui l'ont décollée du mur sur lequel elle avait été placardée.
Il a fallu la remettre à plat et restaurer les lacunes afin qu'elle retrouve une nouvelle « jeunesse ».

De grâce, portez des gants ! Ou pas ...


février 2019
 
Il est de ces images d'Épinal, telle celle de l'archiviste aux mains gantées présentant à l'assistance d'antiques parchemins. D'aucuns ont d'ailleurs fait usage de gants de coton pour présenter cérémonieusement nos registres anciens aux médias...
Or, nous nous devons aujourd'hui de rétablir la vérité : non, les gants blancs ne protègent pas les documents. C'est tout le contraire ! Sauf à éviter les traces de doigts sur les tirages photographiques, les gants de coton accumulent la saleté et favorisent la sudation. De plus, porter des gants diminue le sens du toucher, ce qui accroît sensiblement le risque de déchirer les documents fragiles.
À bien y réfléchir, manipuler du papier à main nue ne doit pas plus que cela détériorer le papier, sinon il n'y aurait pas grand-chose à conserver dans les bibliothèques et les services d'archives !
Alors, avant de rentrer en salle de lecture, lavons-nous les mains, cela sera bien suffisant, et gardons les gants de coton pour les caméras de télévision !
Transmission de documents au comptoir de la salle de lecture des Archives municipales de Toulouse. Cliché Stéphanie Renard, 2018. Ville de Toulouse, Archives municipales.

Brève de comptoir


janvier 2019
Dans le milieu des archives, le comptoir matérialise une frontière entre deux mondes : celui des archivistes et celui des lecteurs. Les documents passent ainsi de main en main, roulant tranquillement des locaux feutrés de conservation vers la lumière vive de la salle de lecture. Pour les archives ainsi exposées, cette escapade en dehors des abysses de l'histoire ne durera hélas qu'un instant, le temps d'une brève de comptoir !