Retour

Du céleste sur la voûte

Astrolabe aménagé sur la voûte d’une galerie, extrait de Perspectiva horaria sive de horographia gnomonica, tum theoretica, tum practica, libri quatuor, Emmanuel Maignan, 1648.

Du céleste sur la voûte


février 2026

Avant l’installation, dès le 18e siècle, d’un observatoire astronomique à Toulouse, quelques initiatives avaient déjà été prises pour faire parler les cieux. En dehors des simples cadrans solaires ou des astrolabes portatifs, deux réalisations sont particulièrement spectaculaires. La plus ancienne, encore en place et que nous avions déjà présentée dans un précédent numéro d’Arcanes, est une carte du ciel dessinée au 13e siècle dans une galerie de la basilique Saint-Sernin.  

La seconde était un astrolabe « catoptrico-gnomonique », maintenant disparu, réalisé par l’un des plus célèbres savants toulousains, le Père Emmanuel Maignan, dans le couvent des Minimes. Il aménagea aussi un autre exemplaire de cette céleste fantaisie au monastère de la Trinité des Monts lors de son séjour à Rome entre 1636 et 1650, où l’on peut encore l’admirer. Il écrivit même un ouvrage sur ce sujet, d’où est tirée l’illustration que nous présentons. Le principe était de capter un rayon de soleil à travers la fenêtre d’une galerie, et de le réfléchir sur les parois et la voûte où était dessiné un réseau complexe de lignes et de repères. Par l’interprétation de ces abaques, on pouvait déduire, entre autres, l’heure dans différentes parties du monde ou la saison de l’année. Décrite en 1638 par Léon Godefroy, cette œuvre perdue est très probablement la même que celle que l’astronome Antoine Darquier de Pellepoix disait avoir vue au monastère des Minimes en 1777 et qu’il dénomma « méridienne ».