La S.I.G.T. un sigle pour des bâtisseurs d’immeubles aux façades de pierre
La S.I.G.T. un sigle pour des bâtisseurs d’immeubles aux façades de pierre
mars 2026
Dans les dernières années du 19e siècle, la municipalité toulousaine décide d’achever la seconde portion de la rue de Metz allant du musée des Augustins à la rue du Rempart Saint-Etienne. L’arrêté d’expropriation pour cause d’utilité publique est promulgué le 10 janvier 1894 par la préfecture. Une partie des propriétaires demande alors une expropriation totale de leur immeuble, et non pas seulement des parties traversées par la percée, conduisant à un important surcoût à la charge de la ville. Une société privée, composée de MM. Deffès, Lhomme et Masson, propose à la ville d'acheter les terrains en excédent, ceux qui ne sont pas incorporés à la voie publique. Leur offre est acceptée et un traité est signé le 27 juillet 1894. A la suite de défauts de paiement de la société concessionnaire, un nouveau traité est signé le 16 mars 1896, toujours avec Deffès qui remplace ses deux associés par les entrepreneurs de la nouvelle gare Saint-Jean à Bordeaux, Bertrand Baron et Jean Bouche.
Un an après, le 19 octobre 1897, Deffès, Baron et Bouche forment la Société Immobilière Grenobloise Toulousaine (S.I.G.T.), S.A. au capital de 2 millions de francs, dont les statuts sont déposés chez maître Lescot à Grenoble. La S.I.G.T. prend possession de 60 % des terrains constructibles bordant la future rue de Metz, représentant la construction de 13 immeubles (n°30, 31, 32, 34, 36, 38, 40, 41, 43, 42, 54, 56bis, 60bis rue de Metz). Par ailleurs, la S.I.G.T. s’engage par contrat à n’employer que des ouvriers toulousains, à utiliser les matériaux que leur fournirait l’industrie locale, à faire appel aux menuisiers et marchands de bois locaux, à bâtir des édifices conformes à ceux de la rue d'Alsace-Lorraine et d’une hauteur de 12 mètres environ. Ces bonnes intentions de départ ne semblent pas avoir été parfaitement suivies. En effet, les architectes grenoblois Auguste Demartiny et Charles Coutavos n’ont proposé que des immeubles aux façades majoritairement en pierre de taille, laissant planer un doute sur leurs autres engagements.