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mars 2026

La gitane et l’ours, 1935-1950, photographie N&B. Germaine Chaumel – Mairie de Toulouse Archives municipales, fonds Germaine Chaumel, 97Fi nc

mars 2026


Un point c’est mars !
Il y a 230 ans était guillotinée à Toulouse Antoinette Adrienne de Rabaudy, épouse du conseiller au Parlement Jean-Joseph-Henri de Cassan de Glatens. Il s’agit de la seule femme exécutée dans notre ville sous la Terreur. C’est bien suffisant. Coupable d’avoir envoyé une lettre à son fils, émigré à Lisbonne, où elle déplorait l’exécution de Louis XVI. La missive fut interceptée par le comité de surveillance communal et considérée comme une preuve d’intelligence avec l’ennemi.
Ces exécutions sommaires étaient malheureusement monnaie courante durant cette sombre époque où l’on avait la paranoïa et la guillotine facile. Ainsi, durant les « massacres de Septembre » 1792, les trois quart des prisonniers parisiens, mais aussi d’autres villes de province, furent passés par les armes sans autre forme de procès, qu’ils soient royalistes, ecclésiastiques ou de droit commun. La révolutionnaire montalbanaise Olympe de Gouges s’en émut et en dénonça les instigateurs, notamment Marat. Grand mal lui en prit, elle fut dénoncée, arrêtée puis guillotinée le 2 novembre 1793.   
Vous l’aurez compris en ce mois de mars, où nous célébrons la journée internationale du droit des femmes, ces dernières sont à l’honneur. Qu’elles soient marquise ou présidente sous l’Ancien Régime, comme mesdames de Livry et Dubourg, compositrice ou photographe comme Marguerite Canal et Germaine Chaumel, militantes féministes comme Monique-Lise Cohen, les membres du MLF et de l’association Bagdam Café, elles ont toutes dû lutter, à titre individuel ou collectif, pour s’émanciper des carcans dans lesquels on a voulu les enfermer. De nombreux documents les concernant sont présentés au public dans nos locaux jusqu’à la mi-mai sous la bannière des « Productrices d’archives ».