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Siglé

Toulouse, rue Camichel.1962. Vue perspective de la cour de l’ENSEEIHT. Fonds Jean Dieuzaide – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 84Fi/nc/ENSEEIHT47.

Siglé


mars 2026

Le phénomène n'est pas nouveau, il pourrait même être né avec l'écriture. Il sert à réduire l'espace et le temps nécessaires à transmettre une information ou un concept, les contracter, en faire une entité identifiable aisément. Dans le monde moderne du milieu du 20e siècle, il est surtout utilisé pour nommer des entreprises, des institutions, des procédés, des services et naturellement on le trouve en abondance dans les intitulés des dossiers que nous conservons ici, aux Archives. Dans le fonds Jean Dieuzaide, on en trouve surtout sur les planches "clients"1. Ça regorge, le commun des mortels pourrait s'y perdre, d'autant que le sens de certains s'est perdu au fil du temps.  

L'acronyme et le sigle sont partout, jargonisant nos quotidiens à coups de néologismes obscurs qui définissent les interlocuteurs en deux catégories : ceux qui les utilisent et les autres.  

Jean Dieuzaide en use, beaucoup. 

Au quotidien ils ont le don de m'agacer car ils parient sur un savoir que tous les interlocuteurs peuvent ne pas avoir. Bien sûr on comprend qu'il est plus rapide de dire et d'écrire et d'entendre et de lire SETOMIP plutôt que société d'équipement Toulouse Midi-Pyrénées. Et il est vrai que Jean losange Bardou ne parle à personne (quoi que, j'en ai connu un par le passé) alors que J♦B [Alt+4] ... ! On trouve ainsi beaucoup de sigles dont finalement assez peu sont devenus des "mots” mais ajoutons AAA2, BREC3, CESR4, HBA5, IBM6 ou ULC7. Bien sûr ONIA, RAP8, SNCASE-SA9 font partie du paysage dieuzaidien mais ces collections ont été cédées avant d'entrer dans le fonds municipal toulousain. 

Là où la situation devient cocasse, c'est quand un acronyme est lui-même abrégé et acronymisé ! Nous passons ainsi de l'école nationale supérieure d'électrotechnique, d'électronique, d'informatique, d'hydraulique et des télécommunications (ENSEEIHT) à l'N7, y compris à l'écrit. Et ça n'a rien à voir avec l'autoroute des vacances. Preuve à l'appui. 

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1. Pour rappel, ce sont les planches de carton fin de 25 cm x 37 cm sur lesquelles Jean Dieuzaide et ses équipes collaient les contacts des négatifs réalisés pour des clients. Une partie des entreprises (environ 150 sur 750) pour lesquelles un reportage avait été réalisé avait un ensemble de planches à son nom. 

2. Atelier des architectes associés, regroupant Pierre Viatgé, Fabien Castaing, Michel Bescos, Alexandre Labat et Pierre Debeaux. 218 négatifs et leurs contacts réalisés entre 1957 et 1968. 

3. Banque régionale d’escompte et de crédit. 17 négatifs et leurs contacts, fin des années 1950-début des années 1960. 

4. Centre d’études spatiales des rayonnements. 333 négatifs et leurs contacts, sans date. 

5. Houillères du bassin d’Aquitaine, mines et découvertes de Carmaux et Decazeville. 801 négatifs et leurs contacts, pris entre 1950 et 1959. 

6. International business machines corporation. 46 négatifs, sans contacts, réalisés entre 1956 et 1967. 

7. Union laitière coopérative. 293 négatifs et leurs contacts, pris entre 1953 et 1970. 

8. Régie autonome des pétroles. 

9. Sud Aviation.