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Sur la touche

Just Fontaine dans son magasin « Justo-Sport », 26 rue Saint-Antoine-du-T., 22 avril 1966. André Cros – Mairie de Toulouse, archives municipales, 53Fi634.

Sur la touche


juillet-août 2026

Être sur la touche lors d’un match de football n’est pas une position très enviable pour un joueur. Il est en transit entre le vestiaire et le terrain. Soit, il attend d’entrer en jeu, soit il a été sorti pour toute sorte de raison. En revanche, la touche est un lieu stratégique pour le grand architecte de l’équipe : le sélectionneur. Depuis les marges du terrain, il organise, réorganise, fait passer des consignes, encourage et recadre. « La marge, c'est ce qui fait tenir les pages ensemble » disait un fameux cinéaste helvète. En le paraphrasant, je dirais : « La touche, c’est ce qui fait tenir une équipe ensemble ».  

Et, comme vous n’ignorez pas que nous sommes en période de coupe du monde de football, je vous propose donc un sommaire du numéro 177 d’Arcanes en forme d’anthologie des sélectionneurs les plus célèbres de l’équipe de France. 

En commençant par l’enfant terrible de la direction technique nationale : Raymond Domenech. La finesse de son jeu l’avait fait surnommer « Le boucher » et la finesse de ses choix et analyses reposait, entre autres, sur l’astrologie. En ce sens, il est à l’opposé des photographes retoucheurs qui doivent développer une véritable délicatesse du geste. 

Le saviez-vous ? Michel Hidalgo, qui fut victime d’une tentative d’enlèvement en 1978 en lien avec le Mondial de football en Argentine, avait un frère jumeau, Serge. Gémellité supposée et faits divers sont aussi au programme d’affaires criminelles d’Ancien Régime s’étant déroulées sur les bords du Touch. 

Le toucher de balle de Michel Platini est légendaire, son passage à la tête des Bleus l’est un peu moins. Le toucher de document de l’archiviste, s’il n’est pas légendaire, doit néanmoins suivre un certain nombre de règles permettant de préserver registres, liasses et autres plans. 

Un plan de jeu trop défensif, d’inspiration transalpine, est ce qu'on a longtemps reproché au coach Deschamps, avant qu’il ne gagne. Le célèbre « catenaccio » ou verrou défensif transformant les buts en coffre-fort inaccessible. Des préoccupations similaires devaient probablement animer les architectes de la succursale de la banque de France à Toulouse, rue Deville. 

Presque aussi bien protégé, le Centre technique national de Clairefontaine fut le théâtre de causeries aux accents foréziens dispensées par Aimé Jacquet lors de l'épopée de 1998. « Muscle ton jeu Robert ! » résonne encore entre les murs du « château ». A mille lieues de celui de Saint-Michel-du-Touch, aujourd’hui disparu, mais sur le site duquel des fouilles archéologiques ont été entreprises.  

Et, pour terminer par le régional de l’étape, j’évoquerai Just Fontaine, qui fit un passage éclair – deux mois et demi – au poste de sélectionneur en 1967, alors qu’il venait de créer à Toulouse son magasin « Justo-Sport ». Pouvait-on y acheter des cartouches comme c’est le cas aujourd’hui chez une grande enseigne sportive ? Probablement, mais elles n’étaient pas fabriquées à la cartoucherie de Toulouse qui approvisionnait uniquement les armées, et qui a structuré le quartier qui porte son nom, le long de l’avenue de Grande-Bretagne.