Retour

Touchez pas au grisbi !

La banque de France ouvrant sur la rue Deville. Photo. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure (c) (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Occitanie, 2008, IVC31555_20083100153NUCA.

Touchez pas au grisbi !


juillet-août 2026

Pour certains, cette référence littéraire et cinématographique fera tilt immédiatement, pour d’autres, elle demeurera plus nébuleuse. Il s’agit, en fait, du titre d’un roman d’Albert Simonin adapté au cinéma par Jacques Becker en 1954, film qui relance par ailleurs la carrière de Jean Gabin après-guerre. Le grisbi est l’expression argotique de l’argent, du magot. Expression toute trouvée pour évoquer l’institution garante de la monnaie et du système financier de la France, gardienne également de ses réserves en or : la Banque de France. Créée en 1800 par Bonaparte avec des fonds privés, nationalisée par le gouvernement de Charles de Gaulle en 1945, elle devient indépendante en 1993. Elle dispose de 95 succursales départementales dont celle de Toulouse. 

La banque départementale de Toulouse, fondée selon une ordonnance royale du 11 juin 1838 rue du Prieuré, devient officiellement une succursale de la Banque de France 10 ans plus tard. Elle s'installe en 1854, rue Deville, sur une partie de l'ancien enclos du couvent des Cordeliers. De cette époque doit dater le bâtiment principal bâti en fond de cour en pierre de taille, attribué à l’architecte toulousain Henri Bach. Il se distingue par une architecture de style néoclassique dont le rez-de-chaussée à bossage est mis en valeur par un porche central à colonnes. Les fenêtres du 1er étage sont, quant à elles, coiffées de frontons triangulaires. Une toiture à longs pans brisés couverte d’ardoise coiffe l’ensemble. 

La Banque de France en vue plongeante avec la galerie des recettes et le logement pour le concierge ouvrant sur la rue Deville. L’actuel bâtiment, situé à l’angle des rues Deville et du Collège-de-Foix, n’a pas été encore édifié. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4853.Sur des plans de 1900 dressés par Alphonse Defrasse, l'architecte parisien de la Banque de France, figurent l’aménagement d’une galerie des recettes en rez-de-chaussée et la création d’un logement pour le concierge. Une photographie conservée aux Archives municipales montre cet état ancien avant les transformations réalisées dans les années 1920/30. En effet, lorsque la Banque de France achète les terrains mitoyens sur lesquels se dresse l'ancien clocher des Cordeliers, qu'elle fait restaurer, elle entreprend la construction d’un nouveau bâtiment se développant le long des rues Deville et du Collège de Foix. Celui-ci reprend le style de l'ancienne galerie des recettes, marquant ainsi le retour de la brique comme principal matériau de construction.